‘UNTIL DEATH‘ - avec Jean-Claude Van Damme (2007).
Bon polar sombre et violent. Histoire de rédemption. Un flic en pleine déchéance (dans son boulot, comme dans sa vie de couple) va frôler la mort pour ensuite essayer de réparer les erreurs de sa vie précédente.
Ce film s’inscrit dans une série sombre, entammée depuis ‘Replicant‘ où Van Damme recherche des histoires plus mâtures, avec des rôles plus approfondis, dans des films sans humour déplacé ou second degré qui viendrait désamorcer la noirceur du propos. Il y a donc eu ‘Replicant‘ (2001) et ‘In Hell‘ (2004), signés par l’excellent Ringo Lam, et aujourd’hui c’est ‘Until Death‘ qui voit la star malmener son image. L’histoire débute avec un flic qui se veut intègre, intransigeant avec ses coéquipiers, alors qu’il est alcoolique, taquine la seringue à l’occasion. Bref, ça ne va pas fort. Il refuse de se regarder en face (au propre comme au figurer), ce qui va lui coûter son mariage. Puis la vie.
Avec sa “résurrection”, ce n’est pas un “nouveau-super-héros” qui va débarquer pour prendre sa revanche, mais juste un homme qui doit réapprendre à vivre, à accepter le pardon, et faire le deuil de ses erreurs. Alors seulement il pourra poursuivre sa route et affronter son ennemi juré (et ancien partenaire).Le scénario souffre parfois de quelques maladresses ou confusions concernant l’enquête. Le personnage de l’épouse n’est malheureusement pas très intéressant, on peut parler de faire-valoir. De même la ville, la Nouvelle-Orléans, n’est pas assez exploiter. Reste que la réalisation est musclée et élégante. On pense à Michael Mann, dans les intensions du moins, et on ne s’en plaindra pas. Le résultat donne un polar efficace. Bref, une bonne série B.
Jean-Claude Van Damme est un acteur qui semble porté tout au long de sa carrière, quelques soient ses films, bons ou mauvais, par une figure récurrente : celle du double. Car Van Damme est avant tout un acteur européen travaillant à Hollywood. Double nationalité donc, comme l’annonce les noms des personnages qu’il interprète, et cela dès ses débuts (‘Bloodsport’, ‘Kickboxer’, ‘Universal Soldiers’), noms d’origines québécoises ou franco-belges, comme pour mieux justifier son accent (en version originale anglaise). Contrairement à Arnold Schwarzenegger, Van Damme semble s’accommoder de cette richesse multiculturelle, il la revendique, alors que l’Autrichien ne souffre aucune complexité et se rêve tout d’un bloc : celui du sur-homme américain.
Ensuite, certains films voient Van Damme accompagné d’un “corps double“. La dualité est personnifiée par un frère jumeau (‘Double Impact‘, ‘Risque Maximum‘) ou carrément un clone (‘Replicant‘) qu’il s’agit de venger ou d’affronter, et qui viennent modifier la figure du héros. En effet, l’affrontement final ou l’enjeu dramatique ne sont pas juste déterminés par le méchant de service, mais par un personnage bien plus troublant : un autre qui est une part de soit ! Astuce narcissique ou commerciale, pense-t-on au départ, pour avoir deux JCVD pour le prix d’un. Sauf que les scénarios s’emparent peu à peu du thème de la dualité pour approfondir et complexifier le personnage principal et révéler la part d’ombre du héros. Car JCVD, tout comme Clint Eastwood, est habité par un conflit intérieur. Il lutte contre ses démons pendant que d’autres canardent d’affreux Communistes ou d’horribles terroristes. Période schizophrène de JCVD ? Période de doute et d’excès en tout genre ? Sans aller fouiller dans la vie privée de l’acteur, il faut bien reconnaitre que ses “performances médiatiques” de ces dernières années sont assez déroutantes. De star de films d’actions, JCVD, tel Gainsbourg devenu Gainsbarre, se change en bête de foire, en créature « aware », capable d’un éclair de lucidité sur son statut de « movie star » au beau milieu de propos suréalistes et hallucinés. Stade ultime de cette quête identitaire ? Espérons-le.
Toujours est-il qu’avec ‘Until Death‘, l’acteur et le personnage ne font plus qu’un, retrouvent une unité saine et salutaire. Après une descente aux enfers, le film s’achève ainsi sur un héros qui a enfin droit à une paix intérieure : en tant que flic et comme père de famille.
Nous attendons donc impatiemment de découvrir le prochain film de Jean-Claude Van Damme, le fameux ‘JCVD‘ (2008) justement, qui semble dresser un premier bilan sur une carrière et une personnalité attachante. Souhaitons que ce film soit son ‘Rocky Balboa‘, c’est-à-dire un regard sincère, chaleureux et humain sur une époque/une star, pour mieux rebondir et lui permettre de tenter de nouvelles aventures et de nouvelles prises de risques. Car, comparé à ses autres concurrents des années 80-90 tels que Schwarzy (hors course), Stallone (faut voir), Segal (bouffi) ou l’affreux Chuck Norris, JCVD est plus le plus jeune et le plus susceptible d’insufler un nouveau cap à sa carrière, pour peu qu’il soit bien entouré.
Prochaine étape dans ce parcours ? Peut-être un Van Damme épanoui et à l’image du symbole du Tai-Chi : à la fois yin et yang, toujours en mouvement et… un peu « aware », aussi quand même. A suivre…
Un anti Van Damme : Alain Delon
En effet, cette idée du double chez Van Damme est très bien vue. Le film “Until Death”, polar sombre, montre ces deux facettes du bien et du mal entremêlées les unes dans les autres pour finir par se séparer. A cette image du double s’oppose celle de l’ego démeusuré. Non pas une dualité mais un égocentrisme multiplié par deux. Alain Delon incarne bien cette sorte d’anti-Van Damme dont tu parles. Le personnage qu’il joue dans ce sombre navet qu’est Astérix aux jeux olympiques montre l’image de toute une carrière. Un soupçon d’arrogance, un zest de magnificence, une pincée de m’as-tu-vu et plein plein d’égocentrisme. Je suis le meilleur et les autres sont des cons. On rencontre des gens comme ça tout le temps, au boulot, dans le metro, dans la rue. Mais Delon, c’est au cinéma, c’est à l’écran. Il y a quant même un point commun avec van damme, c’est qu’Alain Delon a aussi fait d’excellentes comédies que je ne cesse de revoir. “Parole de flic” par exemple est un bijou dans le genre. Il y a des scènes, comme celle précédant le combat du début (le regard perçant d’Alain Delon) ou bien celle de l’épicérie (où l’un des flingueurs est passé à tabac) et de la boite de nuit, qui sont de grands moments de fou rire, tant les situations sont caricaturées. Autre grande comédie des années 80 avec Alain Delon : “Dancing Machine”. On ne voit plus des trucs comme cela. Ca fait partie du passé (et de la mémoire). Ca serait même digne de passer au festival de l’étrange, à côté de Sars Wars. La scène où Alain Delon joue le romantique sous la musique de Prokofieff avec la jeune danseuse nue, qui, dans un demi sommeil, est en train de jouir sous ses caresses, est un grand moment de comédie. C’est vrai que c’était quand même la bonne époque les années 80 au niveau comédie. Y’avait les Coluche. Grand classe. Talent, engagement, humanisme. Puis y’avait ces autres comédies du style “Les fauves” avec Daniel Auteuil, Florent Pagny ou bien “le môme” avec richard anconina et la jolie Ambre. C’était tellement kitch, tellement grand guignol, tellement nanard que c’en était drôle quelque part. Y’avait “l’arbalette” avec le même auteuil, qui d’ailleurs, dans une veine proche de van damme incarnait dans le même personnage le flic et le voyou. Non là c’est moi rigole !!! allez à plus
lytt
Par lytter le mars 19, 2008
à 12:13