Publié par : nico nsb | mars 30, 2008

DVD du week-end : Kaosu + Amer Beton

KAOSU (Chaos) – de Hideo Nakata – 1999 – Asian Star

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En France, Hideo Nakata est connu pour la série ‘Ring‘ et le superbe ‘Dark Water‘. Mais ce réalisateur Japonais possède une filmographie qu’il nous reste encore à découvrir, faite de fictions et de documentaires. Et c’est ce que nous propose de faire Asian Star avec l’édition zone 2 de ce ‘Kaosu‘, film de commande et hommage à Hitchcock. Comme le dit Nakata dans l’entretien proposé en bonus, s’il n’aime pas particulièrement l’épouvante, c’est bien un genre dans lequel il se révèle très brillant.

L’histoire raconte un vrai-faux kidnapping, celui de l’épouse d’un riche homme d’affaires, avec manipulation, mensonges et faux-semblants. Le scénario reprend et adapte celui de ‘Vertigo/Sueurs Froides‘, mais en fragmentant la narration avec des flash-backs sensés montrer deux regards sur un même évènement. Le film perd un peu de sa fluidité. L’intérêt de ‘Kaosu‘ réside donc dans sa mise en scène. Car on retrouve bien la “touche” de Nakata, à savoir la présence inquiétante de l’eau et quelques éléments d’épouvante dans ce thriller. Mais ce qui surprend le spectateur, c’est bien l’érotisme que le réalisateur diffuse dans son film, au cours d’une scène déterminante : le “ravisseur” apprend à sa “victime” à s’attacher avec une corde blanche. Moment de trouble où les rapports de force s’inversent, la femme (la belle Miki Nakatani) transformant cet apprentissage en jeu de séduction, véritable rituel bondage. Nous sommes là dans le moment fort du film. A partir de cet instant, les deux personnages sont liés par une attirance sexuelle et pas juste un intérêt financier. L’érotisme hitchcockien adapté au Japon contemporain donc. Scène d’autant plus forte qu’elle n’est jamais vulgaire. Il s’agit de montrer l’émotion qui envahi les deux personnages. Pour y parvenir avec succès, Nakata a pu compter sur ses débuts cinématographiques dans le genre du Roman Porno/Pinku Eiga, productions érotiques à tendance ‘auteur’ et au budget très réduit, mais destinées à une diffusion en salle et donc filmée en pellicule 35mm. Ces films permettaient à de jeunes réalisateurs indépendants de s’exprimer, dans la limite de leur commande, en réalisant notamment des drames très écrits (rien à voir avec les navets bourgeois type “Emmanuelle”), avec parfois un contenu politique au coeur de scènes de sadisme et perversions en tout genre (ce qui rappel la richesse culturelle du Japon en  matière d’érotisme). Le studio Nikkatsu a  produit près de mille Roman Porno entre 1971 et 1988.

(Pour en savoir plus, lire l’article http://www.cahiersducinema.com/article1369.html.)

En présentation du film, Jean-Pierre Dionnet annonce ”l’autre chef-d’oeuvre inédit de Hidéo Nakata“. On préfèrera ici parler d’un bon film, signé par l’un des plus grands réalisateurs japonais du moment.

Bonus : outre une présentation du film, on trouve deux entretiens très intéressants, le premier avec Hideo Nakata et le second avec le compositeur Kenji Kawai. Egalement présents : un making of promotionnel, le film annonce, une galerie photos et les filmographies.

 

Autre film :

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AMER BETON – de Michael Arias – 2007

Magnifique anime japonais réalisé par un… Américain !!? Oui, le même Michael Arias déjà présent sur le projet ‘Animatrix‘. L’histoire de deux orphelins, Kuroi et Shiroi (Noir et Blanc), grandissants dans une ville à la fois violente et fascinante, alternant moments de poésie et de réalisme sombre. La ville est un monstre qui dévore les âmes innocentes. L’animation mêle intelligement le dessin traditionel et la 3D, tel le fabuleux plan-séquence aérien qui ouvre le film. Une histoire émouvante et des images superbes.

DVD : comme toujours, l’éditeur Columbia-Tristar propose une édition collector qui vaut le détour. Ici, “petite” édition avec le film et ses bonus (commentaire audio du réalisateur et ses collaborateurs; entretien un peu embarrassé avec Michael Arias et les musiciens du film, les Anglais Plaid du label Warp, car les artistes ne trouvent pas grand chose à dire vu que le film ne semble pas encore achevé au moment de cette rencontre filmée; long journal de tournage passionnant et très complet; films annonces) sur le dvd classique sorti à l’unité, mais dans un beau boîtier qui comprend en plus le manga original de Taiyou Matsumoto, traduit en français, dans un volume unique de 600 pages.


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