Publié par : nico nsb | mai 27, 2008

Cannes 2008 - Rattrapage

     Déjà le dernier week-end. La fin du Festival est proche, mais il reste encore pas mal de films à voir ou à rattraper. On le sentait déjà rien qu’à l’annonce du contenu des différentes sélections, Cannes 2008 n’est pas une grande année. Hormis le nouveau Clint Eastwood, rien de très excitant. Bref, c’est l’occasion pour s’aventurer dans les sélections parallèles, notamment Cannes Classics. On a ainsi pu assister à la projection en copie restaurée du ‘Santa Sangre‘ (1989) de Alejandro Jodorowsky, présenté par son fils Adam (et en présence de Nick Nolte) qui a confirmé la préparation d’un nouveau film déjà très attendu. Dans la foulée, Wild Side Vidéo prépare une édition dvd de ‘Santa Sangre‘ qu’on espère aussi belle et généreuse que ‘Suspiria‘ l’année dernière.

     Cannes Classics se déroule chaque année dans la salle Bunuel, réputée pour sa climatisation atroce (prévoir un pull). Mais il semble qu’un effort ait été fait cette année. Dans la même journée du mercredi 21 Mai on pouvait y découvrir un film coréen, ‘Hanyo/la Servante‘ (1960) de Kim Ki-Young, restauré par la World Cinema Foundation présidée par Martin Scorsese. Il s’agit, en apparence, d’un gros mélodrame psychologique, fait de clichés et de rebondissements dramatiques très appuyés par la bande son. On suit la descente aux enfers d’une famille bien comme il faut, victime d’un être machiavélique, une jeune et belle servante. Tout cela est souvent excessif, voire caricatural dans la surenchère, mais avec une touche d’érotisme inattendue dans ce genre de film… jusqu’au final qui retourne le spectateur comme une crêpe, lui arrachant un sourire complice. On n’en dira pas plus. Et pour terminer cette journée, était présentée une partie du documentaire consacré à la Warner Bros., ‘You Must Remember This‘, en la présence de son narrateur, le toujours très class Clint Eastwood.

Jeudi 22 : repos forcé en raison de la grève des trains. Ratés : la rediffusion du ‘Che‘, le ‘Surveillance‘ de Jennifer Lynch et surtout la leçon de cinéma de Quentin Tarantino. Les boules !!!

Vendredi 23 : Retour sur la Croisette. On sort du train en compagnie de nombreux voyageurs dont un Antibois qui ne nous est pas inconnu (il a réalisé ‘Le Pacte des Loups‘…) et on attaque la journée avec un beau film kazakh, ‘Tulpan‘ de Sergey Dvortsevoy, présenté à Un Certain Regard et salué par une ovation de dix minutes. L’histoire d’un jeune marin tout juste sorti de l’armée et de retour chez lui dans les steppes pour accomplir son rêve : fonder une famille et posséder un troupeau. Sauf qu’il ne parvient pas à trouver une épouse et hésite à partir pour la ville. Le film est une fiction, alternant images du réel d’un documentaire et enjeux dramatiques scénarisés, joués par des comédiens. En plus, on y rit beaucoup dans ce ’Tulpan‘, coup de coeur qui mériterait bien un prix.

Séance suivante, on descend au sud, direction la Chine pour un polar hong kongais. ‘Ocean Flame‘ De Fen Dou Liu possède un générique intriguant avec deux acteurs fétiches de Johnnie To : Simon Yam et Lam Suet. En fait, ils n’occupent que des rôles secondaires dans ce qui constitue, pour nous, le plus mauvais film découvert à Cannes cette année. D’une bêtise incroyable, ‘Ocean Flame‘ raconte la relation masochiste entre un escroc et une fille croisée dans un bar. Histoire d’amour-haine, sorte de ‘Dernier Tango à HK‘. Sauf que les personnages ne sont que des caricatures détestables. Impossible de prendre au sérieux cette relation passionnelle et destructrice qui ne s’incarne jamais à l’écran. On nous montre leurs ébats torrides sur une plage qui rappelle furieusement celle de Takeshi Kitano dans ‘Sonatine‘, ce qui permet d’admirer le corps magnifique et la poitrine (parfaitement refaite) de l’actrice (très rare dans le cinéma chinois, hors Catégorie 3). Et c’est tout ce que ce film prétentieux, très long, aux tendances auteurisantes, a à nous proposer.

Répondre

Votre réponse :

Catégories