Publié par : nico nsb | octobre 5, 2018

Le son du jour : Exploded View ‘Obey’

Exploded View - 2018-01

     Enregistré entre Mexico et Berlin, ‘Obey‘ est le second album de Exploded View. La formation est toujours menée par Annika Henderson, avec Hugo Quezada et Martin Thulin, et délivre un krautrock excellent qui s’apprécie en plein jour ou à la tombée de la nuit. ‘Obey‘ sort sur le label américain Sacred Bones records et est disponible en téléchargement, CD ou vinyle (+coupon de téléchargement).

https://explodedview.bandcamp.com/merch

 

Exploded View - Obey-LP

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Publié par : nico nsb | septembre 29, 2018

Le clip du soir : Death in Vegas ‘Honey’

Sasha Grey -2018-01

Richard Fearless et Sasha Grey sont DEATH IN VEGAS. Honey est un single sorti cet été. Disponible en téléchargement ou vinyle 12″.

Death in Vegas - Honey 12

Publié par : nico nsb | septembre 28, 2018

Sons du jour : Jorja vs Neneh vs…

Soul, soul, soul et influences diverses. Une voix, forcément extraordinaire, et un bon son qui tourne, branchés en direct sur le présent.

Jorja Smith -2018-02

D’un côté nous avons la toute jeune Jorja Smith, 21 ans, qui a sorti son premier album ‘Lost and Found‘ en juin dernier. Du beau travail mais on en retient surtout le single ‘Blue lights‘. L’avenir s’annonce radieux pour cette chanteuse anglaise si elle ne se limite pas au mainstream.

Jorja Smith -2018-01

Neneh Cherry -2018-01

Mais attention, madame Neneh Cherry est de retour sur les platines, histoire de prouver aux p’tits jeunes que les valeurs sûres peuvent vite remettre tout le monde à sa place. Le nouvel album de la Suédoise s’intitule ‘Broken Politics‘. On trouve derrière elle, à la production, Four Tet, son mari Cameron McVey et 3D de Massive Attack. Tout de suite ça calme.

Sade - Love Deluxe

Et puis, il y a des classiques indémodables (indépassables ?) tels que Sade. Frissons et émotion toujours garantis devant tant de grâce et de beauté :

E.G. + NSB

Publié par : nico nsb | septembre 20, 2018

Jess Franco : Flowers of Perversion !

Jess Franco - Flowers of Perversion-01

L’été 2015 avait vu la parution de ‘Murderous Passions-the delirious cinema of Jesùs Franco, volume one‘ (article à lire sur ce blog), remarquable étude sur ce cinéaste espagnol signée par Stephen Thrower et Julian Grainger.

Cette fois ça y est, Thrower a terminé son monumental travail d’historien puisque le volume 2 est enfin annoncé par l’éditeur anglais Strange Attractor pour la mi-novembre ! On s’attend une fois encore à un très beau livre de cinéma, qui analysera les films (et la vie) de Jess Franco tournés entre 1975 et jusqu’à sa mort en 2013. Sa compagne et muse Lina Romay devrait y tenir un grand rôle.

http://strangeattractor.co.uk/shoppe/flowers-of-perversion

Flowers of Perversion-the delirious cinema of Jesùs Franco, volume two‘ de Stephen Thrower (plus de 500 pages annoncées, tout en couleur) est déjà en précommande, en édition standard ou en édition collector limitée à 500 exemplaires avec une couverture alternative, signée et numérotée, avec un jeu de cartes postales… et un livre de 100 pages intitulé ‘The sinister case of Dr. Franco‘. Jess Franco, grand nom du cinéma bis sous inspiration surréalisme/jazz/Sade, aurait pu comme tant d’autres réalisateurs du même genre tomber dans l’oubli. Il n’en est rien, fort heureusement, grâce au travail de passionnés que ce soit des journalistes (Mad Movies, les Cahiers du Cinéma…), des fanzines, des historiens du cinéma de mauvais genres (Stephen Thrower en Grande-Bretagne, Alain Petit en France), des cinémathèques, des éditeurs vidéos (le Chat qui Fume, Artus, Severin films, Blue Underground…) ou des labels de musique. Des passeurs précieux qui offrent ainsi la possibilité à de nouvelles générations de spectateurs de découvrir d’autres formes de cinéma et dans les meilleures conditions. A signaler enfin que le premier volume, ‘Murderous Passions‘, épuisé depuis un moment, sera réédité en édition standard début 2019.

Murderous Passions - 01

Publié par : nico nsb | septembre 8, 2018

Septembre, c’est la rentrée en images et en musiques

Midi-Minuit Fantastique volume 3

     C’est la rentrée, il fait beau, un peu moins chaud. C’est l’idéal pour une balade dans les lieux dédiés à la culture sous toutes ses formes, des adresses avec de vrais gens. Que ce soit pour acheter ou juste découvrir, commençons par les librairies. Au rayon cinéma, le troisième volume de l’intégrale Midi Minuit Fantastique (les numéros 12 à 17, soit 1965-1967) occupe toute la place et attire le regard avec sa couverture où la splendide Raquel Welch pose les bras en croix. Provocation, séduction et puissance de l’imaginaire, tout est réuni pour annoncer le programme de ce 3e tome. Choix d’autant plus d’actualité comme l’explique Nicolas Stanzick, dans son texte d’introduction en forme de bras d’honneur, en faisant référence à cette terrible nuit du 13 novembre 2015. L’obscurantisme, la connerie et la censure sont revenues en force dans les esprits (les réseaux sociaux le prouvent). Hier comme aujourd’hui l’imaginaire est une résistance, pourtant il semble que le cinéma (français notamment) soit saisit de cécité (par idéologie ?), de paralysie (peur des tabous ?), voire carrément d’amnésie (pin-pon !). Face à la « disneyification » des écrans et des spectateurs qui fait des ravages (James Gunn en a fait la cruelle expérience), un voyage dans le passé du cinéma de genres est utile, nécessaire et rafraichissant. Comment ne pas être émerveillé devant la qualité des documents et photos en couleurs ou noir et blanc ?  Ainsi on retrouve toujours et encore l’icône de la revue : Barbara Steele ! Mais également Ursula Andress et Sean Connery (‘007 contre Dr No’), Fantômas en Jean Marais (ou l’inverse), Christopher Lee en Fu Manchu. Mario Bava et ses couleurs vives sont conviés à ce fabuleux festin pour les yeux, tout comme le cinéma japonais, Jess Franco, José Bénazéraf, les happenings d’Arrabal et  Jodorowsky, le fameux « entracte du Midi-Minuit »… On découvre l’apparition de la bande-dessinée dans la revue MMF avec un Dracula vu par Philippe Druillet, les méfaits de Fu Manchu, Lone Sloane par Druillet encore ou bien une BD scénarisée par Jean Rollin. Barbarella est partout ! Mais il y a également du texte à lire. En feuilletant l’ouvrage, on retient par exemple des entretiens avec Jacques Tourneur, Barbara Steele, Edgar G. Ulmer, Christopher Lee, Karel Zeman, Jean-Pierre Mocky, et une longue interview assez récente (2009) de Roger Corman par N. Stanzick vient enrichir ces rencontres. Voila un bref aperçu du livre et encore on ne parle pas du dvd inséré (4 heures de contenus sont annoncés !). Encore une fois, le travail entrepris par Michel Caen, Nicolas Stanzyck et l’éditeur Rouge Profond est remarquable. Un très beau livre de cinéma qui vaut largement son prix.

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Au rayon bandes dessinées, deux sorties parmi beaucoup d’autres attirent l’attention par leurs couvertures : ‘La Mort Vivante‘ et ‘La Cathédrale des Abymes‘. Le premier titre est une adaptation de Stefan Wul, scénarisée par Olivier Vatine et dessinée par Alberto Varanda. Il s’agit d’un récit où un jeune scientifique est enlevé sur Mars, et emmené sur Terre afin d’aider une mère éplorée à redonner la vie à sa petite fille récemment décédée tragiquement… ‘La Mort Vivante‘ mêle science-fiction spatiale, ambiance gothique et romantique à la Frankenstein, en y ajoutant une touche d’horreur à la Lovecraft. Les dessins sont magnifiques. L’éditeur Glénat/Comix Buro semble croire au fort potentiel de cette BD (et il a raison) puisqu’il la propose en trois versions : l’édition standard, une édition de luxe grand format en noir et blanc, et enfin une édition collector réservée aux librairies du réseau Canal BD avec une couverture alternative et un cahier graphique. Et là l’acheteur conquis est bien embarrassé devant la beauté des dessins et des couvertures, mais si vous commencez à les comparer avec l’édition noir et blanc, là le choix est sans appel ! Ce sont le grand format et le noir et blanc qui sont les mieux adaptés à l’ambiance gothique de ‘La Mort Vivante‘. La grande taille des dessins pleine page et des planches permet de mettre en valeur le travail fabuleux, en ombre et lumière, d’Alberto Varanda, qui sculpte les formes et les volumes à coup de traits noirs et de hachures. Parfois une case révèle un soin encore plus important apporté aux détails et jeux de lumière comme en haut de la page 39 : une femme est représentée en contre-jour devant une grande fenêtre inondée de lumière, rendant sa robe de nuit délicatement transparente par de fines lignes noires sur un fond blanc et suggérant ainsi une silhouette avantageuse. Une touche d’érotisme soft à la Midi-Minuit Fantastique. Et en fin d’ouvrage on trouve un cahier graphique proposant des travaux de recherche (croquis, dessins, peintures), ainsi qu’un entretien avec les deux auteurs.

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La Cathédrale des Abymes‘ (éditions Soleil) est une histoire d’héroic fantasy écrite par Jean-Luc Istin et dessinée par Sébastien Grenier. Il est question d’un monde séparé en deux par une faille que des empires rêvent de réunifier en bâtissant une immense cathédrale. Ordre du Temple, mercenaires, guilde d’assassins, mages et culte d’une déesse-araignée vont croiser le chemin de Sinead, jeune femme Templier… Guerre de royaumes et quête d’un évangile, cet univers fantastique séduira les fans de la série ‘Game of Thrones’. Ce monde moyenâgeux ressemble beaucoup à celui des croisades. Logiquement le blanc y est la couleur dominante au milieu de ces affrontements de rouge, de bleu et d’or. Et c’est la couleur de la belle héroïne en armure. Mais cette tenue de combat ne dissimule nullement sa féminité,  et le dessinateur trouve le bon équilibre pour ne pas tomber dans la facilité du personnage sexy en permanence (ça il sait faire, il l’a déjà fait et il le fait bien). Logiquement on a envie de découvrir la suite au prochain épisode. A noter que ‘La Cathédrale des Abymes‘ est également proposée dans une édition spéciale du réseau de librairies Canal BD, avec l’ajout d’une belle jaquette exclusive représentant l’héroïne Sinead en pied, armure et épées sur fond de chaos de bataille :

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Siouxsie and the Banshees - Through the looking glass-LP

     Après les librairies, faisons un tour chez le disquaire du coin. Impossible de louper les rééditions longtemps attendues en vinyles noir 180g de Siouxsie and the Banshees. Du travail propre effectué aux studios Abbey Road, avec à l’intérieur de chaque pochette un coupon de téléchargement, le vinyle glissé dans une sous-pochette antistatique, ainsi que l’ajout d’une sous-pochette supplémentaire imprimée, reprenant les photos, textes et illustrations des éditions originales, soit un insert bien pensé. Sont déjà parus fin août les albums ‘Join Hands‘, ‘Juju‘, ‘Tinderbox‘ et l’album de reprises ‘Through the looking glass‘. Doivent suivre en septembre ‘The Scream’, ‘A Kiss in the Dreamhouse’ et ‘Superstition’. Et enfin en octobre sortira une troisième et dernière salve avec ‘Hyaena’, ‘Peepshow’ et ‘The Rapture’. Et pendant ce temps, les rééditions de Bowie continuent.

Siouxsie and the Banshees - Tinderbox-LP

This Mortal Coil - It'll end in tears-LP

Pour rester dans le post punk anglais, on annonce pour cet automne des rééditions deluxe en CD et sur vinyle noir du super groupe This Mortal Coil. ‘Song to the siren‘, quel morceau magique !

Enfin, puisqu’on parle de vinyle, encore un dernier mot sur des musiques de films. Il s’agit de rééditions de BOF, pour trois films de Dario Argento, par le label américain Waxwork qui propose des éditions remasterisées et complètes de ‘Profondo Rosso‘ (une édition est également prévue chez Mondo ce mois-ci, soit deux éditions différentes paraissant simultanément chez deux éditeurs pour cette BOF des Goblin !!!), ‘Inferno‘ et ‘Phenomena‘. Pochettes ouvrantes, disques vinyles couleurs et 180g, et nouvelles illustrations originales qui peuvent rebuter (Waxwork est un label indépendant américain très influencé par la culture comics, et certaines des illustrations choisies pour leurs pochettes paraissent très moches pour un regard européen). Par contre, la pochette de ‘Phenomena‘ (1985, musique de Claudio Simonetti et Fabio Pignatelli) est particulièrement séduisante :

https://waxworkrecords.com

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Publié par : nico nsb | août 23, 2018

Lectures rapides à l’ombre de l’été 2018

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     Eté caniculaire partout et ça risque de ne pas s’arranger dans les prochaines années. Du coup, la bière fraîche coule à flot et les glaces fondent vite. Un peu de lecture avant d’entamer une sieste ? Voici une petite sélection de titres parus depuis le début de la saison estivale :

Revus et Corrigés - 01

La découverte et l’évènement de la saison est le premier numéro de Revus et Corrigés, un « mook » (quel mot affreux) de 148 pages, tout en couleur, consacré au cinéma d’hier qui fait l’actualité grâce aux nombreuses restaurations et sorties dans les salles, les festivals, cinémathèques, chaînes de télé, plateformes de streaming et éditions blu-rays. Revus et Corrigés est un trimestriel animé par une équipe jeune et dynamique, aux articles passionnants et agréables à lire. Au sommaire du numéro d’été : un dossier sur la restauration et la diffusion des films, la reconstruction posthume d’un des films maudits d’Orson Welles, les pionnières du cinéma, la rétrospective Dario Argento, des articles sur le cinéma coréen (‘JSA’, ‘Memories of Murder’), des critiques et des analyses de films disponibles en éditions vidéos, des rencontres avec des éditeurs (Carlotta, le Chat qui Fume), un retour sur la trilogie The Dark Knight de Christopher Nolan, un article sur les acteurs-cascadeurs (Belmondo vs Tom Cruise), un entretien avec l’actrice Anna Karina… Bref, il y en a pour tous les goûts. Le cinéma dit de patrimoine constitue aujourd’hui un véritable oasis quand l’actu des salles est d’une grande médiocrité. Deux exemples récents : les éditions prestigieuses et HD de ‘Memories of Murder’ de Bong Joon-ho (chez La Rabbia) et ‘La Vengeance aux deux visages’ de et avec Marlon Brando (chez Carlotta). Cette publication n’est pas encore disponible partout, aussi le mieux est de la commander directement sur le site (10€), après y avoir lu par exemple l’entretien avec Manuel Chiche, ex-Wild Side vidéo et aujourd’hui éditeur et distributeur via La Rabbia et The Jokers :

https://revusetcorriges.net

Fanzine - Vidéotopsie-21

Si vous recherchez un fanzine pour l’été, il n’y a pas à hésiter c’est le numéro 21 de Vidéotopsie qu’il vous faut. Son créateur David Didelot l’a annoncé : il s’agit du dernier Vidéotopsie ! On ne va pas se mentir, cette référence (avec Médusa fanzine de Didier Lefèvre) du cinéma bis, on l’a découverte tardivement (impossible de tout lire, ni de tout acheter). Mais il s’agit d’une publication incontournable pour tous les passionnés d’un certain cinéma sauvage, pas politiquement correct, qui tache, avec du sang et des nichons, et de l’humour aussi. Là encore on parle d’un cinéma du passé, de films qui passaient dans les salles des cinémas de quartier ou directement en cassettes VHS. Que l’on ait connu cette époque ou pas, Vidéotopsie et d’autres fanzines permettent à tous les cinéphages/cinéphiles de découvrir ou redécouvrir tout un continent un peu oublié de l’Histoire du cinéma. Ce travail de passeur est en plus accompagné par de nombreux éditeurs vidéos (le Chat qui Fume, Artus, ESC, the Ecstasy of Films, Carlotta, Bach films, Arrow, 88 films, Severin films, Vinegar Syndrome…), comme dit précédemment, mais aussi de certains blogs qui partagent ces films rares ou inconnus et non diffusés. Au programme de ce dernier numéro : un dossier horreur espagnole consacré au réalisateur Amando de Ossario (la série des Templiers morts-vivants, c’est lui), un long article sur l’Italien Umberto Lenzi suivi d’une copieuse interview, un hommage au réalisateur Antonio Isasi, un entretien fleuve avec l’actrice Lynn Lowry (vue chez Radley Metzger, David Cronenberg ou George A. Romero), et des tas de critiques de films, du hentai, un peu de musique avec du metal, des conseils de lecture… Beaucoup à lire donc et à regarder puisque le tout est abondamment illustré. Rien que la magnifique illustration de couverture (une composition reprenant, entre autres, l’affiche du ‘Eyeball’ de Lenzi, bientôt chez le Chat qui Fume) envoie du rêve ! Vidéotopsie n°21, « the last sigh », 228 pages, noir et blanc, tirage limité, 15€ est encore disponible (mais bientôt épuisé) directement dans la boutique du fanzine ou chez Sin’Art :

https://videotopsie.blogspot.com

http://www.sinart.asso.fr

Atom magazine - 07

Si un beau dessin vaut mieux qu’un long discours, un peu de lecture ne gâche rien surtout lorsqu’il s’agit d’entretiens réalisés avec des dessinateurs. La revue Atom-la culture du manga sort son 7e numéro. Belle mise en page, superbes reproductions de planches ou d’illustrations en noir et blanc ou en couleur, c’est un régal pour les yeux ! A lire : des entretiens avec Tsutomu Nihei (‘Blame !’), Hiroya Oku (‘Gantz’)… Atom#7, 130 pages, 9,90€, disponible chez tous les marchands de journaux.

Sixty6mag#5

Les revues de charme sont un peu perdues. Elles ont disparu des kiosques pendant des années, puis, devant la durée de vie étonnante de publications pornographiques telles que Hot Vidéo (aujourd’hui propriété du groupe Jackie et Michel, mais en bien triste état) et le Dorcel Magazine (promotion des productions Dorcel plus que du marché du X, mais travail soigné et dans l’esprit « pornochic »), on a pu constater le retour de Lui (sous la direction éclairée de Frédéric Beigbeder) ou de Playboy édition française. Mais le contenu de ces deux titres ne les distingue absolument pas (surtout depuis le départ de Beigbeder de Lui) : pubs pour produits de luxe, articles généralement sans intérêt, pubs, photos de charme, articles-conso, re-pubs de luxe. Aucune identité ! La presse va très mal, d’accord, mais quand même. Arrêtez tout, voici l’alternative dont on n’osait plus rêver ! Le salut existe, je l’ai vu et il vient de l’autre côté de la Manche : c’est Sixty6 magazine. Trimestriel tout en photos et tout en couleur, imprimé sur papier de qualité, plus de 200 pages, pas de pub (non pas de publicités !!!). Cette publication anglaise célèbre les jolies filles en proposant plusieurs dizaines de mannequins par numéro. Les photographes shootent leur modèles en intérieurs ou extérieurs, à chaque fois le travail sur le cadrage et la lumière est un plaisir des yeux. Un érotisme chic, mais pas trop, tout en courbes, où explosent les couleurs, mais on trouve également quelques clichés en noir et blanc. Sixty6 magazine est une revue un peu chère (15 pounds+frais de port, mais réductions possibles à partir de 2 numéros), mais qui vaut le détour. Le dernier numéro à ce jour, le n°5 d’avril 2018, annonce le programme avec en couverture la pornstar américaine du moment : Lana Rhoades. Quels yeux, et quelle silhouette ! Disponible directement sur le site officiel :

https://www.sixty6mag.com

https://twitter.com/Sixty6Mag

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la septième obsession n°17

Reprenons nos esprits après ces émotions fortes et revenons au cinéma. Pour les cinéphiles, l’alternative aux Cahiers du Cinéma ou à Positif est La Septième Obsession. La revue bimestrielle propose un numéro d’été consacré au thème du fétichisme à l’occasion de la sortie dans les salles du ‘Under the Silver Lake’ de David Gordon Mitchell, découverte cannoise pleine de promesses mais bien trop éparpillé. Sont passés en revue quelques films d’été dont pas mal de policiers qui valent le détour tels que l’américain ‘Blackkklansman’ de Spike Lee, le chinois ‘Une Pluie sans fin’ de Dong Yue et le coréen ‘Memories of Murder’ de Bong Joon-ho (en édition limitée blu-ray+dvd+livret+storyboard). 130 pages, 6,90€, en vente chez tous les marchands de journaux.

Mad Movies - 320

Pour terminer ce petit tour de lectures rapides d’été, deux titres historiques. Mad Movies tout d’abord. Numéro d’été plus épais (130 pages, 7,90€) avec le prochain ‘The Predator’, ‘Under the Silver Lake’, Steven Soderbergh, le retour de ‘Détective Dee’, un dossier Cannes 2018… Mad Movies a lancé cet été, avec succès, une campagne de crowdfunfun… de financement participatif sur Ulule afin de pré-financer sa nouvelle formule de la rentrée. C’est un peu étrange (et triste) qu’un magazine doivent en passer par là pour stimuler ses abonnements. La « nouvelle formule » est un classique dans le monde de la presse pour dynamiser les ventes. Mais il semble que l’équipe ait de bonnes idées. Rendez-vous donc en septembre pour juger sur pièce, chez les marchands de journaux.

Enfin, l’autre titre est l’Ecran Fantastique qui lui sortira en septembre un numéro anniversaire : le n°400. En attendant, la sortie d’été est un numéro classique en nombre de pages et en prix (130 pages pour 8,75€). Même chose pour la couverture : encore un blockbuster US alors que l’EF offre le choix entre deux couvertures. C’est désespérant. Du Disney/Marvel encore et toujours, jusqu’à la nausée ! Heureusement, à l’intérieur on trouve un gros dossier Fantastyka consacré à Terry Gilliam, un entretien avec Steven Soderbergh à l’occasion de la sortie de son ‘Paranoia’ ou encore une interview de l’illustrateur Laurent Melki qui permet de porter un regard plus que critique sur les affiches qui ornent aujourd’hui la façade des salles de cinéma et certaines éditions vidéo.

Bonnes lectures, au frais si possible.

NSB+E.G.+O.L.A.

Ecran Fantastique - 399

Publié par : nico nsb | août 16, 2018

‘Halloween’ 2018 et John Carpenter

Halloween-2018-Carpenter LP-01

Octobre c’est encore loin. C’est l’été, il fait beau, il fait chaud, les filles sont belles, on oublie les soucis et on boit frais à Saint-Tropez… et ailleurs. Mais impossible de se mettre en vacances du cinéma. En effet, on sait que cet automne va être chargé en émotions fortes pour le cinéma d’horreur. Il va y avoir le remake de ‘Suspiria’, le retour du ‘Predator’ mais il y a de quoi être sceptique, et un nouveau chapitre de la série ‘Halloween‘ ! Quel que soit le résultat, ce sont des rendez-vous obligatoires dans les salles.

C’est à David Gordon Green que l’on doit ce retour de Michael Myers et de Laurie Strode (Jamie Lee Curtis). Mais John Carpenter, scénariste-réalisateur-compositeur du film original de 1978, n’est pas loin puisqu’il est crédité comme producteur exécutif, consultant et qu’il compose la musique avec son fils et son filleul. Soit la formation de ses albums solo et un retour en fanfare à la musique de film ! Quels délicieux frissons que d’entendre à nouveaux ces quelques notes jouées sur un clavier. La terreur s’installe, le mal s’est réveillé, Michael est là.

La BOF du ‘Halloween‘ 2018 est déjà en précommande un peu partout, en CD et en vinyle dans plusieurs versions (édition limitée, couleur, noir). Il y a même des T-shirts. Jetez un oeil chez Sacred Bones records :

https://www.sacredbonesrecords.com/collections/john-carpenter

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Publié par : nico nsb | août 13, 2018

Lectures d’été 2018

Mathilda May - V.O.

     En parcourant le rayon cinéma d’une librairie, qu’est-ce qui attire l’attention d’un futur lecteur/client ? Les ouvrages mis en avant par l’actualité littéraire, certes, mais pas sûr qu’ils retiennent l’attention. Il y a la curiosité et quelque chose d’invisible, qui semble vous lancer un signal. C’est le cas de ‘V.O.‘ de Mathilda May (éditions Plon). Pas l’actrice française la plus connue, mais le fan de cinéma fantastique n’a pas oublié la découverte du film ‘Lifeforce-l’étoile du mal‘ (1985) de Tobe Hooper où elle tenait le premier rôle, celui d’une vampire de l’espace évoluant le plus souvent totalement nue. On se souvient évidemment de ce célèbre portrait en noir et blanc, par la photographe Bettina Rheims, où Mathilda May rayonne d’une beauté stupéfiante. Comme elle le reconnait elle-même, elle n’a pas fait de films particulièrement marquants (pour le grand public du moins). On pourrait citer de tête un ou deux Chabrol, ‘Nemo’, ‘La Passerelle’… des films qui datent un peu et pas revus depuis un bon moment. Et pourtant cette autobiographie se révèle absolument passionnante (il faut savoir se fier à son intuition). Les récits à la première personne ne manquent pas, mais ici la lecture est non seulement agréable (une auteure est bien présente), elle est surtout une invitation à pénétrer l’envers du décor du monde du spectacle sous la forme d’un témoignage avec une véritable réflexion. On lit ainsi le parcours d’une jeune fille issue de la danse et déboulant brusquement dans le cinéma français et international (choix d’un nom d’artiste), confrontée à une célébrité soudaine sans y être préparée, avec la pression du regard des autres, l’image médiatique qui vous échappe, l’admiration des fans, le jugement des gens du métier… et la demande qui se raréfie en prenant de l’âge. Ces réalités de l’industrie du spectacle (pourquoi tel ou telle artiste devient plus rare ou disparait complètement ?), le public les connait plus ou moins. Ce témoignage se distingue de beaucoup d’autres en ne sombrant pas dans l’amertume ou le règlement de compte, mais par une analyse et un gros travail sur soi que l’on sent à la lecture (« Quand on ne s’aime pas, on ne s’aime pas, c’est tout. L’estime de soi, ce n’est pas votre apparence qui vous la donne. ») et qui touche le lecteur par sa sincérité, son humanisme, et par un humour et un sens de l’autodérision irrésistibles. Exemple : une séance de signatures où débarque un geek chargé de photos d’elle dénudée de l’époque ‘Lifeforce’… Certains admirateurs sont en effet enfermés dans leur passion et semblent oublier qu’ils s’adressent à une véritable personne. Voilà une parole féministe qui ne tombe pas dans les extrêmes, une parole de femme de cinéma et de théâtre (et de danse et de chanson) qui prend le temps d’observer les autres plutôt que son miroir. On prend ainsi un grand plaisir à lire sa rencontre avec Claude Chabrol, sa collaboration avec Yves Montand, son amitié avec Prince, ou bien encore un tournage à l’autre bout du monde avec Werner Herzog qui faillit lui coûter la vie. Parfois, on peut être en désaccord avec elle car si artistes et spectateurs partagent une même expérience, ils peuvent avoir un ressenti différent. Le film ‘Lifeforce’ est un excellent exemple. Ainsi Mathilda May avoue qu’elle souhaiterait pouvoir l’oublier, même si à l’heure de Google c’est impossible, et qu’elle doit faire avec. A la lecture, on sent que cette réticence a moins à voir avec le tournage du film à Londres  (Tobe Hooper était d’une grande timidité, les acteurs étaient de brillants comédiens du théâtre anglais se montrant courtois et élégants) qu’avec le regard des autres. On peut établir un rapprochement avec le témoignage de Céline Tran à propos du porno (dire en avoir tourné ça passe, mais dire qu’on a aimé ça là non ce n’est pas possible), le fait d’avoir tourné nue est « aggravé » de l’avoir fait dans un film de genre. En effet, dans certains milieux respectables des médias et de la culture, tourner nue dans une série B de science-fiction passe moins bien que jouer un texte de Strindberg sur les planches. Pas grave, les ricaneurs professionnels, les puritains et les hypocrites on sait où on les met. Les spectateurs qui aiment le cinéma et la vie savent eux apprécier la beauté et le talent.

Mathilda May - V.O.-livre

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Roger Corman - Comment j'ai fait 100 films

En France, on tend à intellectualiser un peu tout, jusqu’à l’excès, y compris le cinéma, tandis qu’aux Etats-Unis seul l’argent compte dans l’intêret d’un film. Pour trouver un juste milieu, on peut compter sur certains artistes qui savent que le cinéma est un art ET une industrie. Par exemple le légendaire Roger Corman, qui signe avec Jim Jerome ‘Comment j’ai fait 100 films sans jamais perdre un centime‘ (éditions Capricci). Réalisateur et producteur, Corman aligne une filmographie impressionnante, alternant des films personnels et des productions purement commerciales, dans tous les genres et avec des budgets confortables ou fauchés. C’est l’équivalent US de notre Jean-Pierre Mocky national. Il partage ici sa riche expérience, avec de très nombreux témoignages (Dick Miller, Jack Nicholson, Vincent Price, Francis Coppola, William Shatner, Peter Bogdanovich, Bruce Dern, Peter Fonda, Shelley Winters, Julie Corman, Martin Scorsese, Joe Dante, Jonathan Demme, Ron Howard…). En plus d’être une référence du cinéma indépendant, il a longtemps été un découvreur de talents en donnant leur chance à de jeunes gens motivés, mal payés mais souhaitant apprendre leur métier sur le terrain plutôt que dans une école hors de prix, comme par exemple un certain James Cameron qui débuta dans les effets spéciaux. A méditer à l’heure des budgets toujours plus délirants des blockbusters hollywoodiens.

Dario Argento - Peur

Enfin, dernier choix de lectures d’été avec encore une autobiographie. Il s’agit de l’incontournable ‘Peur‘ de Dario Argento (chez Rouge Profond) dont toute la presse cinéma a beaucoup parlé. Encore une légende du cinéma fantastique ! Ce maître du giallo et de l’horreur à l’italienne a actuellement droit à une retrospective dans les salles (surtout sur Paris) de ses plus grands films (lire le premier numéro de Revus & Corrigés), avant de prochaines sorties restaurées en blu-rays. ‘Peur’ nous plonge dans l’intimité de cet homme à la voix tranquille mais au regard perçant/soucieux/amusé comme on a pu le découvrir lors d’une rencontre. On garde ce livre, précieusement, pour la fin.

NSB+E.G.

Publié par : nico nsb | août 6, 2018

Live on KEXP : Chelsea Wolfe, Zola Jesus…

Eté caniculaire. Dès la tombée du jour, des sons rugissants jaillissent et d’étranges rituels se mettent en place pour relier la Terre aux étoiles :

Chelsea Wolfe - 2018-KEXP-01

KEXP est une radio américaine basée à Seattle.  Elle accueille régulièrement des artistes pour des performances live dans ses locaux, et diffusées sur les ondes et en vidéo. Petite sélection avec Chelsea Wolfe (label Sargent House) et Zola Jesus (label Sacred Bones).

http://kexp.org

Zola Jesus - 2018-KEXP-01

Big Trouble - 03

(Des gueules de champions du monde comme on les aime !)

« Oui je suis pas loin.

Après la bande originale du film ‘Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin‘ en vinyle (ce mercredi 1e août chez Mondo), je serai de retour en France dans une belle édition blu-ray steelbook (l’Atelier d’Images), blindée de bonus anciens et nouveaux. Copie restaurée. Sortie le 16. Le 16 octobre prochain pour être précis. En attendant je retourne dans l’eau. »

O.L.A.

Mise à jour : campagne de crowdfunding pour une belle édition enrichie sur KissKissBankBank :

https://www.kisskissbankbank.com/jack-burton-big-trouble-edition

Big Trouble - 12-blu ray France 2018

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