Publié par : nico nsb | juin 18, 2017

Le son du soir : Eric Serra

Bien qu’il ne signera pas la bande originale de ‘Valérian’, Eric Serra est un collaborateur incontournable du cinéma de Luc Besson. En 1997, les deux compères se retrouvaient pour ‘Le Cinquième Elément‘, film de science-fiction mêlant la comédie et l’aventure, un rafraîchissement totalement inédit alors dans le cinéma français et qui fonctionne toujours aujourd’hui.

Eric Serra - le Cinquième Elément-2LP

La musique du film n’était encore jamais sortie au format vinyle. C’est à présent chose faite grâce aux Américains de Mondo. ‘The Fifth Element‘ d’Eric Serra vient de paraître dans une excellente édition « 20th anniversary reissue » de deux disques 180gr couleurs, pochette ouvrante, avec des illustrations originales (Shan Jiang) de toute beauté et parfaitement en accord avec l’esprit BD du film (Mézières & Christin, Moebius). Son et pressage sans faute. Un régal !

Eric Serra - le Cinquième Elément-2LP-c

Eric Serra - le Cinquième Elément-2LP-b

Publié par : nico nsb | juin 8, 2017

LUCIO FULCI : le livre ultime ?

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2017 est une année chargée pour tous les fans du regretté Lucio Fulci (1927-1996). Alors que vient d’arriver l’édition restaurée et remplie de bonus de ‘La Longue Nuit de l’Exorcisme‘ (‘Non si sevizia un paperino’, 1972) chez le Chat qui Fume (coffret blu-ray+2dvd+livret), et qu’Artus Films s’apprête à se lancer prochainement dans la haute définition avec des blu-rays de ‘L’Enfer des Zombies‘, ‘L’Au-Delà‘ puis ‘Frayeurs‘, c’est un gros livre dédié à l’oeuvre de ce cinéaste italien qui est annoncé.

 

L’éditeur anglais FAB Press va en effet rééditer dans une version revue et augmentée ‘Beyond Terror : the films of Lucio Fulci‘ de Stephen Thrower, beau livre consacré à Lucio Fulci. Pour soutenir cette réédition, une campagne de financement participatif est actuellement active sur la plateforme Indiegogo, permettant d’acquérir ce livre dans une version luxueuse et limitée. Campagne couronnée de succès puisque l’objectif initial à largement été dépassé en quelques jours seulement ! Au programme : édition hardback (couverture cartonnée rigide), glissée dans un étui/coffret solide reprenant l’aspect du livre d’Eibon (le fameux livre maudit de ‘L’Au-delà’), 440 pages de textes et de nombreuses illustrations n&b et couleur, 4kg environ, avec un dvd+livret (all zone) des bandes annonces de tous les films de Lucio Fulci et d’autres contreparties selon l’option choisie. Beau livre, édition exclusive et donc un peu chère (compter environ 100 euros pour la France, l’éditeur faisant un effort sur les frais de livraison), la campagne pour le pré-commander se termine le 28 juin. Encore trois semaines, ce qui veut dire que d’autres contreparties sont susceptibles de s’ajouter à celles déjà en place.

https://www.indiegogo.com/projects/fab-press-beyond-terror-lucio-fulci-book-dvd-cinema-horror/x/16805162#/

Fab Press - Beyond Terror-01

Book sampler

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On a plusieurs fois parlé de FAB Press sur ce blog à propos de la grande qualité de leur travail. Même chose pour Stephen Thrower, musicien et historien du cinéma qui a publié en 2015 ‘Murderous Passions : the délirious cinema of Jesus Franco-volume one‘, magnifique ouvrage de référence sur l’oeuvre de Jess Franco. Du coup, le travail sur la réédition augmentée de ‘Beyond Terror…’ a un peu retardé la parution du second volume de ‘Murderous Passions’ annoncé par l’éditeur Strange Attractor pour la fin d’année ou début 2018. Bref, avec toutes ces belles choses il est temps de faire des économies et de réviser son anglais.

E.G.+NSB

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Lucio Fulci - 03

Publié par : nico nsb | juin 5, 2017

Le son du jour : Yasmine Hamdan

Yasmine Hamdan - 01

Icône au moyen-orient (elle est née au Liban), Yasmine Hamdan a été révélée sur la scène internationale grâce au projet Yas et l’album ‘Arabology’ (2009) produit par Mirwais, puis avec le film de Jim Jarmusch ‘Only lovers left alive’ (film médiocre mais bande originale fabuleuse). En 2015 elle collabore avec le Japonais DJ Krush sur l’album ‘Butterfly Effect’.

Yasmine Hamdan - Al Jamilat

Son nouvel album ‘Al Jamilat‘ (« les magnifiques ») est sorti en mars. Disponible partout, en téléchargement, CD et vinyle. Et à écouter en boucle.

LA BADEN (Until later) « You’re crusty, you’re being grumpy. I pissed you off I know you are angry. hey, don’t get nasty, don’t get touchy. Postpone it, will you? Until later. Later. Let’s talk about it later. Ok, I’m being silly I misbehaved. I confess I took it out on you forgive me. hey, don’t get upset Don’t be moody. Postpone it, will you? Until later. Later. Let’s talk about it later. »

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Publié par : nico nsb | juin 5, 2017

Le son du jour : Emel Mathlouthi

Emel Mathlouthi - Ensen

Voix merveilleuse découverte sur les réseaux sociaux lors du « printemps arabe » tunisien, Emel Mathlouthi vit à présent une carrière internationale. Son second album ‘Ensen‘ (humain) est paru fin février. Disponible en téléchargement, CD et vinyle.

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Rien de tel qu’un concert pour apprécier le réel talent d’un artiste :

Publié par : nico nsb | mai 28, 2017

Cannes 2017 – suite et fin

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Sélection officielle,  hors compétition. ‘D’après une histoire vraie‘ est le nouveau film de Roman Polanski. Emmanuelle Seigner est Delphine, une écrivaine épuisée par la promotion de son dernier roman. Besoin de souffler, de faire une pause. Elle fait la connaissance d’une jeune femme prénommée « Elle » (Elle pour Elizabeth, interprétée par Eva Green), très séduisante, très intelligente, pleine d’assurance et également impliquée dans la littérature. Rapidement une amitié et une complicité s’installent entre les deux femmes, « Elle » allant même jusqu’à proposer de remplacer Delphine lors d’un rendez-vous professionnel… Les familiers du cinéma de Roman Polanski sont en terrain familier avec ‘D’après une histoire vraie‘ qui rappelle des films précédents ou des thèmes déjà abordés dans sa filmographie. Un double étrange, voire maléfique, qui surgit dans la vie d’une personne en état de faiblesse psychologique au risque de lui voler sa vie et prendre sa place. Une relation trouble qui finit par vampiriser la victime. Pour le grand public aussi cette histoire en rappelle d’autres. Et c’est bien le problème, on a le sentiment d’avoir déjà vu ce film plein de fois : un auteur de romans victime d’un fan trop envahissant. Ce qui fait l’intérêt principal de ce film, c’est la confrontation annoncée entre Emmanuelle Seigner et Eva Green. Et là Polanski ne s’est pas trompé, l’alchimie est parfaite et les deux comédiennes se complètent à merveille. Emmanuelle Seigner joue donc un personnage qui se vide de son énergie, tandis qu’Eva Green impose son magnétisme puissant. Impossible de lui résister, sa proie n’a aucune chance. On connait principalement cette actrice dans des rôles de femmes fatales, un peu sorcière, et il faudrait penser à lui donner d’autres rôles à jouer. Une scène permet justement à la sublime Eva Green (vue après le film, belle, naturelle, souriante et très sympa avec le public) de montrer d’autres possibilités de son jeu, lorsque « Elle » imite Delphine dans sa voix et son attitude. L’interprétation et la transformation sont stupéfiantes ! Moment drôle et malheureusement bref, car il lui faut vite retourner dans les limites (les clichés) de son personnage. Le scénario est coécrit par Olivier Assayas et ne décolle pas des codes du thriller psychologique (très parisien le thriller psychologique), alors qu’un peu de fantastique pour entourer cette rencontre aurait pu relever le tout et empêcher les bâillements des spectateurs.

Sortie de la conférence de presse :

(photos iPhone -pas vraiment HD- Nicolas NSB 2017)

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Eva, attention à ton décolleté… 😉

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Roman Polanski et ses fans :

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     Fin du 70e Festival de Cannes. Beaucoup de films à voir et juste une petite douzaine de vus. Il va y avoir le palmarès officiel, les commentaires des journalistes, et il y a le ressenti de chaque spectateur. Ce blog en est un exemple. Ainsi, à titre personnel, Cannes 2017 c’était la découverte de quelques très bons films venant d’Europe de l’est, du Londres de 1977 et du Japon. C’était la venue de Clint Eastwood et enfin le retour flamboyant de David Lynch.

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Souvenirs (nsb2017) :

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Publié par : nico nsb | mai 26, 2017

Cannes 2017 – « It is happening again »

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     Il faut bien reconnaitre une chose, pour beaucoup de spectateurs, l’évènement principal du 70e Festival de Cannes était l’annonce du retour de ‘Twin Peaks‘ et de David Lynch derrière la caméra. Oui, une série télé des années 1990-1991 est célébrée à Cannes, quelle ironie et ça en dit long sur l’état du cinéma mondial ! C’est avec une grande excitation, mêlée d’un peu d’appréhension, que de nombreux festivaliers du monde entier ont pu accéder à la salle et découvrir le montage cannois des deux premiers épisodes de la saison 3 sous la forme d’un long métrage, projeté sur grand écran. Les lumières s’éteignent, et ça commence. Une introduction et un nouveau générique sur la célèbre musique d’Angelo Badalamenti…

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Lynch réalise et il retrouve Mark Frost à l’écriture. Quelque chose de terrible s’est produit depuis la dernière fois que nous avons visité la ville de Twin Peaks. C’était il y a plus de vingt-cinq ans. Le temps a passé, les personnages (et les comédiens) ont vieilli et c’est avec émotion que nous retrouvons une partie d’entre eux. Mais depuis la fin de la saison 2, une porte interdite s’est ouverte (la Black Lodge) et le mal s’est déversé sur le monde. La noirceur et la violence sont omniprésentes, bien plus que dans les saisons précédentes. David Lynch est de retour et il ne fait aucune concession ! Entre cauchemar surréaliste et enquête policière sanglante, la reprise de ‘Twin Peaks‘ va déranger (on pouvait le constater dans la salle). Les mystères et les indices se multiplient sans qu’on ait toutes les clés en main. Il faut accepter de lâcher prise et se laisser glisser dans l’inconnu. Ce n’est pas tout public. Nous sommes à la fois dans une série TV et dans du David Lynch, et ça se mérite. Surtout, il est clairement indispensable de revoir ou d’avoir bien en tête les saisons 1 et 2, ainsi que le film ‘Twin Peaks : Fire walk with me‘, avant d’entamer ces nouveaux épisodes et de faire la connaissance des nombreux nouveaux visages.

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C’est Canal+ qui diffuse en France cette production Showtime. C’est un quasi miracle qu’une chaîne de télé prenne le risque de produire un tel programme. Risqué car Twin Peaks ne dira peut-être rien aux jeunes adultes, c’est une série audacieuse par sa violence graphique (les moments de terreur sont présents et ils sont très efficaces dans une salle de cinéma) mais surtout par sa narration très originale. La projection cannoise, sur grand écran et avec un gros son, prouve que David Lynch n’a pas perdu la main et aime toujours autant le cinéma. Qu’il est toujours un très grand cinéaste.

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Que réservent les prochains épisodes ? Contrairement à nombre de blockbusters, cette série est totalement surprenante, impossible de deviner le cours des évènements à venir. Un peu plus de légèreté et d’humour ? Possible, car comme le montre la scène finale et en musique de ces deux premières parties, le bien et la beauté n’ont pas totalement disparu de ce monde et de la ville de Twin Peaks. Vivement la suite !

Interview David Lynch :

http://www.festival-cannes.com/fr/festival/actualites/articles/twin-peaks-le-damn-good-retour-d-une-serie-culte

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Publié par : nico nsb | mai 26, 2017

Cannes 2017 – carte postale 4

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Sélection officielle, compétition. Naomi Kawase est une habituée de Cannes. Son nouveau film ‘Vers la lumière‘ s’intéresse à Misako, jeune traductrice travaillant sur l’audiodescription pour un film. Les personnes aveugles ou souffrant d’une vision faible sont eux aussi des spectateurs friands de cinéma. Mais des spectateurs particuliers, avec une sensibilité différente qu’il faut prendre en compte dans le travail de description de l’image. Misako (Ayame Misaki) participe ainsi à un petit comité de spectateurs auxquels elle propose son travail et auquel seront apporter des modifications selon les observations. Un travail difficile, surtout face aux critiques parfois dures comme celle de Masaya (Masatoshi Nagase), un photographe perdant la vue. Une rencontre tournant à l’affrontement verbal. Cet homme d’âge mur est peu expressif, mais contient une grande colère intérieure. L’image, la photographie, c’était toute sa vie. Et comme il le dit lui-même, son appareil photo Rolleiflex c’est son coeur. La réalisatrice japonaise, fidèle à cette extrême sensibilité des êtres et de la vie qui donne la couleur de son cinéma en mêlant fiction et réel (‘Les délices de Tokyo’, ‘Still the water’, ‘La forêt de Mogari’, ‘Naissance et maternité’…) parvient à captiver le spectateur dans un premier temps. Quel fan de cinéma, quel photographe ou vidéaste ne redouterait pas de devenir aveugle ? Les deux comédiens principaux sont parfaits pour incarner la difficulté de communiquer quand on ne partage plus les mêmes sens. Dommage que la seconde partie s’égare un peu. Et quand en plus la fatigue du spectateur s’en mêle…

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Sélection Officielle, compétition. Vu l’actualité et la tragédie de Manchester, difficile de s’asseoir devant un film qui parle d’un attentat. Le nouveau film de l’Allemand Fatih Akin, ‘Aus Dem Nichts/In the Fade‘, raconte le drame d’une femme, Katja, qui perd dans un attentat à la bombe son fils et son mari. A l’horreur s’ajoute les reproches de la famille, puis les suspicions de la police. Car Nuri, le mari de Katja, a fait de la prison autrefois pour des petits trafics de drogue et il était d’origine Kurde. Attentat anti-kurde ou règlement de compte entre mafieux ? La police met enfin la main sur les coupables, un couple de néo-nazis… C’est Diane Kruger qui interprète Katja et permet aux spectateurs de partager le parcours douloureux de son personnage. Histoire de deuil impossible, chaotique avec notamment le procès qui s’ouvre et où tous les coups sont permis pour certains avocats. L’actrice et tous les comédiens donnent corps et émotion à ce thriller inspirés de faits réels et qui s’attaque aux mouvances d’extrême-droite européenne. La dernière partie, qui concerne la vengeance, est un peu plus prévisible et manque de peu d’en faire un grand film. A découvrir malgré tout.

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Un Certain Regard. Dans un festival de cinéma, il y a les films que l’on veut voir absolument, mais parfois il est bon de partir à la découverte d’une oeuvre dont on ne sait rien. Car on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. C’est le cas de ‘Posoki/Directions‘. Film bulgare de Stephan Komandarev, ‘Directions‘ débute avec un père de famille qui essaie de s’en sortir en cumulant une petite entreprise surendettée et un emploi de chauffeur de taxi, tue son usurier et se suicide. A partir de là, nous suivons le parcours de différents taxis qui quadrillent la ville de nuit comme de jour, découvrant leur vie, celle de leurs clients et ainsi un état des lieux d’un pays gangrenés par la corruption et la perte de toute valeur autre que celle de l’argent. On pense à certains films de Jim Jarmusch. Des tranches de vie dramatiques, mais parfois un peu d’humour se glisse et on bascule dans la tragi-comédie comme l’épisode où un chauffeur parvient à sauver un pauvre gars sur le point de se jeter d’un pont. Petits moyens en apparence (caméra embarquée dans les véhicules), mais mise en scène très travaillée à coup de plans séquences. Belle petite découverte et coup de coeur !

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Publié par : nico nsb | mai 23, 2017

Cannes 2017 – carte postale 3

How to talk to girls - 01

Sélection officielle, hors compétition. Une bouffée d’air frais et d’énergie débarque avec ‘How to talk to girls at parties‘ de David Cameron Mitchell. Film américain  tourné en Angleterre qui raconte le week-end agité de Enn et ses deux meilleurs copains. Trois petits punks de 1977 qui en sortant d’un concert vont s’incruster dans une soirée bizarre et faire la rencontre de la jolie Zan (Elle Fanning) et de sa famille. Une sorte de communauté arty d’avant-garde, peut-être même une secte, à moins qu’il ne s’agisse d’extraterrestre de passage sur Terre… Ce réalisateur, on avait pu le découvrir avec ‘Shortbus’ (2006) qui avait fait beaucoup parler de lui avec ses joyeuses partouses new-yorkaises où toutes les sexualités participaient à la fête des corps. Ici, l’exploration est toujours celle d’un milieu underground, celui des punks, d’une jeunesse en révolte et qui a soif de vie. Parfaite reconstitution d’époque et jeunes comédiens attachants. Elle Fanning est beaucoup plus convaincante que dans le ‘Neon Demon’ de l’an dernier, et le film lui donne de beaux moments comme lors d’un face à face avec une Nicole Kidman inattendue (entre Vivienne Westwood et Siouxsie Sioux, elle veille sur la jeunesse turbulente et anticonformiste), puis un morceau musical sur une petite scène. Le scénario est signé de Neil Gaiman qui doit sans doute évoquer des souvenirs de jeunesse et les premières peines de coeur.

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Wind River - 01

Un Certain Regard. Le scénariste de ‘Sicario’ et ‘Comancheria’, Taylor Sheridan, présente ‘Wind River‘. Dans les montagnes enneigées du Wyoming, une jeune femme de la réserve indienne a été retrouvée morte loin de toute habitation. Une agent du FBI arrive, épaulée par un pisteur qui connait parfaitement la région… L’histoire est des plus classiques et la réalisation très impersonnelle. Rien de palpitant à l’horizon. De plus, il faut bien reconnaître que Jeremy Renner et Elizabeth Olsen ne sont pas des comédiens particulièrement inoubliables.

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     Quand on vit à fond sa passion, on se coupe de tout ce qui est extérieur. Puis l’actualité violente vous rattrape :

« Communiqué officiel. Le Festival de Cannes veut faire part de son effroi, de son indignation et de son immense tristesse suite à l’attentat dont ont été victimes le public et la ville de Manchester hier soir.

Ce sont la culture, la jeunesse et l’esprit de fête qui ont une nouvelle fois été visés et frappés. Comme ont été frappées la liberté, la générosité et la tolérance, toutes choses auxquelles le Festival et tous ceux qui le rendent possible, les artistes, les professionnels et les spectateurs, sont profondément attachés.

Le Festival de Cannes invite tous les festivaliers à témoigner de leur solidarité envers les victimes, leurs familles et le peuple britannique, en observant une minute de silence ce mardi 23 mai à 15h. »

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Adieu ROGER MOORE

(1927-2017)

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Publié par : nico nsb | mai 21, 2017

Cannes 2017 – Clint Eastwood a débarqué !

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     1992, ‘Impitoyable‘ sortait en salle. 2017, le film s’apprête à ressortir en copie restaurée dans les salles de cinéma et en blu-ray. Et pour marquer le 70e anniversaire du Festival de Cannes, Clint Eastwood en personne est venu sur la Croisette présenter son film dans le cadre de Cannes Classics. Gros frisson en le voyant monter sur scène : un vieil homme qui accuse son âge (bientôt 87 ans), mais un charisme intact. Clint, le grand public l’a vu vieillir « en direct » dans chacun de ses films où il ne triche pas avec ses rides et ses cheveux blancs. Et un cadeau n’arrivant jamais seul, la star américaine a tenu à assister à la projection au milieu du public. Salle comble et standing ovation pendant tout le générique de fin !

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Une légende vivante, ça ne se décrète pas. C’est le public, et non les médias, qui décide de plébiciter une longue carrière, comme le prouvaient les sifflements reprenant le thème principal du ‘Bon, la Brute et le Truand’ quelques instants avant l’arrivée de l’acteur-réalisateur. Répétons-le encore une fois, voir un film sur un grand écran n’a rien à voir avec un visionnage sur une télé, une tablette, un smartphone. Si l’histoire ne change pas, rien ne vaut l’expérience de la salle, rien n’est comparable à l’émotion qui s’en dégage. Et quand on a la chance d’assister à une projection assis à quelques fauteuils seulement d’un artiste du calibre de Clint Eastwood, le cadre influe forcément sur le ressenti de l’expérience. On connait l’histoire du film par coeur, sa musique jouée à la guitare, sa lumière, mais le regard est légèrement différent. On note un petit détail qui retient notre attention plus que les fois précédentes. ‘Impitoyable‘ est véritablement un film très personnel, dédié à Sergio Leone et à Don Siegel, c’est un hommage aux grands maîtres du western et pas seulement américain, un film d’hommes (Gene Hackman, Morgan Freeman, Richard Harris) et de femmes (Frances Fisher, Anna Thomson), film sur les regrets, la vieillesse et la mort. Il y a ce qui se passe sur l’écran, et si l’on tourne la tête on peut apercevoir les spectateurs captivés dans la pénombre de la salle. Ainsi Clint Eastwood était-il attentif à ce film qu’il a tourné il y a 25 ans. Et les questions fusent en l’observant : à quoi pouvait-il penser pendant la projection de son film ? Quels souvenirs lui revenaient en tête ? Un très grand et très beau moment à vivre.

(Photos iPhone : Nicolas NSB-2017)

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Ca c’était pour samedi. Et ce dimanche, Clint Eastwood donnait une leçon de cinéma où il devait probablement revenir sur sa carrière et peut-être sur les cinéastes qui l’ont inspiré. Mais ce nouveau rendez-vous avec la star avait lieu dans une salle de petite capacité. Enormément de monde entre les festivaliers, les journalistes, les photographes et les invitations. Impossible d’entrer. Par contre, Thierry Frémaux et l’équipe du Festival ont eu l’excellente idée de mettre cette leçon de cinéma en ligne pour le plus grand plaisir de tous :

http://www.festival-cannes.com/fr/festival/actualites/articles/la-lecon-de-cinema-de-clint-eastwood

Unforgiven (1992)

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     Du côté de la sélection Un Certain Regard, Kiyoshi Kurosawa présentait son nouveau film ‘Avant que nous disparaissions‘. Cette fois-ci le réalisateur japonais délaisse les fantômes pour de la science-fiction avec une histoire d’invasion extraterrestre. Bien entendu, on est très loin des blockbusters américains. Le film suit un couple sur le point de se séparer. L’époux a été retrouvé errant sur la route et semble avoir perdu la mémoire. Peu à peu, il explique à sa femme (Masami Nagasawa) être un extraterrestre qui s’est emparé du corps de son mari (Ryuhei Matsuda). Il est en quête de « concepts » pour comprendre les humains avant l’invasion. Au même moment, un journaliste fait la connaissance d’un jeune homme lui aussi étrange, et ils partent à la recherche d’une jeune fille qui provoque des carnages sanglants en ville… Kurosawa filme une histoire de fin du monde vue à travers le regard d’un couple. Ici, les évènements dramatiques sont souvent hors champ (comme les hélicoptères de l’armée qu’on entend mais qu’on ne voit pas), technique idéale pour un budget de série B. Mais parfois une fusillade éclate brutalement à l’écran, ou le spectaculaire surgit avec un accident de la route. A chaque fois, la mise en scène est inventive, loin de la paresse des grosses productions reposant uniquement sur les effets spéciaux. Le réalisateur utilise les codes du genre (histoire de body snatchers), pour y injecter de la mélancolie ou de l’humour. Par exemple, pour « prendre » (comprendre) un concept humain (la famille, la liberté, la propriété, le travail), les visiteurs touchent leurs victimes du doigt comme on touche un écran tactile (critique de la génération connectée ?). L’humain est aussitôt comme vidé d’une partie de sa personnalité, ce qui donne une scène très drôle avec un patron odieux. Mais à mesure que les envahisseurs s’humanisent et que s’approche la fin du monde, il reste un ultime « concept » à s’approprier. Peut-on apprendre l’amour sans l’éprouver ? Doit-on le voler comme une simple information ? Quel en est le prix à payer ? La SF réussit admirablement à Kiyoshi Kurosawa.

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Publié par : nico nsb | mai 19, 2017

Cannes 2017 – carte postale 1

     Vue de l’espace, Cannes c’est pas mal comme a pu le constater cette semaine l’astronaute français Thomas Pesquet. Mais face à la mer et les deux pieds sur la Croisette, c’est encore mieux. Grand soleil et ciel bleu sont au rendez-vous (avec un peu de pluie parfois, c’est une tradition). Une fois récupérés le badge et le sac festival, on retrouve vite ses repères et on se plonge plus en détail dans le programme et les horaires des différentes sélections. Car il est important de bien choisir son premier film.

C’est décidé, ce sera un film avec Nicolas Cage ! Un film de Werner Herzog. Un film génial et énorme, délirant, tourné à la Nouvelle-Orléans. Il s’agit bien entendu du fameux ‘Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans‘ (2010), faux remake d’une réalisation de Abel Ferrara. Projection au Théâtre Croisette dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs, en pellicule 35mm (chose devenue rare à l’heure du tout numérique), à l’occasion de la remise d’un prix à Herzog. Le réalisateur allemand est d’ailleurs venu dire quelques mots sur scène, déclarant n’avoir à ce jour jamais vu le film de Ferrara ; par contre il a fini par rencontrer ce dernier et ils ont sympathisé lors d’une soirée qu’on imagine animée (et peut-être arrosée). Ce ‘Bad Lieutenant’ (avec Eva Mendes, Val Kilmer et Brad Dourif), on le connait pratiquement par coeur mais c’est toujours un plaisir à le revoir, surtout sur un grand écran, avec son Nicolas Cage menant une enquête compliquée vue sa forte dépendance à des substances diverses qui se snifent ou se fument, provoquant des visions hilarantes où des lézards chantent un air de soul tandis que l’âme d’un mort danse au son d’un vieux blues cajun. Parfois dans la vie tout dérape, et d’autres fois tout roule sans problème, toute chose semble trouver sa place dans le grand mouvement de l’univers. C’est le charme et le mystère de la Louisiane. Il semble que la magie d’un film puisse jaillir de l’écran et se répandre dans le réel. Car à la fin de la séance, en quittant la salle et en retrouvant la lumière du bord de mer, qui pouvait-on apercevoir sur la Croisette ? Abel Ferrara et sa petite famille discutant en toute simplicité sur un coin de trottoir !

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Werner Herzog à la Quinzaine (photo Nicolas NSB-2017)

     Il est temps à présent d’attaquer la sélection officielle. Pas grand chose de très excitant à première vue, mais certains noms retiennent l’attention. Comme par exemple Bong John-Ho qui débarque à Cannes avec ‘Okja‘, une production Netflix qui a déjà fait couler beaucoup d’encre. Et ça n’a pas loupé, dès le début du générique, des huées ont éclaté dans la grande salle Lumière à l’apparition du nom de l’opérateur américain. Et ça ne faisait que commencer car un gros problème technique a gâché le lancement de la projection. En effet, l’un des rideaux de l’écran est resté bloqué, coupant le haut de l’image d’un bon tiers. Et le film se poursuivait malgré tout pendant plusieurs minutes, sous l’exaspération du public (salle pleine). Puis enfin, arrêt de la projection, retour des lumières et intervention d’un technicien. Le film a finalement pu reprendre depuis le début et dans de bonnes conditions, avec un peu de retard. Le Festival de Cannes a beau être le plus grand et le plus prestigieux des festivals de cinéma du monde, il n’est pas à l’abris de quelques imprévus.

Mais revenons au film. ‘Okja‘ est le nom d’un énorme cochon élevé par une adolescente, Mija, et son grand-père dans la campagne coréenne. Paysage verdoyant et lumineux, un cadre paisible où une belle amitié s’est développée pendant une dizaine d’années, jusqu’au jour où les cadres d’une compagnie américaine viennent récupérer le cochon géant. Car Okja est un animal créé de toute pièce dans le laboratoire d’une multinationale dirigée par Lucy Mirando (excellente Tilda Swinton), qui prépare depuis des années de noirs projets… Bong Joon-Ho poursuit ses thèmes favoris dans une production américaine destinée à un large public et notamment aux enfants. ‘Okja‘ c’est un peu Heidi et ses chèvres, ou bien ‘E.T.’ de Spielberg, mais pour dénoncer la société de consommation. La jeune héroïne Mija (Ahn Seo-Hyun) croisera d’ailleurs la route d’une poignée d’activistes qui vont l’aider à retrouver son animal de compagnie. Si ce film n’est pas du niveau des précédentes réalisations du cinéaste coréen (‘Memories of murder’, ‘The Host’, ‘Mother’, ‘Snowpiercer’), s’il connait quelques longueurs et des lourdeurs (le personnage joué par Jake Gyllenhaal), il est rattrapé par de très bons effets spéciaux et une dernière partie sombre où l’on retrouve la « touche » de ce réalisateur. Enfin, le film aurait amplement mérité une sortie en salle afin de rencontrer son public. Mais il n’y a pas eu d’accord de trouvé entre Netflix et le cinéma français, et c’est très regrettable.

     Restons dans la compétition pour le film suivant. ‘Jupiter’s Moon‘ est le nouveau film du Hongrois Kornél Mondruczó, découvert au début des années 2000 avec un court métrage très étonnant (de mémoire, quelque chose comme « La Jeanne d’Arc des Urgences« , adapté plus tard en long métrage sous le titre de ‘Johanna‘ en 2005). Il est toujours passionnant de suivre un jeune cinéaste sur la durée. Car Mondruczó confirme tout le bien que l’on pensait de ses précédents travaux. On suit ici le parcours d’Aryan (Zsombor Jéger), un jeune réfugié syrien entré illégalement en Hongrie et poursuivit par la police. Grièvement blessé par balles, le jeune homme est soigné par le docteur Gabor Stern (Merab Ninidze). Mais celui-ci constate avec stupéfaction que les blessures guérissent d’elles-même. Puis, sous le coup d’une violente émotion, Aryan entre en transe et s’élève de plusieurs centimètres au-dessus du sol !

Jupiter’s Moon‘, ou ‘La Lune de Jupiter‘ si son titre français est confirmé, est un drame social sur le sort des réfugiés syriens. C’est un film politique qui parle d’un pays, la Hongrie, et de l’état de l’Europe (qui est aussi le nom d’une des lunes de Jupiter). C’est un film fantastique d’une formidable beauté. Mais également un film d’action, avec des courses-poursuites filmées au grand-angle (comme chez Zulawski). Kornél Mondruczó signe là un petit miracle qui colle de près à son sujet et ses deux personnages principaux, tout en ouvrant large son cinéma. Il en résulte des images d’une puissance rare grâce à la mise en place de plans longs, un gros travail sur la lumière, le son et les effets spéciaux. Imaginez un film d’auteur engagé qui ne soit ni donneur de leçon, ni paternaliste, qui croit en la force du cinéma et qui s’empare des codes du cinéma de genres pour proposer de l’émotion à couper le souffle. Imaginez un film « super-héroïque » et mystique dirigé par un auteur qui ne se vendra jamais à Marvel-Disney sans pour autant dénigrer les comics. Du cinéma qui évolue dans des zones voisines des univers de Gaspar Noé, de Jodorowsky ou de Andrzej Zulawski. Ce film existe et il s’appelle ‘Jupiter’s Moon‘ ! Premier coup de coeur du Festival.

Et pendant ce temps, entre Cannes et les Iles de Lérins, Emily Ratajkowski travaille son bronzage…

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