Albert Pyun est mort

On le savait très malade. Le réalisateur américain Albert Pyun est décédé. Tous les fans de la Cannon (et de Marvel ?) sont en deuil. On lui doit, entre autres, la première adaptation au cinéma de ‘Captain America‘ (1990), le méga-culte ‘Cyborg‘ (1989, déjà chroniqué sur ce blog) avec notre JCVD international ou encore ‘Nemesis‘ (1993). Un solide artisan de la série B vient de disparaitre. Du cinéma qui tient toujours la route, surtout comparé à nombre de blockbusters actuels sans âme.

Gros son du soir : Iggy Pop

Iggy du soir, bon soir.

Il semble increvable papi Iggy. Quel âge peut-il bien avoir ? La pratique du Tai-Chi lui permet de ne pas assécher son énergie et de balancer du gros son comme le prouve formidablement ‘Frenzy‘, premier extrait du nouvel album ‘Every Loser‘ attendu début janvier 2023.

A noter que cette semaine, à l’occasion du Black Friday, Iggy Pop réédite son album chanté (en partie) en français ‘Après‘ (2012). Une curiosité à découvrir ou redécouvrir, où l’Américain reprend quelques classiques de la chanson française.

Rocky prend un café avec Lynch

En flânant entre les rayons d’une librairie, soudain une image terrifiante vous saisie ! Celle d’un cri d’horreur, un visage déformé par le Mal et la douleur. Ce visage, c’est celui de Laura Palmer qui brûle dans l’enfer de ‘Twin Peaks-Fire walk with me‘. Vous réalisez alors que la revue Rockyrama vient de sortir un numéro spécial entièrement consacré à David Lynch. Bon sang quelle couverture ! Et un superbe objet de belle taille, au format livre avec une couverture cartonnée rigide et une toile noire rehaussée d’un marquage à chaud rouge. 200 pages, 39€. Des heures de lecture en perspective, pour se replonger avec gourmandise dans un univers où le mystère et l’étrange sont rois.

« …derrière les palissades immaculées, derrière la tranquillité du patelin, derrière le sourire béat affiché en toutes circonstances par ses habitants, se niche quelque chose que Lynch se garde bien de nommer. »

« …malgré les millions de dollars en jeu, c’est ce goût pour les détails bizarres qui fera in fine la saveur du Dune de Lynch, un blockbuster à cinquante millions aux allures de production artisanale. »

« Avec Fire walk with me, le cinéaste fait bien mieux qu’un simple prequel à la série, il signe l’une des meilleures et des plus éprouvantes descentes aux enfers des années quatre-vingt-dix. »

« Twin Peaks-The Return contient des images inoubliables, même si incompréhensibles, qui n’obéissent pas au rationnel, mais qui restent profondément gravées en nous, où la terreur se mêle aux grésillements électriques. »

BD : les aventures de Sixella

En 2020, le petit monde de la bande-dessinée accueillait un nouveau venu, Janevsky. Son album ‘SIXELLA‘ raconte les aventures érotico-SF d’une aventurière sexy échouée sur une planète hostile. Seule survivante du crash de son vaisseau d’exploration, Sixella a pour tout compagnon le robot R.Iris.2046. Ensemble, ils partent à la découverte de cet étrange eden en partie désertique, mais à la flore tentaculaire. Un univers qui éveille les désirs de la belle, jusque dans son sommeil. L’androïde va se montrer secourable pour affronter la frustration…

Avec Sixella, Janevsky invente une nouvelle Barbarella. Soit une jeune femme vivant des aventures où elle explore aussi bien des mondes extra-terrestres que ses propres pulsions sexuelles. Un parcours initiatique sensuel et une célébration de l’imagination à tous les niveaux ! L’auteur signe le dessin et le scénario de ce « conte spatial et onirique » qui succède dignement à Jean-Claude Forest (‘Barbarella’). Sixella et son compagnon artificiel, qui sait rendre de nombreux services, rappellent évidemment ‘La Survivante’ de Paul Gillon (‘Les Naufragés du Temps’ avec le même Forest). Les paysages tourmentés et les créatures tentaculaires semblent citer l’univers de cauchemar d’un Giger, mais aussi la divine « Druuna » de Serpieri, où formes phalliques dressées côtoient des cavernes-vulves conduisant à une vérité cachée. Le masculin et le féminin s’affrontent, se combattent, se rejoignent. Enfin, dans le trait de Janevsky, on peut retrouver une touche de Moebius. Autant d’influences lourdes à porter, mais qui aboutissent à un travail personnel et passionnant à suivre sur près de 48 pages.

Cette année, Janevsky revient avec un nouveau projet, ‘LILITH‘. Un album en cours de réalisation et où nous retrouvons Sixella, toujours accompagnée du robot Iris, débarquant sur Eden 347 pour étudier « la reine », une créature tentaculaire. ‘Lilith’ sera une bande-dessinée érotique et de science-fiction de 144 pages, explorant plus en longueur l’univers présenté dans ‘Sixella‘. Pour aider à monter ce projet, une campagne de financement participatif est lancée sur la plateforme Ulule par l’éditeur La Musardine/Dynamite. Plusieurs contreparties sont proposées comme un ex-libris, une dédicace, et pour les plus fortunés des dessins ou des planches originales signés par l’auteur. Comme toutes les campagnes de crowdfunding, c’est l’occasion de pouvoir acquérir une édition exclusive même en ne choisissant que l’album puisque les paliers débloqués devraient y ajouter et pour tous les participants : cartes postales, marque-page, tranchefile et signet, et une jaquette réservée à Ulule. La sortie de ‘Lilith‘ est prévue pour octobre 2023 (délais de folie pour imprimer livres ou disques vinyles !). Ca se passe par ici :

https://fr.ulule.com/lilith-par-janevsky-edition-luxe

Un monde fou, fou, fou

Changement climatique.

Sommes-nous en automne ou au printemps ? Faut-il s’habiller ou se déshabiller ? On s’y perd.

S’attaquer à des oeuvres d’art ne change rien à l’affaire, bien au contraire, et participe à l’ensauvagement général.

Changement climatique donc (et tout le reste). Le mieux est de s’en remettre à la belle Anouchka, dont l’infinie sagesse illumine cette journée :

Le live du jour : « Aux cyclades électroniques »

Année 2001, Bertrand Burgalat et le groupe AS Dragon se réunissent sur scène pour jouer une sélection de titres, dont certains sont issus du premier album de Burgalat (‘The Sssound of Mmmusic’). Parmi eux, l’un des plus beaux morceaux du monde réinterprété en mode psyché : ‘Aux cyclades électroniques‘.

L’album, épuisé depuis longtemps, va enfin être réédité début décembre dans une édition double vinyle sur le label Tricatel. Présentation :

« Devenu introuvable en vinyle, il est aujourd’hui réédité et remasterisé, avec un texte de présentation de Philippe Manoeuvre. 21 ans après sa première publication, il n’a pas pris une ride. On y retrouve les reprises-hommages (« Follow Me », d’Amanda Lear, « Tears Of A Clown », de Smokey Robinson), et la version de « Easy Tiger », enregistrée au même moment pour Depeche Mode. »

Bertrand Burgalat : ‘Bertrand Burgalat meets A.S Dragon‘ 2LP est disponible en précommande chez Tricatel.

https://new.tricatel.com

Tammy aime un T-Rex !!!

Alerte météo ! Tammy, la cheerleader la plus populaire du lycée, aime un T-Rex. Horreur, stupéfaction et incompréhension de toute la communauté. Comment une telle relation contre-nature a-t-elle pu avoir lieu ? C’est ce que raconte ‘Tammy and the T-Rex‘, une comédie romantique, délirante et un peu gore signée Stewart Raffill. Un petit film bien barré de 1993, mettant en vedette la déjà brûlante Denise Richards (c’était un peu avant ‘Starship Troopers’ de Verhoeven et ‘Sexcrimes’) et le regretté Paul Walker (‘Fast and Furious’).

Tammy and the T-Rex‘ apparait clairement comme étant une oeuvre visionnaire, avant-gardiste avec son message écologiste en faveur du rapprochement des espèces. Car oui, ne vous déplaise MONsieur Spielberg ! , les dinosaures sont des êtres humains comme les autres et doivent être respectés comme tels.

Mais être trop en avance sur son temps n’est jamais très bon pour une oeuvre d’art. Ainsi, il semble que ‘Tammy and the T-Rex‘ ne soit jamais sorti en France. Un oubli cruel qui va enfin être réparé grâce aux gars de Pulse vidéo (bientôt et enfin le livre sur Marilyn Jess). Une campagne de financement participatif vient de démarrer sur la plateforme KissKissBankBank. Le film sera proposé en blu-ray (restauré aux USA par Vinegar Syndrome), avec des bonus sous-titrés, une jaquette réversible… Vous préférez Denise à ‘Simone’ ? Vous vous contrefichez de ‘Black Adam’ et ‘Black Panther 2’ ? Gens de bon goût voici pour vous une opportunité à ne pas rater :

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/tammy

Le son de la nuit : « The Night »

En matière d’électro qui tabasse et vous transporte, Depeche Mode sera attendu en 2023 avec leur prochain album ‘Memento Mori’ (sans le regretté Andrew Fletcher). Mais pour ce qui concerne 2022, ce sont bien les Norvégiens Röyksopp qui font l’évènement avec leur projet musical et visuel « Profound Mysteries ». Un projet décliné sous trois albums, dont le dernier est attendu pour le 18 novembre. Sur chacun des disques, on retrouve pratiquement les mêmes invités, à commencer par Alison Goldfrapp et sa voix de sirène qui, telle Edda Dell’Orso, vous envoûte pour ne plus vous lâcher. Comme sur le titre ‘The Night‘, extrait de ‘Profound Mysteries III‘, et qui s’apprécie particulièrement sous la lumière des étoiles. Montez le son :

« Your life
Is the real life
Your life
Is the real life

Moon
Ride
Slide
Silver when they fall »

Röyksopp : ‘Profound Mysteries I‘, ‘Profound Mysteries II‘ et ‘Profound Mysteries III‘ sont disponibles en téléchargement sur les plateformes dédiées ou à l’écoute gratuitement sur Youtube. Pour les supports physiques, les formats cd, cassette et vinyle sont attendus pour le 18 novembre, ainsi que deux coffrets regroupant les trois albums en 3CD et 6 vinyles.

Michael, Laurie et le mal

Une trilogie s’achève. ‘Halloween Ends‘ est sur les écrans de cinéma et vient rappeler ce qu’on peut obtenir en confiant une série de films à une même équipe : un travail cohérent. Le réalisateur David Gordon Green et son partenaire Danny McBride sont en effet parvenus à développer une nouvelle trilogie qui se tient, autour des personnages créés par John Carpenter et Debra Hill en 1978 (‘Halloween-la nuit des masques’). Un pari risqué et culotté (on efface le second volet ‘Halloween II’ de 1981 et on réécrit l’histoire du personnage de Laurie Strode !), mais qui contrairement à tant d’autres remakes est porté par une vision claire de ce qu’est le cinéma d’horreur.

On pourrait ajouter qu’il y a derrière le travail entrepris avec le ‘Halloween’ de 2018, puis ‘Halloween Kills’ (2021) et à présent ‘Halloween Ends’, une réflexion sur le cinéma de John Carpenter. Quelle est l’origine du « mal » ? Le mal peut être une menace venue de l’extérieur et qui plonge le groupe dans une lutte pour sa survie. Mais le danger peut également surgir de l’intérieur et menacer l’unité. Cette dualité est clairement citée au début du film lorsque ‘The Thing’ de Carpenter (1982) est diffusé à la télé un 31 octobre au soir. Plutôt que de juste réactualiser un succès du cinéma d’horreur, David Gordon Green a parfaitement révisé (et compris) ses classiques pour développer son propos en trois chapitres (il faut saluer le générique de début de chaque film, à la fois simple et génial, qui annonce le contenu). Il y a eu tout d’abord les retrouvailles avec le personnage de Laurie Strode qu’incarne magistralement Jamie Lee Curtis (belle année pour l’actrice après ‘Everything Everywhere All at Once’), ancienne victime et survivante du tueur en série Michael Myers, luttant avec ses démons intérieurs (la culpabilité du survivant) et pour protéger sa fille et sa petite-fille. Trois générations de femmes aux prises avec un monstre à la silhouette humaine, mais à la nature quasi surnaturelle. Le second volet s’intéressait au mal se propageant dans la population tel un virus (en plein covid-19 !). Et enfin, dans ce dernier film ‘Halloween Ends‘, le mal s’empare de victimes de violences. La cruauté de la vie peut laisser des cicatrices profondes. Toutes ne sont pas visibles à l’oeil nu. Certaines personnes essaient de se reconstruire, de se reconnecter à la vie. C’est le chemin de Laurie Strode avec sa petite-fille Allyson (Andi Matichak). Mais d’autres, plus jeunes ou plus pauvres, n’auront pas cette chance et risquent de basculer dans les ténèbres.

Dans cette nouvelle trilogie, la ville de Haddonfield tient une place importante. On nous montre les conséquences de la violence sur les gens. Un portrait d’une certaine Amérique loin des grandes cités qui rappelle ‘Twin Peaks’. C’est là le point fort du travail de David Gordon Green qui ne se limite pas à filmer des scènes de meurtres (le troisième film est bien corsé, mais moins sanglant que le second), mais s’intéresse aux habitants et leurs lieux de vie. Le réalisateur rappelle que la série B et le cinéma de genre, sous leurs meilleurs jours, n’ont pas besoin de centaines de millions de dollars pour proposer une réflexion sur le monde qui est le notre. Le genre permet de se divertir, sans pour autant débrancher son cerveau. Comme le montre le dernier plan du film. En quittant la salle de spectacle, les questions et les interprétations se bousculent dans la tête. C’est généralement bon signe. Mais chut… on n’en dira pas plus.

BONUS : pour rester dans le sujet, on ne saurait trop conseiller de découvrir le documentaire ‘L’intouchable Harvey Weinstein’, disponible en replay sur Arte.

Cinéma : « créer sa propre actu »

Parmi les critiques cinéma, Jean-Baptiste Thoret est un passeur extrêmement précieux. Quelqu’un qui connait le cinéma et ceux qui le font. Quelqu’un qui sait partager sa passion (en gros, le cinéma américain des années ’70 et le cinéma italien). Voici un entretien récent accordé à Ciné Forever où il répète une vérité qui fait toujours du bien à entendre : il n’y a pas de nouveaux films ou d’anciens films. Il n’y a que des films à voir.

Ecrivain, historien, musicien, réalisateur de documentaires et directeur de la collection vidéo « Make my day ! » chez Studio Canal, Jean-Baptiste Thoret a édité cette année deux pépites du cinéma italien : ‘Dellamorte Dellamore‘ (blu-ray+dvd) de Michele Soavi et ‘Le Grand Silence‘ (2blu-ray+4KUHD) de Sergio Corbucci. Des éditions où les quelques bonus proposés viennent enrichir l’expérience des spectateurs, en faisant appel à des intervenants de qualité tels que Christophe Gans sur le premier titre, et Olivier Père, Vincent Jourdan, Stéphane Lerouge, Alex Cox sur le second. On est très loin de l’habituel remplissage promotionnel de nombreuses éditions. Enfin, on retrouve également Thoret dans l’édition ultra collector du ‘Retour‘ (BR+dvd) de Hal Ashby, chez Carlotta, où il signe le livre ‘l’Esprit retrouvé’ sur ce réalisateur un peu oublié du Nouvel Hollywood. Espérons une prochaine édition de l’exceptionnel ‘Bienvenue, Mister Chance’ du même réalisateur, avec Peter Sellers et Shirley MacLaine.