Publié par : nico nsb | janvier 16, 2018

Son d’hiver : Anna Von Hausswolff

Anna Von Hausswolff - 2017-01

L’année dernière, alors que sortaient les nouveaux albums des divines sorcières du rock noir Chelsea Wolfe, Myrkur et Zola Jesus, un nom manquait. Celui de la Suédoise Anna Von Hausswolff. Bonne nouvelle, son LP ‘Dead Magic‘ est annoncé pour début mars. Voici un premier extrait :

L’album est en précommande un peu partout, mais le label berlinois City Slang le propose en CD ou vinyle signé par l’artiste et à prix très correct :

https://shop.cityslang.com/collections/anna-von-hausswolff

Anna Von Hausswolff - 2017-Dead Magic LP

Anna Von Hausswolff - 2017-02

Anna Von Hausswolff est interviewée et en couverture du nouveau New Noise :

Anna Von Hausswolff - 2017-New Noise 42

Chelsea Wolfe-Anna von Hausswolff-Myrkur 2016

Chelsea Wolfe, Anna Von Hausswolff et Myrkur

 

Publicités
Publié par : nico nsb | janvier 14, 2018

Adieu 2017, salut 2018 !

Twin Peaks-s3-09

     Après avoir digéré les excès de deux réveillons, puis encaissé une tempête trois étoiles (vent violent, orage et pluie forte), avec le retour au calme et un peu de recul on peut dressé un bilan de l’année passée. Avis totalement subjectif, évidemment. 2017 c’était d’abord un grand choc cinématographique, aussi bien esthétique que narratif, avec un objet inclassable : à la fois un film de 18 heures et une série télé. Il s’agit bien entendu de ‘Twin Peaks-the return‘ de David Lynch et Mark Frost. Quel choc d’avoir découvert les deux premiers épisodes/chapitres sur un grand écran et avec un son à la hauteur lors d’un festival du film ! Puis deux ou trois autres épisodes sur un écran beaucoup plus petit ont confirmé la forte impression provoquée par ce nouveau Twin Peaks, expérience inédite et déroutante. David Lynch est un artiste qui donne envie de se déplacer en salle, d’aimer le cinéma. Le cinéma c’est en salle, pas sur Netflix bordel ! Il a compris que pour le spectateur le Mystère marche avec le Désir. « Fire Walk With Me !!! » Pour lire de bons papiers sur le retour de l’agent spécial Dale Cooper, il fallait se tourner vers les Cahiers du Cinéma qui ont publié des textes passionnants, ainsi qu’un long entretien avec Lynch dans le numéro de fin d’année. Vivement la sortie du coffret blu-ray au printemps.

Planet Terror - rose mcgowan-01

Autre choc, celui du scandale Weinstein qui a « libéré la parole » comme on dit. Un séisme puissant qui n’en finit pas de secouer Hollywood. Une hypocrisie qui éclate au grand jour en éclaboussant tout le monde grâce aux tirs nourris d’actrices qui ne veulent plus se taire devant les riches et les puissants, telles Rose McGowan et Asia Argento. Des femmes blessées mais aussi des guerrières qui entendent bien répondre coups pour coups, même si on ne les nommera jamais pour présider le prochain Festival de Cannes. Pas grave, on s’en fout et en plus c’est la famille de Machete ! Mais le problème vient avec la récupération de certaines associations féministes et lorsque les réseaux sociaux sans filtre dérapent. On a ainsi pu entendre, entre autres horreurs, une attaque bien ciblée contre le porno comme responsable des viols et d’agressions. Prochains coupables tous désignés : les jeux vidéo, les films d’horreur, le metal, le rap, les bébés phoques… Les usual suspects. Le puritanisme se porte très bien aujourd’hui puisqu’il suffit de prétendre défendre les enfants, les femmes, les valeurs familiales ou n’importe quelle catégorie de la population pour se sentir légitime et représentatif, et donc apte à dénoncer voire appeler à la censure. Le secret du succès est ancien, toujours le même, à savoir faire beaucoup de bruit, occuper l’espace médiatique. Pendant ce temps et étrangement, c’est le calme plat dans le petit milieu du cinéma français… Tout va bien, rien à signaler ?

Asia Argento - 01

Enfin, l’année 2017 aura prouvé de manière stupéfiante que Hollywood ne sait plus quoi raconter dans ses blockbusters. Les films n’ont jamais couté aussi chers, et pourtant les scénarios sont terriblement pauvres ! « Where is the money ? » Dans les effets spéciaux, dans le salaire des stars et de leurs agents, chez les producteurs mais certainement pas chez les scénaristes. De ‘Justice League‘ à ‘Alien:Covenant‘, c’est un gros bordel. Même les ‘Derniers Jedi‘ parviennent à égratigner la magie ‘Star Wars’ ! ‘Le Réveil de la Force’ et ‘Rogue One’ étaient certes classiques mais beaucoup moins prétentieux et avaient des personnages attachants. Parce que Rose et Finn… comment dire, c’est pas vraiment ça. Du coup, qui a envie de voir un épisode IX ? Bon courage JJ Abrams.

DF-04015.DNG

Mine de rien, parmi les meilleurs films découverts au cinéma en 2017 (salles et festivals), on pouvait trouver malgré tout deux films de super-héros : ‘Logan‘ et ‘Jupiter’s Moon/La Lune de Jupiter‘. Comme quoi un miracle peut se produire, même au sein d’un genre surexploité. Les meilleurs donc, sans classement scolaire : ‘Quelques Minutes après Minuit‘, ‘Un Jour dans la vie de Billy Lynn‘, ‘Logan‘, ‘Loving‘, ‘John Wick : chapitre 2‘, ‘Bad Lieutenant : escale à la Nouvelle-Orléans‘ (2010), ‘Impitoyable‘ (1992), ‘Twin Peaks-the return‘, ‘Jupiter’s Moon‘ et ‘Dunkerque‘.

Mais le cinéma étant particulièrement généreux, on ne saurait oublier d’autres belles pépites telles que : ‘LaLaLand’, ‘Jackie’, ‘A Cure for Life’, ‘The Lost City of Z’, ‘Avant que nous disparaissions’, ‘How to talk to girls at parties’, ‘Directions/Taxi Sofia’, ‘Entre deux rives’, ‘Baby Driver’, ‘Seven Sisters’, ‘Pris au piège’ et ‘Coco’. Et un premier film : ‘Grave’.

Seven Sisters - 01

Des visages marquants sur grand écran : Hugh Jackman et Dafne Keen dans le déchirant ‘Logan’. Sept fois Noomi Rapace dans ‘Seven Sisters’. Juliette Binoche dans ‘Un beau soleil intérieur’. Keanu Reeves dans ‘John Wick 2’. Nicolas Cage dans le ‘Bad Lieutenant’ de Herzog. Clint Eastwood en vrai (grand moment) et sur l’écran avec la copie restaurée cannoise de ‘Impitoyable’. Tout le casting de la saison 3 de ‘Twin Peaks‘. Les freaks de ‘Kuso‘. Natalie Portman dans ‘Jackie’. Louis Garrel en Godard plus vrai que nature dans ‘le Redoutable’. Et Mark Hamill brandissant une dernière fois le sabre laser dans ‘Star Wars-Episode VIII:les Derniers Jedi’.

Star Wars-the last jedi-luke-01

Alien - 01

Hommage aux disparus avec quelques noms : John Hurt et Harry Dean Stanton (deux passagers de l’USCSS Nostromo), Radley Metzger, Luis Bacalov, Jean Rochefort, Jeanne Moreau, Alain Jessua, Mireille Darc, Sam Shepard, Martin Landau, George A. Romero, Tobe Hooper, Roger Moore, Miguel Ferrer, Chuck Berry, Johnny… Du beau monde et de grosses pertes pour le cinéma et la musique.

Asia Argento-George Romero-01

Johnny To-Johnny Hallyday-Anthony Wong

Un éditeur vidéo : toutes les madames Soleil du marché de la vidéo proclament la mort du support (c’était le cas du vinyle il y a quelques années…), n’empêche que des petits éditeurs entretiennent la flamme en sortant de belles éditions, comme par exemple le Chat qui Fume qui s’est investi dans la haute définition depuis quelques temps, proposant de belles copies sur des blu-rays bardés de bonus produits spécialement pour l’occasion, avec parfois un livret et/ou un CD, alors que d’autres (gros) éditeurs ne prennent même pas la peine de sous-titrer leurs commentaires audios. 2018 s’annonce copieux chez le Chat, mais aussi chez ses confrères tels Artus Films, The Ecstasy of Films… Et pendant qu’on parle vidéo et bonnes résolutions, il va falloir prendre le temps de découvrir le travail du Français Greg Lansky. Installé en Californie, le gars apporte de la nouveauté et de la fraicheur dans le porno via ses labels Vixen, Tushy et Blacked avec de jolies filles au physique de mannequin non retouché, une lumière et un cadre travaillés et des décors sobres mais chics. Et ça marche. L’occasion de mettre un visage… et un corps sur les noms des charmantes Kendra Sunderland, Jillian Janson et August Ames.

Le Retour des morts-vivants - BR+dvd

Blacked - Kendra Sunderland-01

Depeche Mode - 2017-01

Rayon musique, 2017 nous aura bien gâté avec Depeche Mode, Nine Inch Nails, Myrkur, Chelsea Wolfe, Zola Jesus, DJ Krush, la découverte d’Alexandra Savior, les reprises de John Carpenter par lui-même et son groupe, un gros live d’Iggy Pop au Royal Albert Hall de Londres… et plein d’autres bonnes choses. Et dans les bandes originales de films, entre les inédits et les rééditions on pouvait retrouver encore du Twin Peaks !

Mais le son idéal pour faire la transition entre 2017 et 2018, c’est bien David Bowie et son « I’m afraid of Americans«  produit par Nine Inch Nails. Ce morceau reste d’actualité.

Comme de coutume, une excellente année à tous les visiteurs de passage sur ce blog, que vous soyez de ce monde… ou d’un autre.

Twin Peaks - 01

Publié par : nico nsb | décembre 29, 2017

Beau livre : Lucio Fulci ‘Beyond Terror’

Fab Press - Beyond Terror-01

     Lancée il y a plusieurs mois par une campagne de financement participatif qui rencontra un succès rapide et énorme, la réédition augmentée de ‘Beyond Terror-the films of Lucio Fulci‘ vient enfin d’aboutir. Un gros pavé de plus de 2kg est arrivé chez les heureux contributeurs, avec ses 440 pages bourrées de textes et d’illustrations (photos, affiches) en noir et blanc et en couleur. L’éditeur anglais FAB Press signe là son plus gros projet. En effet, l’édition limitée de ‘Beyond Terror’ est un livre à la couverture cartonnée/hardcover, avec une couverture alternative, accompagné d’un dvd (+livret) exclusif de toutes les bandes-annonces des films de Lucio Fulci. Le tout est glissé dans un magnifique coffret à fermeture magnétique reprenant l’aspect du livre d’Eibon, tel qu’il apparaissait dans le film ‘L’Au-Delà’. Et comme pour tous les projets du genre, il y a des contributions supplémentaires selon le palier choisi (signature de l’auteur, jeu de cartes, fanzine, poster, badge…).

Beyond Terror‘ est une étude de l’oeuvre du cinéaste italien Lucio Fulci que l’on doit à l’historien du cinéma Stephen Thrower, qui publia en 2015 un autre travail monumental sur Jess Franco, ‘Murderous Passions’ (bientôt le volume 2 ?). Le livre débute par une longue introduction d’Antonella Fulci, fille de Lucio. Puis Stephen Thrower attaque son sujet en le découpant en chapitres/thèmes (les comédies, le giallo, le gothique, la musique…), où sont analysés tous les films du maître. Une exploration en profondeur d’une oeuvre qu’on tend parfois à réduire au cinéma d’horreur. En fin d’ouvrage, un appendice ajoute un texte sur les rapports compliqués entre les films de Fulci et la BBFC (comité de classification/censure britannique, l’équivalent du CNC français), ainsi qu’un entretien exclusif de 8 pages avec Lucio Fulci réalisé en 1994.

L’édition standard doit sortir début janvier, mais quelques exemplaires restants de cette Limited Edition Book seront mis en vente par FAB Press très prochainement. Le mieux est de suivre leur page facebook et leur site. Mais assez de bavardage, la preuve en images :

https://www.fabpress.com

IMG_4165

IMG_4166

IMG_4168

IMG_4169

IMG_4170

IMG_4172

IMG_4173

IMG_4174

IMG_4176

Publié par : nico nsb | décembre 10, 2017

Le son de la nuit : Cosey Fanni Tutti

Cosey Fanni Tutti - 01

Cosey Fanni Tutti a publié en avril une autobiographie, ‘Art Sex Music’, où elle revient sur son parcours où se mêlent la vie et l’art. En cette fin d’année, elle sort un album vinyle : ‘Time to tell‘.

Cosey Fanni Tutti - Time To Tell-Clear Vinyl

Au tournant des années ’70/’80, entre les albums de Throbbing Gristle et ceux de Carter Tutti, Chris & Cosey ou X-TG, Cosey Fanni Tutti s’impliqua dans l’industrie du sexe (striptease, photos, films). En tant que modèle, actrice ou danseuse elle explorait alors son identité, tout en interrogeant le regard des hommes sur les femmes. De cette expérience, Cosey tira un témoignage qu’elle partagea lors de lectures dans des universités anglaises. Puis elle donna à ce vécu une forme musicale, un album solo, ‘Time to tell‘, paru en 1983 en cassette audio accompagnée d’un livret en noir et blanc. Devenu introuvable, cet album est aujourd’hui réédité et sort, pour la première fois, en vinyle. Il s’agit d’une musique ambient, aux pulsations électroniques accompagnées de collages (extraits de lectures, bruits). Ce travail d’enquête sur le monde du sexe dura six ans, et rappelle la démarche de l’actrice/musicienne Sasha Grey. Pas étonnant que ces deux femmes aient sympathisé et soient devenues amies.

Cosey Fanni Tutti - Time To Tell-Clear Vinyl-2

Time to tell‘ est disponible en téléchargement et en disque vinyle 3 titres dans une version légèrement remontée pour tenir sur les deux faces. Son dynamique et pressage sans faute. Pochette ouvrante avec nom et titres frappés à la feuille d’or (recto et verso), contenant un livret de 16 pages proposant des textes et de nombreuses photos n&b et couleurs (performances, nus, portraits) retraçant cette période de l’artiste.

A noter que le label Mute records vient de rééditer, également en vinyle, les albums de Throbbing Gristle.

Cosey Fanni Tutti - Time To Tell-Clear Vinyl-3

Cosey Fanni Tutti - 02

Cosey Fanni Tutti - 03

Cosey Fanni Tutti - Art Sex Music

Publié par : nico nsb | décembre 1, 2017

Le son de la nuit : DJ Krush ‘Kiseki’

DJ Krush - 2017-04

Le maître des platines DJ KRUSH est de retour, avec un album 100% japonais puisqu’il s’est entouré d’une équipe de rappeurs de l’archipel. Une production très orientée hip-hop avec des beats bien lourds, après les influences jazz du précédent ‘Butterfly Effect‘ (2015), qui marque un retour aux origines.

DJ Krush - Kiseki-2LP

Kiseki‘ (« miracle ») est sorti au Japon au début de l’été, et depuis quelques jours en Europe et dans le reste du monde. Une très belle édition limitée (ainsi que deux t-shirts) que l’on doit au label anglais Gamma Proforma. La pochette est réalisée par le graffeur sheOne et contient deux disques vinyles (+téléchargement) : les versions originales sur la première galette, et les instrumentaux sur la seconde. Dans un cas comme dans l’autre, on apprécie toujours la richesse du travail de Krush, producteur remarquable qui ne déçoit jamais depuis qu’on l’a découvert dans les années ’90 sur le label Mo’Wax. Les années passent, mais Krush reste une valeur musicale sûre. Beaucoup ne peuvent pas en dire autant (n’est-ce pas Shadow…).

Pressage impeccable. Gros son sur la platine !

gammaproforma.com

 

DJ Krush - 2017-03

DJ Krush - Kiseki-Tshirt-01

DJ Krush - Kiseki-Tshirt-02

Superman-moustache

Triste époque que la notre où même le super-héros le plus populaire n’a pas le droit d’afficher fièrement une élégante pilosité faciale. Malgré les protestations de Clark Kent, l’homme d’acier doit se plier aux caprices de ses employeurs. Enlève ta moustache, Superman !

Ce constat terrible s’ajoute à d’autres réformes pourtant dénoncées et combattues, comme l’obligation pour les héros et autres mutants de porter une combinaison intégrale qui vous gratte méchamment les couilles à la place d’une confortable culotte (essayez pour voir). Irritation testiculaire qui augmente par voie de conséquence le réchauffement climatique et provoque le rire des passants tandis que vous attendez votre bus. Sans parler de la pénurie de beurre talc dans les grandes surfaces. #ViveLePoil, vive le slip !

O.L.A.

Justice League xxx - 02

Justice League xxx - 01

Justice League of pornstar heroes - 01

Publié par : nico nsb | octobre 19, 2017

Playlist d’automne

Myrkur-Chelsea Wolfe - 2016

(Chelsea Wolfe & Myrkur)

     Changement de saison, il faut donc prendre des vitamines pour se préparer à l’hiver. De l’énergie pure pour le corps, le coeur et l’esprit, disponible en téléchargement, CD ou de préférence en vinyle. On commence avec trois divines sorcières : Myrkur, Zola Jesus et Chelsea Wolfe.

Myrkur - Mareridt-deluxe 2LP

La Danoise Amalie Bruun alias Myrkur propose ‘Mareridt‘ (« cauchemar »), nouvel album qui développe son univers musical hybride entre black metal, musique traditionnelle et chants folkloriques. Sa voix est aussi à l’aise dans les mélodies que dans les cris terrifiants, tandis que les guitares cohabitent sans problème avec les cordes et les choeurs féminins. Célébration magistrale de la mère nature plutôt que des religions, de la beauté et du chaos du monde, signée d’une artiste qui semble avoir tous les dons puisqu’également multi-instrumentiste ! Myrkur invite sur un titre une autre prêtresse de l’ombre, l’Américaine Chelsea Wolfe que l’on retrouve d’ailleurs sur un second titre dans la version deluxe de l’album (pochette alternative et 5 titres bonus).

Myrkur - 2017-02

Myrkur - 2017-03

Myrkur - 2017-Chelsea Wolfe

Zola Jesus - Okovi-LP

Traversons les eaux froides de l’Atlantique pour aborder les paysages sonores tourmentés de l’Américaine Nika Roza Danilova aka Zola Jesus. Si son chant semble s’élever haut et loin, l’album ‘Okovi‘ est sombre et exprime une souffrance. Il est question d’un retour aux sources (la campagne du Wisconsin), à la famille et du rapport à la féminité. Une lutte avec ses propres démons marquée par des rythmiques lourdes, des claviers ou accompagnée de cordes. Sans négliger la musique, la voix occupe souvent la première place : elle porte l’émotion et permet une libération. Très bel album et peut-être le mieux maîtrisé de Zola Jesus. Le clip du single ‘Exhumed‘ est très inspiré du cinéma d’horreur japonais, et plus particulièrement le ‘Ringu/Ring’ de Hideo Nakata (1998).

Zola Jesus - 2017-02

Chelsea Wolfe - 2017

Etats-Unis toujours, impossible de faire l’impasse sur ‘Hiss Spun‘ de Chelsea Wolfe où les guitares se déchaînent comme jamais. La batterie est plus prononcée aussi. Ne pas se fier à la voix tantôt fragile, tantôt plus affirmée de la miss : la colère gronde. Là aussi il est question de frustrations et de déceptions de femme qui s’expriment par un son agressif, et en interview Chelsea Wolfe parle clairement de son envie d’être plus frontale en live. « C’est bien plus amusant de jouer du rock. Je préfère désormais être plus agressive que vulnérable. » Une découverte sur scène s’impose, tout comme pour ses consoeurs Myrkur et Zola Jesus. Entretiens à lire dans le numéro 40 de New Noise France.

Chelsea Wolfe - 2017-01

Twin Peaks - s3-LP2

     L’évènement cinéma de l’année est peut-être bien le retour surprenant… d’une série TV ! ‘Twin Peaks : the return‘, de ce qu’on peut en lire et de ce qu’on a pu en voir (une poignée d’épisodes seulement, vivement le coffret blu-ray) ne cesse de dérouter et de passionner. La saison 3 de David Lynch et Mark Frost a droit à deux albums CD/vinyle (la Fnac édite des éditions limitées couleurs) où l’on retrouve les musiques d’Angelo Badalamenti ainsi que toutes les chansons qui se succèdent sur la scène du Bang Bang Bar. Au programme : Chromatics, David Lynch, Nine Inch Nails, Rebekah del Rio, Booker T & the MG’s, Otis Redding, ZZTop, Eddie Vedder… et Julee Cruise.

Twin Peaks - s3-LP1

 

John Carpenter - Anthology LP

     Musiques de films toujours avec une compilation des thèmes principaux de John Carpenter, repris par lui-même et son groupe. ‘Anthology : movie themes 1974-1998‘, disponible en CD ou vinyle+45t, comprend donc des extraits des films ‘New York 1997’, ‘The Fog’, ‘Dark Star’ (sympa comme titre…), ‘Christine’, ‘The Thing’ (composé par Ennio Morricone, mais qui sonne très Carpenter), ‘Halloween’… Imparable.

 

John Carpenter - 2017-band-01

Et à propos de Big John, son célèbre thème principal de ‘Halloween‘ vient d’être revisité par Trent Reznor et Atticus Ross. Carpenter vs NIN !

 

     Un petit clip pour la route avec ce bon Marilyn Manson (extrait de son nouvel album ‘Heaven Upside Down‘), toujours efficace pour jouer les épouvantails d’une Amérique puritaine et armée :

 

Hellraiser_7inchBoxSet

     Et puisque nous sommes aux portes des enfers, autant les ouvrir en grand avec la bande originale du film ‘Hellraiser‘ (1987), réalisé par Clive Barker et musique composée par Christopher Young. La BOF bénéficie d’un nouveau master et ressort en vinyle. Disponible dans plusieurs éditions : un vinyle rouge chez Lakeshore records, un autre disque chez Mondo/Death Waltz et enfin, toujours chez Mondo/DW, carrément un petit coffret en bois inspiré du cube des Cénobites et contenant six 45t/7″ ! Cher et beau sans aucun doute.

Hellraiser_BoxSet_Insert_1_1024x1024

Hellraiser_BoxSet_Insert2_1024x1024

Hellraiser_LP (Mondo edition)

Hellraiser_LP (Lakeshore edition)

 Chelsea Wolfe - 2017-02

Myrkur - 2017-NewNoiseMagazine-Issue35

Myrkur - 2017-CloseUpMagazine

Publié par : nico nsb | octobre 8, 2017

Blade Runner, une suite ?

Blade Runner 2049 - 05

     Vouloir revisiter un film culte, sous la forme d’un remake ou d’une suite, a tout de l’opération suicide. Pourtant, le cinéaste Denis Villeneuve a su relever ce pari impossible. Son ‘Blade Runner 2049‘ est sans doute la meilleure suite possible au film de Ridley Scott. Les images et la lumière du chef op’ Roger Deakins, le scénario de Hampton Fancher et Michael Green, la musique, le son, les décors, les costumes, accessoires, coiffures, maquillages, effets spéciaux… et les comédiens bien sûr, tout ces choix sont dignes de la qualité du film original qui n’est rien moins qu’un chef d’oeuvre de la science-fiction. A plusieurs reprises on a envie de faire un arrêt sur image pendant la séance, afin de promener son regard dans tous les coins de l’image.

BLADE RUNNER 2049

Et cependant, malgré ce niveau d’excellence, on ne peut s’empêcher de penser « une suite était-elle nécessaire ? ». En lisant les interviews de l’équipe du film dans l’Ecran Fantastique d’octobre (réal’, scénaristes et Ryan Gosling), Denis Villeneuve répète à plusieurs reprises le mot « rêve » à propos du ‘Blade Runner‘ de 1982. Vision cauchemardesque d’un futur possible traitée de manière onirique. Ce monde fabuleux et effrayant ressemble effectivement à un songe où la ville, monstrueuse, est filmée comme une forêt mystérieuse de conte de fée. La bande son renforce ce sentiment d’irréel. Cette magie, on la perd un peu avec ‘Blade Runner 2049‘ malgré la meilleure volonté de ses auteurs. L’atmosphère mélancolique est bien là, mais on l’a déjà éprouvé dans le film de Ridley Scott et avec Villeneuve il y a comme un goût de réchauffé : c’est bien mais moins fort que la première fois. La nostalgie du spectateur est utilisée également (on retrouve un Deckard/Harrison Ford vieilli, tout comme d’autres informations), un procédé qui tend à se répéter aujourd’hui à Hollywood. On ne peut pas rejouer indéfiniment avec les mêmes émotions (voir la scène finale). L’entropie est à l’oeuvre. Ironie vertigineuse, ce phénomène d’usure est justement au coeur de l’oeuvre de Philip K. Dick. Il l’avait mis à jour dans plusieurs roman (‘Ubik’, ‘Le Maître du Haut Château’, ‘Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques/Blade Runner’, ‘Coulez mes larmes, dit le policier’, ‘Substance Mort’…). Quoi qu’on fasse, malgré les moyens alloués et toute l’énergie dépensée, quelque chose est à l’oeuvre et cet univers finit par se dérégler. Nous vivons bien dans un monde dickien : notre réalité a été contaminée par l’imaginaire tourmenté d’un auteur paranoïaque qui écrivait de la SF dans la Californie des années ’50/’60/’70.

 

Blade Runner 2049 - 04

BLADE RUNNER 2049

Blade Runner 2049 - 03

 

Publié par : nico nsb | septembre 25, 2017

Un Etrange Festival 2017

IMG_4061

Du 6 au 17 septembre avait lieu la 23e édition de l’Etrange Festival. L’occasion de se faire une cure de films pas comme les autres le temps d’un week-end parisien. On y trouve vraiment de tout et pour tous les goûts.

http://www.etrangefestival.com/2017/fr

Liberation Day - 01

Du documentaire, il y en a, comme par exemple ‘Libération Day‘ qui suit le groupe slovène (ex-Yougoslavie) Laibach tentant de mettre un place un concert en… Corée du Nord ! Ce groupe est connu pour reprendre l’esthétique martiale des régimes totalitaires, au point que certains critiques l’ont carrément qualifié de groupe nazi. Les musiciens et l’équipe technique doivent lutter pied à pied avec les délégués du régime de Pyongyang afin de préserver leur démarche artistique. Finalement le concert aura bien lieu, devant plus d’une centaine de Nord-Coréens assez stupéfaits et ne débordants pas vraiment d’enthousiasme. Pari réussi pour le groupe, mais vue l’actualité on peut s’interroger sur l’intérêt d’une telle entreprise : qui manipule qui au final ? Le miroir tendu aux régimes totalitaires ne fonctionne pas entièrement car le procédé est connu et ne surprend plus personne, même les sujets de Kim Jung-un.

Liberation Day - affiche

Pris au piège - affiche

Du côté de l’Espagne, le dernier film d’Alex de la Iglesia (avant le prochain déjà en préparation), ‘Pris au piège/El Bar’, mérite amplement une diffusion dans les salles. Ce n’est pas le cas de la France où le distributeur préfère une sortie en VOD et blu ray/dvd, mais une séance spéciale à l’EF permet de découvrir ce film fou sur un grand écran. Madrid, un bar de quartier. Quelques clients se retrouvent coincés alors que le chaos s’installe à l’extérieur. Fusillade meurtrière, suivi d’une étrange épidémie. Quand la peur, puis la paranoïa s’installent, les démons intérieurs de chacun se réveillent et c’est le verni de la société qui part en morceaux. Un régal et petit coup de coeur de ce festival ! Avec notamment la ravissante Blanca Suarez.

null

Pris au piège - 02

Fluido - 01

La Taïwanaise Shu Lea Cheang est de retour avec ‘Fluido‘, film expérimental/SF/porno. Tout comme avec son précédent ‘I.K.U.(Orgasme)‘ (2000), la réalisatrice met en place une ambiance inspirée de ‘Blade Runner’ pour enchaîner des scènes et installations artistico-érotiques. Dans cet univers dystopique, les contacts charnels sont prohibés par une police des moeurs et les fluides corporels (sperme et cyprine) ont remplacé la cocaïne. L’histoire n’est qu’un prétexte pour monter des scènes de masturbations masculines et féminines. Et des jets d’urine sur un mur. ‘Fluido‘ est un manifeste lesbien et gay qui reprend exactement les mêmes procédés que ‘I.K.U.’, mais en remplaçant les rouges par des tons plus clairs. Et là aussi, ce qui pouvait faire un court métrage original et engagé, devient vite ennuyeux en adoptant le format d’un long métrage. D’autant plus que ce discours/essai s’adresse principalement à une communauté, où les hétéros sont absents voire assimilés  au « pouvoir totalitaire » de service.

Death Row Family - poster

Death Row Family‘ de Yuki Kobayashi raconte la déchéance d’une famille de yakuzas, des petits délinquants réduits à commettre des cambriolages pour payer leurs dettes et des crimes crapuleux. Seulement le vol ne rapporte plus rien et tuer, comme disait Hitchcock, est un acte long et difficile. Le film oscille entre drame et comédie, pas désagréable, mais vite oublié.

Replace - affiche

Replace‘ de Norbert Keil est l’histoire d’une jeune femme atteinte d’un vieillissement accéléré de la peau. De plus sa mémoire lui fait défaut, le présent et peut-être le passé se mélangent. Ca fait beaucoup pour une seule personne. Le scénario (de Richard Stanley) a tendance à multiplier les pistes et les thèmes, sans les développer. Le montage lui embrouille un peu l’histoire, mais la révélation finale viendra éclaircir tout ça. L’angoisse de rester jeune et belle se mue en film d’horreur corporelle, quand la victime découvre un moyen de conserver son apparence. Empruntant les mêmes pas que le jeune David Cronenberg, le réalisateur filme une jeune actrice talentueuse (Rebecca Forsythe) mais se croit obligé de surligner l’horreur à grand coup d’effets sonores : les basses sont poussées à fond sur toute la durée du film. Ce qui a pour effet de casser toute émotion ! On retiendra surtout la présence de Barbara Crampton (‘Re-Animator’, ‘The Lords of Salem’…) dans un rôle de médecin.

Ugly Nasty People - affiche

Ugly Nasty People/Brutti e Cattivi‘ de Cosimo Gomez succède à ‘On l’appelle Jeeg Robot’. Même (excellent) comédien principal Claudio Santamaria et même goût pour le cinéma de genre italien, avec cette touche de vulgarité qui faisait le régale de ce cinéma dans les années ’60-’70. Ici un gang de petites frappes uniquement composé d’handicapés prépare un gros coup sensé leur garantir une vie de rêve avec filles et villa de luxe. Mais il vaut mieux se méfier de ce genre de rêves, surtout ceux avec une « piscine sans clore, mais avec un filtrage d’eau« . Très bon moment de récréation, entre humour et action !

La Honte de la Jungle - affiche

Récréation encore avec ‘Tarzoon, la honte de la jungle‘ (1975). Film d’animation de Picha et Boris Szulzinger, pas vraiment pour enfants, parodiant les « Tarzan » avec un humour hara-kiri, à la fois cul et débile.

Thelma - affiche

Thelma‘ de Joachim Trier est un film fantastique qui réussit tout ce que ‘Replace‘ loupait. Douceur et sensibilité dans le traitement de son personnage principal. Le film raconte l’entrée dans la vie universitaire d’une étudiante,  loin de son village, et la découverte de sa sexualité. Mais Thelma (Eili Harboe, parfaite) est victime de crises épileptiques. Une forte émotion et la voila sujette à des convulsions qui ont aussi un impact sur son environnement… ‘Thelma‘ est un peu la petite fille de la ‘Carrie’ de De Palma. En général, religion et sexe ne font pas bon ménage. Ils font par contre d’intéressants films fantastiques et celui-ci, sans révolutionner le genre, fait parfaitement le boulot.

Thelma - 01

9 Doigts - affiche

Il semble que chaque festival se doit d’avoir sa carte auteurisante. C’est le cas de Cannes et d’autres. Et l’Etrange Festival propose cette année ‘9 Doigts‘ de F.J. Ossang racontant laborieusement le voyage d’un gang de cambrioleurs sur un cargo. On retrouve la même esthétique que ses précédents films (‘Le trésor des îles chiennes’…), à savoir un beau noir et blanc filmé en pellicule pour obtenir ce grain d’image si particulier, le même fétichisme pour les lunettes noires, les décors rouillés et une bande son industrielle. Mais aussi un même scénario incompréhensible, des dialogues très écrits à coup de citations et de réflexions sur la Révolution et des comédiens dans l’ensemble tous particulièrement mauvais (seul Pascal Gregory arrive à s’en sortir). On peut qualifier ce cinéma de poésie, d’art romantique punk. Ca n’en fait pas moins une expérience pénible, chiante et prétentieuse.

Kuso - affiche

Court séjour parisien et donc pas mal de films loupés comme ‘Les Garçons Sauvages‘ de Bertrand Mandico (un nom dont on entend beaucoup parler et un univers à découvrir, en espérant que ça en vaille la peine), ‘Tokyo Vampire Hotel‘ de Sono Sion, le coréen ‘The Villainess‘, ‘The Misandrists‘ de Bruce LaBruce ou ‘Kodoku : Meatball Machine‘ du fou furieux Yoshihiro Nishimura. D’autres ont déjà été diffusés et vus à Cannes (‘Jupiter’s Moon‘ et ‘Avant que nous disparaissions‘, tous les deux très réussis). Il fallait terminer ce festival en beauté et c’est le cas avec le feu d’artifice scatologique ‘Kuso‘ (« merde » en japonais) du musicien californien Flying Lotus (parent de John et Alice Coltrane) découvert sur le label Warp. Soit la rencontre entre W.S. Burroughs et l’art vidéo, dans l’Amérique chaotique de Trump où la population est touchée par d’affreuses maladies de peau et patauge dans des liquides corporels peu ragoûtants. Il ne manque que l’odeur dans ce genre d’expérience incroyable sur grand écran. Un délire visuel pour spectateurs avertis, une avalanche grotesque hilarante et écoeurante, qui sous la forme d’un zapping télévisuel nous plonge dans des univers totalement différents qui s’entrechoquent. On passe ainsi d’un couple d’Afro-Américains adeptes de la strangulation à un conte de fée étrange et inquiétant, puis à un médecin (l’un des rois du funk, George Clinton) traitant toutes les phobies au moyen d’une thérapie bien particulière… Entre ‘le Festin Nu’ et ses visions de cauchemars assaisonnées d’un humour effroyable, à un délire non sensique proche des Monty Pythons, le spectateur ne sait à quoi s’attendre. Le sens de tout ce déferlement visuel et sonore (musiques électroniques d’Aphex Twin et jazz) fait défaut. On essaie de s’accrocher à quelque chose, en vain. Le mieux est de se laisser glisser et de plonger dans le grand bain la tête la première. Dans le genre film expérimental, il y avait ‘Fluido‘ et il y a ‘Kuso‘. Quitte à se passer d’histoire, autant le faire dans la joie, l’horreur et la bonne humeur et ‘Kuso‘ s’y vautre totalement ! A recommander aux fans de David Lynch (esprits cartésiens s’abstenir). Après cette ultime séance, il est temps de manger un morceau. Qui a encore faim ?

Kuso - 05

Kuso - 08

Kuso - 02

Kuso - 01

Kuso - 06

Kuso - 04

Publié par : nico nsb | septembre 4, 2017

Quelques films d’été (suite et fin)

Seven Sisters - 01

     L’été se termine doucement et on constate que l’actualité cinéma propose de beaux rôles féminins. Comme par exemple dans ‘Seven Sisters‘ où Noomi Rapace interprète sept soeurs jumelles dans un univers dystopique très proche du notre. Dans une grande ville d’Europe de l’ouest, la surpopulation mondiale et la diminution des ressources naturelles ont nécessité un contrôle drastique des naissances. C’est dans ce monde ultra-contrôlé et connecté que sept petites filles ont cependant pu grandir dans le secret. Chacune porte comme prénom un jour de la semaine, et elles sortent de leur appartement le jour qui leur est attribué en endossant l’identité unique de Karen Settman. Arrivées à l’âge adulte, ce mode de vie devient de plus en plus difficile à supporter. Jusqu’au jour où Lundi, la première soeur, ne rentre pas à la maison et disparait sans laisser de trace… Le réalisateur norvégien Tommy Wirkola avait signé jusqu’ici des films tels que ‘Dead Snow 1 & 2’ ou ‘Hansel & Gretel : witch hunters’. Rien d’excitant, autant dire que son nouveau film n’annonçait rien de renversant. Et contre toute attente, ‘Seven Sisters‘ se révèle être une excellente surprise grâce à son scénario bien construit, un ton adulte qui n’hésite pas à verser dans la cruauté quand l’histoire l’exige, son univers de science-fiction européen (ça change des mégapoles américaines ou asiatiques), son casting sans faute (Glenn Close et Willem Dafoe notamment), et une mise en scène qui prend le temps de filmer ses personnages et le cadre où ils évoluent (pas de montage épileptique). Et surtout, surtout : Noomi Rapace est tout simplement bluffante ! Alors qu’on pouvait s’attendre à une performance d’actrice, elle réussit en fait à donner vie et émotion à chacune des soeurs, leur conférant une personnalité propre et confirmant une fois de plus l’étendue de son jeu. Le film reprend ainsi l’idée d’un clip des Rolling Stones, ‘Doom and Gloom‘, où l’actrice jouait déjà plusieurs personnages. Voila de quoi patienter tranquillement jusqu’à ‘Blade Runner 2049’.

(Message personnel : Ridley, en supprimant le personnage de Noomi Rapace de ton ‘Alien Covenant’, tu as fait une grosse connerie. Oui, une de plus.)

Seven Sisters - affiche

Seven Sisters - 06

Seven Sisters - 03

Seven Sisters - 02

Jeannette - 06

     Le nouveau film de Bruno Dumont, ‘Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc‘, sort en salle ces jours-ci mais était diffusé sur Arte la semaine dernière. Tout est dans le titre. Il s’agit d’une nouvelle variation cinématographique de ce mythe national (combien de films tournés sur « la pucelle d’Orléans » depuis l’origine du cinéma ?), mais première adaptation musical version métal ! Une fois de plus, le réalisateur prend des risques énormes en faisant appel à des non-professionnels pour dire un texte très écrit et même chanter. On frôle parfois le ridicule (comme ce jeune-homme se lançant dans un rap), certains passages de la première partie sont trop bavards. Mais ça marche à chaque fois ! Quand Dumont filme ses acteurs devant un bout de dune des environs de Calais et en nous disant c’est la Lorraine, on y croit. C’est la magie du cinéma qui opère grâce à la force de sa mise en scène tout dans l’économie de moyen, mais non dénuée d’humour et d’émotion.

Jeannette - 05

Ses deux actrices jouant Jeannette à l’enfance (Lise Leplat Prudhomme), puis à l’adolescence (Jeanne Voisin) sont à la fois touchantes et belles dans l’interprétation de leur personnage en proie aux tourments d’une révélation mystique. Les couleurs sont éclatantes et le choix d’une musique rock/electro/metal est totalement justifié pour donner à entendre l’énergie qui traverse le corps de cette jeune fille. Pas de doute, nous sommes bien devant du cinéma et non un simple téléfilm.

Jeannette - affiche

Jeannette - 01

Jeannette - 04

Jeannette - 02

The Beguiled

    Il ne suffit pas d’avoir un casting quatre étoiles pour déboucher sur un grand film, ou même simplement un bon film. C’est le constat que l’on fait en sortant de ‘Les Proies‘ de Sofia Coppola. Nicole Kidman, Colin Farrell, Kirsten Dunst ou Elle Fanning sont des professionnels qui connaissent leur boulot et le font bien. Même chose pour le directeur de la photo (lumière extérieure filtrée par la végétation du sud profond et  intérieurs éclairés à la bougie), la costumière, la décoratrice… Il manque juste une réalisatrice inspirée sachant par exemple saisir le potentiel gothique, voir horrifique du scénario, ne reculant pas devant le stupre. Il y avait de quoi faire un Hammer au féminin. Tout est présent à l’image (même la maison inquiétante). Sauf qu’il fallait quelqu’un pour orchestrer le tout et ce n’est pas le cas. Entre ennui et gâchis, il vaut mieux revoir la version de Don Siegel (1971) avec Clint Eastwood.

Les Proies - affiche

The Beguiled

Atomic Blonde - 2LP

    Enfin, dans ‘Atomic Blonde‘ Charlize Theron s’amuse à jouer les Jason Bourne/John Wick au féminin. En s’entrainant avec Keanu Reeves (lui préparant JW2), elle ne ménage pas ses efforts et ça se voit à l’écran (ridiculisant le gros Vin Diesel). Film d’action efficace mais film d’espionnage raté, ‘Atomic Blonde‘ s’apprécie pour ses éclairages aux néons, la garde robe de l’actrice principale, une scène de baston qui fait mal dans un escalier filmée en (faux) plan-séquence et une bande son compilant quelques hits post-punks des années ’80 (excellent vinyle au passage avec Bowie, Nena, Siouxsie, The Clash, Marilyn Manson…). C’est peu ou c’est déjà ça de pris selon l’humeur. Il est entendu que ce n’est pas l’épaisseur d’un scénario qui fait la qualité d’un film (‘Mad Max : Fury Road’ ou ‘John Wick 1 & 2’ ne sont pas très épais et pourtant le résultat est fort), mais développer un minimum les personnages principaux ne peut pas faire de mal. Atomic Blonde 2 ?

Atomic Blonde (2017)

Atomic Blonde (2017)

 

Older Posts »

Catégories