Le « Dune » de Denis Villeneuve, premières impressions

Aussi attendue que redoutée, la nouvelle adaptation du roman « Dune » par Denis Villeneuve est enfin sur les écrans. Première séance ce mercredi, séance en vostfr et 3D. La salle s’éteint, le noir s’installe brièvement tandis qu’une voix nous avertit sur la nature des rêves.

Dès les premières minutes du film, une étrange sensation s’empare du spectateur. Quelque chose de bizarre se produit à l’écran. Comme un effet parasite. Une image se superpose à celles de Villeneuve. C’était à prévoir : la version de David Lynch n’est pas prête de se faire oublier et il va bien falloir faire cohabiter ces deux visions différentes. La différence se trouve tout d’abord dans la grande fidélité de ce nouveau scénario avec le roman de Frank Herbert. Le projet, ambitieux, est de découper l’histoire en deux films là où Lynch avait dû revoir ses ambitions à la baisse et accepter des compromis. La photographie de Greg Fraser, les décors et les costumes créent un univers dangereux et impitoyable. Certains plans d’ensemble rappellent (malgré eux ?) le film de 1984, mais l’esthétique générale, avec ses formes simples et une décoration épurée (à l’opposé de la surcharge baroque de Lynch), est bien celle du Villeneuve de ‘Premier Contact’ et de ‘Blade Runner 2049’. Les combats sont soignés, spectaculaires (notamment l’attaque nocturne de la cité d’Arrakeen). Quant à la musique, il est très difficile de retenir un morceau en tête, le travail de Hans Zimmer ressemblant plus à du sound design qu’à de la musique de film.

Une fois le décor posé, il faut à présent y injecter de la vie. La composition du casting est « un moment d’une délicatesse extrême » dirait une princesse impériale. Timothée Chalamet dans le premier rôle, celui de Paul Atréides, est un choix qui peut se comprendre d’un point de vue commercial, tout comme celui de Zendaya, afin d’attirer dans les salles un public jeune et qui n’a pas forcément lu les romans ou vu le film de Lynch. Mais l’acteur pose problème. Il était transparent dans ‘Un jour de pluie à New York’, une belle gueule sans charisme qui se faisait voler la vedette et sans effort par Elle Fanning. Et ses déclarations très woke à la sortie du film contre Woody Allen (« j’ai tourné dans son film, mais en fait… heu, je regrette et je m’en excuse publiquement ») suite à une nouvelle campagne de diffamation médiatique lancée par la famille Mia Farrow ne plaide pas en sa faveur (pas beaucoup de convictions chez ce jeune homme sensible au sens du vent pour assurer la suite de sa carrière). Timothée Chalamet est donc le nouveau Paul/Muad’Dib et il peine à marquer l’écran de sa présence. Peut-être faut-il attendre ‘Dune-seconde partie’ (pas encore tourné) pour se faire un avis définitif, mais on peut ajouter qu’en à peine un ou deux plans la jeune Zendaya incarne au contraire une Chani très convaincante. Son regard est lourd et chargé d’histoire, on sent que son personnage a grandi très vite, trop tôt, dans un monde violent. Cette Chani des sables de l’an 10191 pourrait être une jeune Afghane d’aujourd’hui. Chez les comédiens plus expérimentés, Rebecca Ferguson et Oscar Isaac font le job parfaitement, tout comme Josh Brolin, Dave Bautista et Javier Bardem. Stellan Skarsgard donne corps au maléfique Baron Vladimir Harkonnen dans une version originale, mais qu’on aimerait voir plus développée. Charlotte Rampling est à peine montrée, tandis que l’Empereur et la Princesse Irulan sont purement absents, pour cette première partie en tout cas. Pas l’ombre non plus d’un navigateur de la Guilde Spatiale, de Feyd Rautha (!!!), du Comte Fenring et absence physique des représentants du Lansraad. Par contre, une présence s’impose comme une évidence sur l’écran et à chacune de ses apparitions : Jason Momoa est un Duncan Idaho extraordinaire ! Il dégage, une fois de plus (‘Conan’, ‘Game of Thrones’, ‘Justice League’) un charisme animal et magnétique, un charme et une virilité naturelle, non forcée, qui conviennent admirablement pour incarner ce guerrier d’exception au destin tragique… mais qui sera présent dans les romans suivants. L’acteur excelle dans les scènes de dialogues autant que dans les combats face aux légions fanatiques de Sardaukars. Il n’en est pas de même malheureusement pour l’interprétation du docteur Yueh, personnage incroyable dans la version de Lynch. Enfin, pour jouer Liet-Kynes le planétologiste impérial, le réalisateur a décidé d’opérer un changement radical (« Dune » manquerait de personnages féminins forts selon ses déclarations, ce qui est surprenant quand on a lu les livres) puisque Kynes est ici une femme (contrairement aux romans et au film précédent) et plus particulièrement une femme noire. Un choix qui choque moins qu’il ne révèle l’époque dans laquelle ce film est produit. Le ‘Dune‘ de Villeneuve est un blockbuster très américain dans ce qu’il révèle des réalités contemporaines de la société nord-américaine, avec ses luttes contre le racisme et les discriminations et ses excès à vouloir faire le bien. Comme tous les gros budgets hollywoodiens actuels, ce film de science-fiction se déroulant dans un monde imaginaire, dans des milliers de siècles dans le futur, parle plus de notre présent que d’un avenir lointain. Au risque d’apparaitre plus vite daté que les trucages du film de David Lynch. Mais les thèmes de l’écologie (l’eau vaut plus que de tout l’or du monde pour les Fremens) et de la guerre de religions sont eux intemporels. Ils étaient pertinents dans les années 1960 à la publication du premier roman et le sont encore plus aujourd’hui. On notera au passage que le mot « djihad » (encore une fois dans les romans et le film de Lynch) est absent du film de Villeneuve, remplacé par « guerre sainte », alors que l’islam (entre autres religions) est très présent dans l’univers de « Dune ». Là encore pour n’offenser personne ? Par contre il faut reconnaitre au réalisateur de coller plus que Lynch au roman dans la description qui est faite de la prophétie et du rôle de prophète. Paul Atréides est sensible à des visions qu’il ne comprend pas encore et qui vont s’amplifier au contact de l’Epice, cette richesse de Dune/Arrakis qui est une drogue puissante permettant le voyage spatial mais aussi la divination. Cette première partie montre le personnage hanté par ces visions chargées d’images de cauchemar, où de rebelle révolutionnaire il devient l’objet et l’initiateur d’une guerre sainte sanglante. Le romancier Frank Herbert était très critique envers la figure politique de l’homme providentiel, d’Elu sensé guider le peuple (c’était en pleine Guerre Froide). Ce qu’avaient totalement occulté les versions d’Alejandro Jodorowsky et de Lynch, avec une vision de « Dune » plus spirituelle portée par un personnage en quête de lui-même, puis adoptant une dimension christique en se sacrifiant pour le salut de l’humanité tout entière.

Il semble donc qu’il existe autant de visions de « Dune » que de lecteurs et de spectateurs. Chaque génération sera plus sensible à une proposition qu’à une autre. Il y a les romans de Frank Herbert qui sont des repères incontournables de la SF, et il existe les films de Jodorowsky (avorté), de Lynch et enfin celui de Villeneuve. Faites votre choix. Ici on aura quand même une nette préférence pour le film de David Lynch. Film américain produit par des Italiens et tourné au Mexique, malgré ses petites trahisons (avec le roman) et ses défauts (les scènes d’action, les effets spéciaux datés surtout pour les surimpressions), reste un formidable poème surréaliste d’un jeune artiste sous pression (des milliers de figurants, plusieurs plateaux de tournages et des stars à gérer) qui parvint malgré tout à marquer de son imaginaire à nul autre pareil cette adaptation baroque de « Dune ». Son trip spatial au son de Toto et Brian Eno possède plus d’âme et d’émotion qu’un blockbuster en 3D (discrète, mettant en valeur les volumes, parfois la profondeur de champ, mais pas indispensable) d’un artisan même très doué.

Métal Hurlant (Jean-Pierre Dionnet, Philippe Druillet) rencontre Denis Villeneuve

BD : ‘TREMEN 2’

Une silhouette imposante surgit peu à peu de la grisaille. C’est un colosse qui se déplace au moyen d’une monture bio-méchanique. Soudain, une pluie de bombes s’abat sur eux et les fait basculer dans la poussière. En se relevant, le voyageur aperçoit près de lui une ogive qui n’a pas explosé. Et à l’intérieur se trouve un nourrisson ! Ensemble ils vont déclencher une révolution contre les maîtres de la cité de béton…

En feuilletant l’album ‘Tremen 2‘ (en breton, « tremen » signifie « passage »), le lecteur est immédiatement plongé dans un univers étrange et irréel. Un monde post-apocalyptique gris, peuplé de créatures humanoïdes évoluant dans des paysages de désolation et pollués. Le dessin noir et blanc et l’esthétique du dessinateur Pim Bos affolent l’oeil. De quoi s’agit-il : de peinture, de dessin 3D, d’un mélange de techniques ? Ce jeune artiste hollandais propose donc le second volume de cet univers sombre. Il s’est cette fois associé au Français Marc Caro pour raconter une histoire sans texte, sans bulles de dialogue ni onomatopées. Une BD silencieuse, où les sons se produisent directement dans la tête des lecteurs à la manière des films muets. On pense évidemment aux aventures d’Arzak de Moebius, mais la référence n’a rien d’écrasante. C’est au contraire une porte d’entrée qui vous entraîne sur des terres grises surgit d’un rêve inquiétant à la David Lynch, où le sens vous glisse entre les doigts et où l’humour noir peut s’inviter sans prévenir. Autant dire que cette aventure conserve sa part de mystères. Une expérience très originale dans la bande-dessinée de science-fiction actuelle et qui nous prépare au retour, à la fin du mois, du magazine Métal Hurlant dans les librairies.

Tremen 2‘ de Pim Bos+Marc Caro est disponible aux éditions Dargaud.

Charlotte for ever

L’année cinéma 2021 est un peu plus courte que les autres, mais depuis la réouverture des salles il y a une actrice que l’on croise souvent sur les grands écrans. Il s’agit de Charlotte Rampling : ‘Benedetta’ de Paul Verhoeven, ‘Helmut Newton, l’effronté’ de Gero von Boehm, prochainement dans ‘Tout s’est bien passé’ de François Ozon et surtout ‘Dune‘ de Denis Villeneuve où elle interprète la Révérende Mère Gaïus Helen Mohiam (« maudites sorcières Bene Gesserit ! »), Diseuse de Vérité de l’Empereur Padishah, Shaddam IV.

Naturellement la page « Pin Up » de ce blog (onglet en haut de la page) lui est consacrée ce mois-ci.

Bébel l’éternel

Héros au cinéma et dans la vie, Jean-Paul Belmondo fait partie des artistes avec lesquels on a grandi. On a pu l’applaudir, enfant, sur les grands et petits écrans en Professionnel poursuivi par la Scoumoune et les Morfalous, Magnifique Homme de Rio plongé dans des Tribulations en Chine le temps d’un Week-end à Zuydcoote en compagnie d’un vieux Singe en Hiver. Même à l’âge adulte cette Cartouche un peu snobée par la presse sérieuse faisait toujours des étincelles, que ce soit dans le cinéma commercial ou les films d’auteur. Sa période « Bébel », où il enchaînait les projets faciles reposant sur son seul nom, n’est pas la plus passionnante de l’interprète du prêtre Léon Morin et d’un Pierrot à bout de souffle, mais il reste toujours l’homme en action qui ne cesse de fasciner avec ses cascades réalisées sans doublures et ses répliques qui font toujours mouche, entouré de sa bande de copains dans les seconds rôles. Car un grand acteur, et c’est encore plus vrai pour une star, n’est rien sans ses partenaires.

Drame, comédie, action, Belmondo était un comédien complet qui n’avait pas peur de la scène puisqu’il se frotta plusieurs fois au théâtre. Sa belle gueule au nez cassé inspira également la bande dessinée et plus particulièrement le fameux Lieutenant Blueberry de Jean Giraud/Moebius et Jean-Michel Charlier. Et lorsqu’enfant, vous preniez la peine d’écrire à son fan club, vous pouviez être sûr de recevoir (gratuitement) une photo dédicacée de l’artiste (il faut d’ailleurs que je la retrouve).

Jean-Paul Belmondo (1933-2021) vient de s’éteindre. Il rejoint les Gabin, les Ventura… Les immortels du cinéma français. Un cinéma populaire au sens noble, celui qui réunit toutes les générations, celui qui divertit autant qu’il peut faire réfléchir. Et qui vous accompagne et vous nourrit toute la vie.

Et pendant ce temps, que devient Michael ?

Michael va bien. Il affûte ses lames préférées et repasse son smoking (Michael a cependant pris un peu de poids pendant les confinements) en prévision de son grand retour, cet automne, sous les projecteurs. Le port du masque, il connait ça Michael. On peut même dire qu’il est vacciné.

C’est en prévision de cet heureux évènement que John Carpenter a composé de nouvelles musiques. Toujours en petite formation familiale, accompagné de son fils et de son neveu. Après ‘Halloween’ (version 2018), les nouveaux méfaits de Michael Myers s’annoncent toujours aussi musclés, d’autant plus que Laurie Strode (Jamie Lee Curtis) est du genre à rendre les coups. Une revanche sous forme de trilogie filmée par David Gordon Green, qui devrait s’achever en 2022 avec ‘Halloween Ends’.

Halloween Kills‘ est prévu le 20 octobre sur les écrans français. La bande originale du film (sortie le 15 octobre) est déjà en précommande sous différents formats : en vinyles (plusieurs éditions ou couleurs), en cd, en numérique et même en cassette.

https://www.sacredbonesrecords.com

https://johncarpentermusic.bandcamp.com

Pensée du jour : la Paresse

« J’aime tant la paresse, mais la vraie paresse, consciente, intégrale, que je voudrais bien lui trouver toutes les bonnes vertus. Bien sûr, elle est comme toutes les bonnes choses, comme le vin, comme l’amour ; il faut la pratiquer avec modération. Mais croyez-moi, la terre ne tournerait pas moins rond si ses habitants avaient le courage de se forcer chaque semaine à rester quelques heures bien tranquilles, sans occupation apparente, à guetter les signaux invisibles et puissants que vous adresse le monde vaste et généreux. »

Jean Renoir, 1937 (texte dit par Jean Carmet dans le documentaire ‘Carmet d’or’, diffusé sur Ciné+Classic)

La chasse au lapin…

Il court, il court en plein été le lapin Playboy. Nom d’un mook ! On le voit filer dans les kiosques et chez les marchands de journaux. Un peu de fraîcheur bienvenue avec ce numéro 5 qui propose une double couverture. Au recto nous découvrons la ravissante Rachel Harris (faux air de Cara Delevingne), tandis qu’une pin-up adepte du cosplay s’affiche au verso. Attention : ces charmantes demoiselles et quelques autres se cachent à l’intérieur. On y trouve aussi un article sur la mort de Jim Morrison et l’évangile selon les Monty Python. Sacré lapin.

playboy.fr

Le fils Pendragon est d’retour !

« ARTHOUR, la guerre est oune illusion.

ARTHOUR, la guerre est un salsifis.

Troupaskaya ! »

On avait totalement perdu de vue l’héritier Pendragon, ancien roi de l’île de Bretagne. Certains le disaient même cané. En fait, nous le retrouvons à l’autre bout du monde. Bien malgré lui Arthur prend le chemin du retour vers le royaume de Logres, en passant par l’Aquitaine. Un royaume en bien triste état. Pensez donc : les caisses sont vides, le tyran Lancelot du Lac règne sur ces terres sans joie avec une mocheté à ses côtés et il vient de s’associer aux Saxons. Il y a bien quelques mouvements de résistance qui essayent de s’organiser, mais tout cela reste disons souterrain et très laborieux. En plus, l’armée burgonde vient de débarquer et s’est mise en marche pour assiéger Kaamelott. Ou se livrer à un spectacle de carnaval, on sait pas bien, les experts en stratégie militaire avouent leur plus grand désarroi. Toujours est-il qu’il y a toujours cette fichue épée plantée dans un rocher et que quelqu’un va bien devoir mettre de l’ordre dans tout ce bazar…

KAAMELOTT-premier volet‘ est dans les salles dès ce soir. La série d’Alexandre Astier devient un film. Une adaptation sur grand écran très attendue, reportée d’un an à cause d’un certain virus. Un pari risqué comme on en voit peu souvent dans le cinéma français (le dernier devait être ‘Valérian’ de Luc Besson) et un pari réussi ! Il faut une énergie à soulever les montagnes pour porter un tel projet ! Alexandre Astier est un homme aux multiples talents (auteur, acteur, réalisateur, compositeur…), mais qui doit avoir une pression énorme sur les épaules. Passer d’un format télé de 3-4 minutes à un long métrage de deux heures, appelant des suites, avait tout du projet impossible. Et pourtant le résultat est là : un budget conséquent, un tournage principalement en décors naturels, avec de nombreux comédiens (quel bonheur que de retrouver toute cette joyeuse troupe, même chose pour les nouvelles têtes), des figurants en pagaille, des costumes… et un scénario qui tient la route. ‘Kaamelott-premier volet’ est à la fois un film d’aventures et une comédie, un spectacle ambitieux qui colle à ses personnages avec pas mal de répliques cultes. Avec de l’émotion bien sûr (les retrouvailles entre Arthur et Guenièvre). Un petit miracle qui fait passer sans problème quelques petits défauts (les retrouvailles avec la belle-famille sont un peu précipitées, il ne manque pas une petite scène de transition ?). Astier-dialoguiste aime la langue française, c’est la base de son art pour la scène ou le petit écran. Sa mise en scène pour le grand écran prend peu à peu ses marques et nul doute qu’avec le temps et l’expérience Astier-réalisateur prennent confiance dans les possibilités qu’offre le cinéma.

Malgré la situation sanitaire, les chiffres des pré-ventes annoncent un probable carton dans les salles. ‘Kaamelott-1’ succès de l’été cinéma ? Ne manquez pas le plaisir de retrouver tous ces personnages attachants et tous plus frappés les uns que les autres. Cette version décalée des légendes arthuriennes est un peu le village d’Astérix d’Alexandre Astier. Une création imaginaire qui emprunte des éléments ici et là pour parler d’un pays, la France, le tourner en dérision et lui faire une déclaration d’amour. « M’appelez pas sire ! » dit-il. Respect, sire Arthur.

Disquaire Day/RSD-2021 (suite)

Seconde date pour l’édition 2021 de la fête des disquaires indépendants et du format vinyle, ce samedi 17 juillet a été plus tranquille que les fois précédentes. En effet, à l’ouverture ce matin nous n’étions que… deux clients ! Idéal pour fouiller tranquillement les deux bacs réservés. Du Aretha Franklin, du Rolling Stones… Mais beaucoup de titres annoncés sur le site officiel de la manifestation étaient totalement absents. Tandis que d’autres avaient tout simplement disparu de la liste, sans explication, telle que la réédition de la BOF du ‘Ghosts of Mars’ de John Carpenter. On parle de grosses sorties. Le collègue à la caisse a d’ailleurs confirmé que certains fournisseurs ne les avaient pas livrés à temps (une visite la semaine prochaine s’impose donc). Par contre, les majors de l’industrie du disque ont bien appliqué leur augmentation des prix !

Malgré l’offre réduite, il y avait UN exemplaire (!) du ‘Il Bandito Dagli Occhi Azzurri’ d’Ennio Morricone. Une bande originale très jazz pour ce bandit aux yeux bleus interprété par Franco Nero, dans un film réalisé par Alfredo Giannetti (1980) et jamais vu. Une très belle édition que l’on doit au label Decca qui a restauré et remastérisé les bandes d’époque issues des archives Cam Sugar. Le son est excellent et aucun défaut n’est à signaler à l’écoute de ce beau vinyle de couleur… bleu évidemment.

Il s’agit du troisième album dédié à Morricone que publient Decca/Cam dans la collection « Morricone Segretto » (également disponible en CD). Le premier disque était la compilation ‘Morricone Segretto : the hidden, dark-tinged and psychedelic side of the Maestro‘, proposé en double vinyle et en coffret limité (double vinyle avec pochette alternative + 45t./7″ contenant des chutes d’enregistrements de Morricone et ses musiciens au travail + un poster/livret). Une collection de titres ou versions inédites appartenant à la période psychédélique du compositeur (1969-1983). ‘I Malamondo‘ porte lui l’étiquette « N°2 » dans cette collection Morricone Segretto. Il s’agit de la bande originale d’un mondo réalisé par Paolo Cavara (1964). Jamais vu non plus, mais ce double album vinyle offre surtout un fantastique panorama sur la diversité et la richesse musicale d’un Ennio Morricone alors peu connu, et qui commençait tout juste sa collaboration avec Leone. A chaque fois nous avons droit à de l’excellent travail pour le son, le pressage des disques et la réalisation des pochettes. Une référence à suivre donc, surtout avec l’augmentation des prix des vinyles. Encore un mot, Decca/Cam Sugar ont récemment publié un album inédit de Luis Enriquez Bacalov intitulé ‘La Strega in Amore‘. Une musique de film où la compositrice Nora Orlandi assure les parties vocales. Son et pressage sans défaut.