Publié par : nico nsb | mai 16, 2008

Cannes 2008 – Vendredi jour de pluie

Après un mercredi et un jeudi très calmes question affluence, vendredi voit arriver la pluie et un grand nombre de festivaliers. Un Festival de Cannes sans pluie (une ou deux journées), ça n’existe pas et c’est ce qui en fait aussi le charme. A condition que ça ne dure pas trop non plus.

Bref, quand il pleut on va voir des films. 🙂

  

Jeudi 15 Mai : Premier film avec le superbe ‘Kung Fu Panda‘, film d’animation présenté Hors Compétition et produit par Dreamworks. Images aux couleurs vives et saturées (les ors, les noirs et les rouges !), et animation d’une fluidité exceptionnelle. Un dessin animé idéal pour toute la famille et qui se déguste en VO avec les voix de Jack Black, Angelina Jolie, Dustin Hoffman et Lucy Liu. Il s’agit d’un très bon divertissement (sans atteindre les Pixar ou Ghibli), léger et débordant d’énergie. Et on va en avoir besoin car la compétition ne respire pas vraiment la joie de vivre. Ainsi, le second programme de la journée était un autre film d’animation, pour adulte et en compétition, puisqu’il s’agit du film israélien ‘Waltz with Bashir/Valse avec Bashir‘ de Ari Folman. Sujet grave et intéressant : retour sur l’expérience militaire du réalisateur lors de la première guerre du Liban, et enquête sur la mémoire qui vous joue des tours, avec des images oniriques et des zones d’ombres. Quelle terrible vérité cachent-elles ? ‘Valse avec Bashir‘ est donc un documentaire animé. Original dans la forme, sauf que l’animation pose problème et que les voix off (véritables interviews d’amis anciens combattants, médecins…) finissent par devenir fatiguantes à la longue. Le lien entre les deux genres ne prend pas très bien. Et malheureusement on finit par se lasser de cette plongée, potentiellement géniale (on pense à l’univers de Philip K.Dick), au coeur de la mémoire. Le film s’achève sur l’horrible origine de ce trouble, révélée en images réelles d’archives : fin de la mise à distance de la réalité par l’animation et retour à la vérité historique. Dommage que la confusion ne soit pas poussée plus loin dans la forme.

Vendredi 16 Mai : Deuxième jour et jour de pluie qui débute avec un film de la Quinzaine des Réalisateurs, au Noga Hilton, pardon, Palais Stéphanie et ex-Hilton : ‘Boogie‘, comédie dramatique de Radu Muntean. Bon petit film roumain racontant la soirée d’un jeune père de famille d’une trentaine d’années, partagé entre ses responsabilités familiales, ses anciens amis de beuveries et le temps qui passe. Regard nostalgique sur une époque passée qu’on souhaiterait faire revivre, ne serait-ce qu’une nuit, et confrontation avec un présent terne. ‘Boogie‘ attire surtout l’attention par la présence de l’actrice Anamaria Marinca, révélation de Cannes 2007 dans le superbe ‘4 Mois, 3 Semaines et 2 Jours‘ (Palme d’Or).

12H, direction le Palais des Festivals pour la projection des ‘Trois Singes‘, grande déception du cinéaste Nuri Bilge Ceylan que l’on avait pourtant adoré avec ‘Uzak‘ et ‘Les Climats‘. L’histoire : un homme d’affaire et politicien tue accidentellement un homme en voiture et paie un employé pour endosser la responsabilité. Rien voir, rien entendre et ne rien dire. Comme le conte chinois. Cette absence de communication et de responsabilité va déchirer une famille. Ici, si l’on retrouve bien certaines images magnifiques du réalisateur Turc, son grand sens du cadrage, il faut bien avouer qu’on s’y fait aussi un peu chier. Les scènes durent souvent plus que nécessaire, jouant avec les nerfs, abusant des ellipses. Trop plein de non-dits. On se tait, on garde pour soit, on détourne le regard, on bouillonne de rage, on souffre… bon on a compris, sauf que ça dure 1H50. On est bien loin de la bonne humeur de ‘Kung Fu Panda‘.

Après-midi : à peine sorti des ‘Trois Singes‘ que l’on se rend vite à la salle Debussy de la sélection Un Certain Regard. Pas le temps de manger, juste une bonne gorgée d’eau. ‘Le Sel de la Mer‘ est un bon premier film, signé Annemarie Jacir. Là encore et tout comme ‘Valse avec Bashir‘, c’est l’histoire d’un retour sur le passé, film sur la mémoire, mais du côté palestinien. Soraya, une jeune New-Yorkaise revient à Ramallah d’où est originaire sa famille, dans l’idée de récupérer le maigre héritage de son grand-père. Elle va découvrir l’humiliation et le quotidien des Palestiniens, mais aussi la beauté d’un pays qu’elle souhaite adopter quand les jeunes de son âge ne rêvent que de le quitter. ‘Le Sel de la Mer‘ est donc un film à polémique comme Cannes les aime, mêlant cinéma et politique, cinéma et actualité brûlante (anniversaire de la création d’Israël d’un côté, drame de la Nakba de l’autre). Sujet sensible et point de vue affirmé, ce film ne va pas plaire à tout le monde. Sauf qu’il est courageux et maîtrisé. Et que les deux interprètes principaux sont formidables. Prix Caméra d’Or pour une première oeuvre ?

Bref, une journée-voyage qui commença en Roumanie, pour passer par la Turquie et arriver en Palestine. Bel itinéraire et bon programme qui nous a permis d’éviter le Desplechin (2H30 pour les masochistes).

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