Publié par : nico nsb | mai 28, 2008

Cannes 2008 – Rattrapage (suite et fin)

     Dernier week-end cannois.

Samedi 24 : début de journée avec à 8h30, dans la grande salle Lumière, la projection de ce qui s’avère être le meilleur film de ce Festival, le magnifique et remarquable ‘Entre les Murs‘ de Laurent Cantet. Film sur l’école, avec ses tensions, ses conflits et ses espoirs, ses réussites. Film sur la parole qui circule (sous toute ses formes), parole qui structure les individus, au moment où le gouvernement entend faire passer ses réformes par la force. Beaucoup de vie et d’émotion dans ce film engagé qui ne prétend pas apporter de réponses toutes prêtes. ‘Entre les Murs‘ devrait beaucoup intéressé Spider-Marc, le Jeannot et Zineb. On attend leurs réactions. Reste que ce film constitue notre Palme d’Or à nous.

     On enchaîne à 11h30 avec le western asiatique ‘Le Bon, la Brute, le Cinglé‘ de Kim Jee-Woon, qui confirme tout le mal qu’on pensait de son précédent  ‘A Bittersweet Life‘. Pauvre Sergio Leone, il doit se retourner dans sa tombe devant cet hommage en toc ! Du maître Italien, ce Michael Bay Coréen n’a retenu que le sens du spectacle (ici, grandes chevauchés et gunfights interminables filmés en scope numérique). Car on ne retrouve rien de la nostalgie ou des désillusions politiques de Leone. Ici, les images sont vides de sens et la violence complaisante. On est dans le cool, jusque dans la bande son qui reprend un extrait du ‘Kill Bill‘ de Tarantino. Leone et Tarantino, deux grands réalisateurs dont les films rendent hommage à leurs influences, tout en proposant un univers personnel. On sauvera juste quelques moments de comédie dus au talent de l’acteur Song Kang-Ho (‘Memories of Murder‘, ‘The Host‘, ‘Secret Sunshine‘).

     Et fin de journée avec la reprise de ‘My Magic‘, film indonésien de Eric Khoo, soit l’histoire d’un père alcoolique qui décide de reprendre son ancien métier de magicien, quitte à y risquer sa vie, pour subvenir à l’éducation de son petit garçon. Univers sombre, parfois teinté de poésie et filmé très simplement au risque d’être un peu ennuyeux, ‘My Magic‘ se laisse regarder d’autant qu’il ne dure que 1h15.

Dimanche 25 Mai : le Festival se termine dans le vent et la pluie. Avis de tempête, ça souffle sur la Croisette ! On en profite pour voir les rediffusions des films en compétition loupés durant ces dix jours. On commence tardivement à 11h (nouvelle grève des trains) avec le très bon documentaire chinois ‘24 City‘ de Jia Zhangke (‘Still Life‘) qui s’intéresse à la fermeture de l’usine 420 (longtemps usine militaire), à son histoire, celle de ses ouvriers et de leurs enfants. Film sur la mémoire, qui confronte la Chine communiste à celle de la réussite économique. En plus de traiter son sujet avec talent, Jia Zhangke sait aussi le filmer : son documentaire n’est pas austère comme on aurait pu le craindre, il déborde de vie, alternant interviews face caméra et séquences plus esthétiques, magnifiquement filmées en numérique et pleines de poésie comme cette adolescente patinnant sur un parking désert, sur fond de musique électro. Une époque cède la pas à une autre, mais le film n’est pas figé dans la nostalgie du temps qui passe.

     Retour ensuite en Europe avec ‘Delta‘, film hongrois de Kornél Mundruczo (‘Johanna‘) et histoire d’inceste entre un frère et sa soeur, filmé comme une tragédie antique et qui vaut mieux que l’indifférence dans laquelle il a été accueilli. Et on termine la journée et le Festival de Cannes 2008 par ‘Gomorra‘, de Matteo Garrone, drame italien et plongée réaliste dans la mafia napolitaine qui fait froid dans le dos.

     Bonne journée cinéma et retour à la maison pour découvrir le palmarès en direct.

Palme d’Or : ‘Entre les Murs’ de Laurent Cantet

Grand Prix : ‘Gomorra’ de Matteo Garrone

Prix Spécial du 61e Festival : Clint Eastwood (pour l’ensemble de sa carrière)

Prix Un Certain Regard : ‘Tulpan’ de Sergey Dvortsevoy

Palmarès complets : http://www.festival-cannes.fr/fr/festival/awards.html

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Responses

  1. je viens de lire tout ça sur cannes ; c’est prodigieux !!! un bel hymne d’amour au cinéma ; ça donne envie de découvrir tout ça, tant « entre les murs » que le cinéma de Jodowrski, notamment santa sangre que je ne connais pas du tout. PS: j’ai hate de voir aussi ton deuxième court (y compris dans sa version longue)


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