Publié par : nico nsb | août 23, 2008

Revue de Presse 03-par Estelle G.

REVUE DE PRESSE – ETE 2008

 

 

 

 

Une Revue de Presse encore une fois tardive, saison oblige. Mais il faut préciser que les magazines cités sont lus intégralement et pas juste survolés dans leurs gros titres.

 

C’est l’été et donc le sujet qui revient le plus, c’est le sexe. Et oui, c’est ainsi.

Alors on débute tout naturellement par le Hot Vidéo de la saison, avec la belle Katsuni qui s’affiche en couverture à l’occasion d’un long entretien. Elle y évoque sa carrière aux USA et sa participation au tournage de la superproduction « Pirate 2 », pour Digital Playground. Le tout est généreusement illustré de photos de Katsu dans sa version 2.0 : visage et poitrine refaits selon les critères esthétiques californiens. On l’adorait au naturel, notre Katsumi, mais celle qu’il faut désormais appeler Katsuni reste pleine de charme. Un corps et un esprit séduisants. Après un sujet sur les Jeux Olympiques (façon Private), le magazine propose de nous présenter une autre jolie brune, la Tchèque et délicieuse Lucky. Le numéro de l’été est comme d’habitude accompagné de deux dvd où l’on trouvera sur le premier le magazine d’actualité du ‘chaud biz’ HNN, puis un film, « O The Power of Submission« , adaptation libre d’Histoire d’O. Quand au second disque, il s’agit d’un gonzo signé Manuel Ferrara avec Jenny Hendrix. Enfin, le film de la rentrée proposé avec le numéro de septembre sera très rock puisqu’il s’agit de « No Problem for Sex« , réalisé par le sympathique hardeur Phil Holliday et avec un joli casting (Eva Karera, Stella Delcroix, Megane… et la participation amicale de Nina Roberts et Ovidie !). De quoi attaquer la rentrée de bonne humeur.

 

Mais nous n’en sommes pas encore là.

Le numéro « spécial sexe » des Inrocks est sorti début août, comme chaque année, et il se propose de passer en revue l’actualité cul-culturel. On y trouve plusieurs portfolios, des reportages (nuits chaudes à Berlin, New-York, Buenos Aires, Tokyo), des enquêtes (sexe et chirurgie, le fist-fucking pour tous… avant de passer à table donc), des portraits des pornostars Cecilia Vega et Yasmine. Tandis que la rubrique ‘sexorama’ évoque l’actualité films, livres, BD orientée cul. Des choses intéressantes (le doc. de Katsuni, les Dorcel du moment et le dernier John B.Root). On regrette par contre qu’il n’y ait pas un mot sur le livre de Coralie Trinh Thi, « La Voie Humide », témoignage et parcours initiatique, drôle et vivant, rock et anticonformiste, qui vaut largement tous les papiers de sociologues, psys et autres universitaires qu’on invite ou cite systématiquement en gage de sérieux.

 

 

 

Ce genre d’alibi bourgeois, les gars de chez Mad Movies s’en contre-balancent. Et c’est dans la joie et la bonne humeur qu’ils nous proposent un hors série à base de Pin-Ups, Scream Queens et Femmes Fatales. « Les Divas de la série B » propose ainsi une sélection de 100 actrices majoritairement Californiennes « aussi charmantes qu’amusantes, qui prennent un malin plaisir à se déshabiller gratuitement » dans des séries Z dont elles constituent bien souvent le seul intérêt. Le sujet est donc bien délimité, et la sélection s’étend des années 80 aux années 2000. Elles sont toutes là ou presque : Julie Strain, Traci Lords, Carmen Electra, Pamela Anderson… Question : a quand un numéro spécial rendant hommage aux héroïnes du cinéma fantastique d’hier et d’aujourd’hui, où l’on retrouverait aussi bien Fay Wray (« King Kong », 1933) que Elsa Lanchaster (« La Fiancée de Frankenstein », 1935), Caroline Munro, Sigourney Weaver… ? Reste que ce hors série abondamment illustré est un collector à se procurer de toute urgence et à conserver précieusement.

 

Pour les cinéphiles sérieux (nous en sommes, si si), il y a Positif et son numéro spécial, consacré cet été en grande partie à Michelangelo Antonioni, un autre grand amoureux des femmes. Le maître Italien disparut l’an dernier y est évoqué sous forme de portraits, analyses, critiques ainsi qu’un très long entretien accordé en juillet 1969 à un journaliste Américain. De superbes photos (noirs et blancs, comme toujours chez Positif) illustrent ce dossier et où l’on retrouve Antonioni au travail, Monica Vitti, Marcello Mastroianni, Alain Delon, Jack Nicholson… « l’Avventura », « la Nuit », « l’Eclipse », « Zabriskie Point », « Par-delà les Nuages »… Incontournable. Positif revient également sur le 61è Festival de Cannes en 89 films vus, toutes sélections confondues, et s’attarde sur « Gomorra » de Matteo Garrone (critique+entretien).

 

Analyse et réflexions encore avec le Chronic’Art n°46bis. Numéro bis puisque le 46 de Juin était un numéro totalement bidon ! Et la rédaction revient donc, avec d’autres journalistes, bloggeurs et écrivains, sur les effets de ce gros canular, ce fake que l’on peut voir comme : 1/une façon de se moquer des lecteurs, 2/une œuvre de fiction collective. Quoi qu’on en pense, ce fake a parfaitement fonctionné, puisque de nombreux lecteurs et médias se sont laissés piégés (mais pas tous), d’autant plus facilement que ce coup fut préparé de la manière la plus crédible possible. Où quand l’information trompe ceux qui veulent bien se laisser tromper ?  « Illustrant la tendance actuelle de la mainmise de la presse sur les opinions du peuple » comme le fait remarquer une journaliste reconnaissant l’habileté et le talent de cette opération malicieuse. Beau coup qui nous réveille un peu de notre paresse face à la surabondance d’information/désinformation, histoire de nous inciter à plus d’attention et de rigueur. Mais ce faux volontaire constitue aussi une troublante expérience de « vraie » fictions : le réel est-il dickien ?  « »Ubik » a-t-il contaminé le réel ?

Extrait : « Il s’agit donc d’un vrai support imaginaire, qui s’assume comme fiction. Sauf que cette fiction éclaire d’une lumière étrange le monde du journalisme. Chaque rédacteur y a exprimé ses fantasmes, ses rêves ou ses cauchemars de plumitif. » Fascinant paradoxe, exposé par l’écrivain et chercheur (CNRS) Christian Salmon dans un entretien passionnant sur le danger du formatage du réel : « …le roman nous parle infiniment mieux du réel que l’information, car le roman n’a pas cessé de s’interroger sur des problèmes qui se posent à nous de manière aiguë. (…) Ce n’est plus la pertinence qui donne à la parole publique sa validité mais la plausibilité, la capacité à emporter l’adhésion, à réduire, à tromper. C’est à l’audimat que l’on confie désormais le soin de trancher entre le vrai et le faux, entre ce qui est réel et ce qui est fictif. » Et l’entretien se poursuit en évoquant les dangers à ne plus pouvoir faire la distinction (en citant Hannah Arendt à propos du totalitarisme). Plus loin encore : « …la vérité, pour le dire simplement, c’est que la réalité est pleine de fictions, elle est tissée de fictions, y compris de fictions littéraires qui construisent notre perception du monde. C’est bien le problème : notre perception du réel est construite. » Et de conclure : « Il ne faut pas confondre le récit et son détournement, l’art et la propagande, Faulkner et les spin-doctors politiques. A l’origine, le récit oral est un formidable vecteur d’expériences. (…) Dans le ‘storytelling management’, l’expérience ne précède pas le récit ; c’est le récit qui détermine et dicte, au contraire, l’expérience. » Soit la communication dans toute sa complexité à l’ère des réseaux haut-débit.

 

 

« Fleur Secrète » de Masaru Konuma (1974)

 

Ouf ! Après ces réflexions profondes, on va souffler un peu en terminant par le numéro spécial du magazine l’Histoire entièrement consacré au Japon. Une invitation au voyage, à la découverte d’un pays et d’une culture fascinants. Le Japon toujours qui clôture le Mad Movies n°210 avec, dans la rubrique Pin-Up, l’actrice Naomi Tani, star des ‘romans pornos’ (drames érotiques) tournés par le studio Nikkatsu dans les années 70 (« Fleur Secrète« , 1974, de Masaru Konuma est actuellement à l’affiche à Paris, et des coffrets dvd sont annoncés pour la rentrée). Un numéro de Mad où l’on trouve la première partie d’un portrait de Dyanne Thorne, figure éternelle de la dominatrice du cinéma bis (la série des Ilsa), « la quarantaine toujours resplendissante et le sein palpitant » comme l’écrit le toujours excellent Christophe Bier, ou bien encore l’analyse plan par plan d’une séquence du « Elephant Man » de David Lynch, l’actualité des films de l’été… Mais le morceau de choix est l’interview de Pascal Laugier, réalisateur aussi tourmenté et passionné que son film « Martyrs« , évènement de la rentrée (décidément, on y arrive plus vite qu’on ne le souhaiterait) vus tous ses démêlés avec la Commission de Classification (interdiction de sortie en salle ?…). On espère que le film soit à la hauteur du bruit médiatique qui l’a entouré (on se souvient de l’affaire « Baise-Moi« , film que nous avons soutenu dès le départ avant d’être privés, dans un premier temps, de pouvoir le voir en salle à cause d’une poignée de fachos) et que toutes ces passions accoucheront d’un bon film. Nous gardons un bon souvenir du précédent film de Laugier, « Saint Ange« , donc on y croit, tout en souhaitant que « Martyrs » soit correctement distribué partout en France, et pas juste limité à quelques salles parisiennes, afin qu’un public adulte puisse se faire une opinion. Qu’on apprécie ou pas ce genre de cinéma, l’important est d’avoir le choix d’y aller. Ou pas.

 

 

Mais la rentrée est encore loin, vite, retour à la plage ! 8)

E.G.

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