Publié par : nico nsb | mars 22, 2009

DVD du week-end : HPG

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     HPG est un sale gosse. Un garnement même !

     ‘HPG-Mon vit, mon oeuvre’ est une compilation (double dvd) qui regroupe ses courts métrages réalisés en parallèle à sa carrière de hardeur dans le X européen. Et il faut bien reconnaitre que l’homme est un sacré personnage, qui n’hésite jamais à se mettre à nu aux deux sens du terme (va et vient constant entre son sexe et sa tête, donc dvd réservé aux adultes) devant la caméra. Car le sujet principal et unique d’HPG-réalisateur est HPG lui-même, ou plus précisément le personnage burlesque qu’il s’est créé. Double casquette donc. A la fois monstre d’égocentrisme, comique irrésistible et looser magnifique, le cinéma que pratique HPG est bien un cinéma d’auteur, un cinéma-vérité… et bordelique. Car s’il s’est crée un personnage amusant/attachant/fatiguant, dans chacun des petits journaux intimes présentés ici on le retrouve dans des situations réelles relevant à la fois de l’auto-portrait, mais aussi avec des idées de mise en scène où l’improvisation se taille une place de choix. Le hardeur au crâne lisse est ici entouré de ses amis lors de soirées (très) arrosées, où les délires côtoient les règlements de compte, mais aussi des comédiens tout aussi allumés que lui. Films amateurs exhibitionnistes ? Oui, un peu dans la forme. Mais dans le fond on assiste bien à une réflexion sur le statut d’acteur porno. Et au fil de son travail, HPG s’aventure, à sa manière, dans un réel travail de mise en scène. L’humour, l’absurde, et le psychodrame sont ses ingrédients. Si bien que l’homme qui tient la caméra, tout comme le personnage HPG deviennent indissociables. Ce brouillage des rôles contribue au charme de cet univers anti-conformiste. Et finalement très humain, très attachant grâce à une sacrée dose d’autodérision.

     ‘On ne devrait pas exister’ est le premier long métrage d’HPG. On avait pu le découvrir au Festival de Cannes en 2006, à la Quinzaine des Réalisateurs. Ici HPG poursuit son travail théorique : nous suivons Hervé,  hardeur tragi-comique, qui quitte (pitoyablement) le petit monde du X pour débarquer dans le cinéma traditionnel. Et comme l’indique le titre, on ne l’attend pas à bras ouverts… Le film commence dans l’humour le plus ravageur, mais change vite de tonalité pour virer au psychodrame, ce qui peut surprendre dans un premier temps. Car s’il sait faire le clown pour amuser la galerie, HPG (ou son personnage d’Hervé, la distinction entre le réel et la fiction est floue) souhaite à présent devenir un acteur, un vrai. Hors, il est prisonnier de son propre personnage d’égocentrique. Carapace qu’il s’est construite et dont il ne parvient pas à se libérer, ce qui entraîne toute une série de rencontres se soldant par un rejet. Et là où il convient de saluer la démarche de HPG, c’est qu’il a l’honnêteté de montrer que ce rejet est essentiellement du à un problème de communication d’Hervé. Problèmes relationnels avec les acteurs (Marilou Berry, Rachida Brakni…), avec un metteur en scène (Bertrand Bonello), ou encore relation impossible avec sa copine LZA. Le propos du film est donc moins de dénoncer les barrières érigées par une morale bourgeoise ou religieuse. Si le personnage d’Hervé se plante, c’est entièrement de sa faute. C’est là tout le courage et la grande sincérité de HPG réalisateur. Etre à la fois conscient du désire d’évoluer de son personnage, mais aussi de ses limites. Une mise en abîme parfois drôle, parfois éprouvante ou irritante. Cette ambiguité contribue au charme et aux limites du film. Car contrairement aux courts métrages, le long à un peu tendance à se réduire à une scène de théâtre où se joue le drame de Hervé/HPG, traversé par quelques séquences de poésie absurde. Le film est aussi bien plus sombre puisqu’il raconte un échec cuisant, qui se conclut par une chute (littérale) lamentable. L’histoire tragi-comique d’un type minable qui n’a pas peur du ridicule et qui s’y plonge corps et âme. Véritable Bukowski du porno, HPG l’homme (ou son double à l’écran ?) se rêve en anti-héros tragique que résume parfaitement la morale de l’histoire : « si un pauvre type croit tout sa vie qu’il est un seigneur, alors il est un seigneur« . Finalement, HPG apparait comme un réalisateur atypique dans le cinéma français. Cinéma de la marge (Jean Rollin, Virginie Despentes/Coralie Trinh-Thi, Gaspar Noé…). Il est donc précieux et  mérite largement le détour. On guette avec intérêt la suite (second long en tournage) de ses aventures…

Bonus : carton avec personnage de HPG à découper et à monter (!), scènes supplémentaires, biographie, galerie photo (un bug !) et promo pour son livre sur ‘HPG-monvit, mes oeuvres’, et making of amusant de plus de 50 minutes sur ‘On ne devrait pas exister’ où l’on retrouve des entretiens, des scènes du tournage (chaotique) et le passage à Cannes.

http://www.hpgnet.com/

hpg_lza

‘On ne devrait pas exister’ – Bande annonce

 

‘On ne devrait pas exister’ – extrait (HPG + Marilou Berry)

 

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