Publié par : nico nsb | mai 20, 2009

Cannes 2009 – Tarantino et les autres (surtout les autres)

inglourious-basterds-0905-pp05 

Ce matin, beaucoup de monde à la séance de 8h30 de ‘Inglourious Basterds’ de Quentin Tarantino. Les lumières s’éteignent, générique, des applaudissements retentissent dans la salle. Quelques 2h40 plus tard, la lumière revient, avec quelques applaudissements, mais l’ambiance est beaucoup moins festive que lors de ‘Kill Bill 1′. Bilan ? Si Tarantino fait étalage d’un indéniable talent et amour du cinéma, une certaine forme d’arrogance dans sa démarche devient de plus en plus voyante et gâche le spectacle. Sensation du petit malin qui se regarde filmer. Déjà, le titre est trompeur. Pas d’épopée guerrière trash au programme, et à la place d’un ’12 Salopards’ version QT on a droit à de longues scènes de dialogues interminables qui se terminent brutalement par un déchainement de violence. Même problème que pour le précédent ‘Boulevard de la mort’, sauf que cette fois on commence à connaitre le procédé. Et ça ne fonctionne plus. Le film ne vaut que pour les clins d’oeil, les références, et malheureusement pour lui, on préfèrera largement se tourner vers les films originaux. On retient malgré tout le jeu de l’acteur Christoph Waltz dans le rôle de l’officier nazi, une belle ordure. Quand aux Inglourious Basterds du titre, ils ne sont relégués qu’au second plan. Sentiment désagréable de tromperie sur la marchandise en quittant la salle. Et film déjà oublié la séance suivante !

Looking for Eric 01

De cette première moitié de semaine cannoise, on préfère parler du Ken Loach ‘Looking for Eric’, comédie dramatique qui remporta tous les suffrages du public. Palme d’or du coeur et de l’émotion ! Car si le réalisateur britannique poursuit son travail sur le monde ouvrier, il se permet cette fois d’y introduire une touche de fantastique pour introduire le personnage Eric Cantona ! Et quel personnage ! Si pendant plusieurs minutes le spectateur insensible au foot a peur d’être laissé sur le bord de la route, Ken Loach sait finalement nous intéresser aux drames que vivent ses personnages très humains et donc très attachants. Nostalgie de la grande époque du foot (Manchester United), regrets amoureux, vie de famille qui part en vrille… voila que surgit un « coach personnel » particulier qui va aider le personnage principal a reprendre sa vie en main. Ce qui apporte de grandes doses d’humour salutaire au cinéma de Ken Loach, qui réussi sur les deux tableaux : le social et la comédie.

Looking for Eric 02

Manchester n’est pas vraiment la Croisette. On garde d’un précédent voyage le souvenir de murs de briques rouges et d’un ciel gris attroce. Et le belge ‘La Merditude des Choses’ (Quinzaine des Réalisateurs) propose un peu le même cadre. Après le foot anglais, voici les courses de vélo à poil ! Soit l’histoire d’une famille de marginaux complètement hors norme, où l’on rit et l’on pleure avec générosité et dans de grands débordements passionnés. ‘La Merditude des Choses’, c’est une comédie sombre sur les ravages de l’alcool, sa fonction sociale et ses excès conduisant droit vers la folie. Film joyeux sur la famille, et drame terrifiant sur cet héritage qui colle à la peau d’un individu, sur la difficulté à s’en libérer pour devenir un homme.

Merditude des Choses 02

En vitesse :

Jim Carrey est venu à la Quinzaine présenter son ‘I Love You Phillip Morris’ où il roule des pelles (et beaucoup plus) à Ewan Mc Gregor. Comédie gay convainquante, interprétée par deux stars hétéros qui a emporté l’adhésion du public, avec en plus des scènes assez osées. Choix courageux en terme de carrière de la part des deux comédiens. On a donc eu le plaisir de voir débarquer un Jim Carrey en grande forme, monter sur scène pour présenter le film… après avoir quand même fait la queue (sans jeu de mots…) pendant 2 heures ! Car film du jour de ce mardi 19 mai, si bien que tout le monde n’a pas pu entrer.

La Roumanie proposait ‘Contes de l’Age d’or’, receuil inégal de courts métrages sur l’ère communiste, dont on retient les deux comédies dénonçant l’absurdité d’un régime centralisé. Hors compétition, un gros navet signé Alejandro Amenabar, ‘Agora‘, peplum moraliste sur la fin de l’empire romain où les hommes se déchirent (une femme) pour expliquer le sens de la vie selon la science ou la religion. Et du côté asiatique : le philippin ‘Independencia‘ en noir et blanc et une esthétique minimaliste reprenant celle du cinéma des origines, le thailandais ‘Nymph‘, film d’ambiance sur une forêt sous l’emprise des esprits, entre ennui profond et magie d’un Terrence Malick, et enfin la découverte d’un classique coréen ‘Prince Yeon-san’, drame de cour d’une famille royale.

Dans les discussions, on entend souvent parler du scandale de cette édition 2009, à savoir le Lars Von Trier ‘Antichrist‘. Pas encore vu. On va essayer de se rattraper ce week-end.

I love you PM 01

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