Publié par : nico nsb | mai 25, 2009

Cannes 2009 – Les trips de Gaspar et Terry

Vendredi 22 Mai : d’autres mondes

L'Imaginarium 01

Journée psychédélique sur la Croisette avec deux films de la sélection officielle (respectivement hors et en compétition) qui nous invitent à passer dans d’autres réalités, à se laisser aller dans d’autres expériences de spectateur : ‘L’Imaginarium du Docteur Parnassus’ de Terry Gilliam et ‘Soudain le Vide/Enter the Void’ de Gaspar Noé. Le grand retour du visionnaire génial Gilliam, cinéaste maudit car cumulant les pires galères, se fait tout d’abord un peu laborieusement. Histoire confuse, enjeux pas très clairs. Puis son film décolle enfin lorsque ses personnages passent littéralement de l’autre côté du miroir. L’imaginarium en question est en effet une attraction foraine proposant à chacun de traverser un miroir magique afin de se plonger dans son propre imaginaire. Ce qui donne à l’écran des visions poétiques ou cauchemardesques de toute beauté dans lesquelles voyagent la jeune Lily Cole, Christopher Plummer, Tom Waits mais aussi et bien sûr le regretté Heath Ledger, qui se transforme physiquement lors de ces passages. Idée géniale qui permit à Terry Gilliam de terminer son film malgré la disparition de son interprète. Bon divertissement célébrant l’importance de l’imagination qu’on reverra avec plaisir.

L'Imaginarium 02

Soudain le Vide 01

Puis séance de 14h30 avec le ‘Enter the Void’ de Gaspar Noé. Film très attendu, énormément de monde qui se presse pour entrer. Et on a la chance de se retrouver en bas de la salle, dans l’orchestre, à quelques rangs de l’équipe du film. Et donc bien placé pour en prendre plein les yeux. Autant le dire tout de suite, le film de Gaspar Noé est une expérience visuelle et sonore d’une intensité rare, filmée à la première personne. Entre le drame, le fantastique et le cinéma expérimental. La conception du cinéma de Noé est proche d’un David Lynch : les sens sont mis à contribution. A vivre absolument sur un grand écran ! Car l’écran justement est littéralement irradié, dégageant des images d’une puissance unique. A la fois film et oeuvre artistique. L’histoire est celle d’un petit dealer abattu par la police de Tokyo et dont l’esprit, qui refuse de quitter le monde des vivants, erre sur la ville. Le principe de mise en scène est inspiré du Livre des Morts Tibétains. Et Gaspar Noé est incontestablement un grand technicien. On peut être un peu plus réticent sur son côté provocateur, qui cherche à choquer le spectateur inutilement (le film est moins violent que ‘Irréversible’, mais tout aussi intense). Le fond n’est pas ce qui est le plus intéressant chez lui : c’est un peu ‘la réincarnation pour les Nuls’. Et les 2h30 se font sentir. Mais il semble qu’il s’agisse d’une version en cours de travail. Le film s’ouvre sur un écran noir avec ENTER et s’achève sur THE VOID. Pas de génériques, ce qui donne au spectateur la sensation de vivre, tout comme le personnage principal, une oeuvre expérimentale inédite : hallucination ou fiction ? Lorsque la lumière revient dans la salle, Gaspar Noé est ovationné. Il y a bien eu quelques ricannements de la part d’un petit groupe de journalistes. Mais encore une fois, expérience unique de ce festival. Jan Kounen et Samuel Le Bihan étaient présents. 

soudain_affiche

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :