Publié par : nico nsb | mai 27, 2009

Cannes 2009 – Suite et Fin

Visage 01

Samedi 23 Mai :

La fin du festival approche. Les yeux sont explosés et les paupières bien lourdes. La semaine prochaine : repos ! Aussi programme allégé aujourd’hui. Le dernier film de la compétition à voir ce matin est ‘Visage‘ de Tsai Ming-Liang, belle succession de tableaux poétiques dans lesquels le réalisateur filme les visages d’acteurs emblématiques de la nouvelle vague française. Un réalisateur thaïwanais entreprend donc un tournage à Paris, mais connait peu à peu les problèmes s’accumulent… Autant le cinéma de Gaspar Noé est hyper-réaliste, obsédé de tout filmer tout montrer (jusqu’à la faute de goût), autant ici Tsai Ming-Liang a recours aux métaphores visuelles, aux symboles. Mais il est parfois difficile de suivre sa narration et beaucoup de spectateurs sont partis en cours de séance, excédés de tant de maniérisme, un peu perdus devant un sens qui leur échappe. L’ennui est donc bien présent parfois, mais comment rester aveugle devant la beauté de certaines scènes, certains plans, où se mêlent comédie musicale, art contemporain… ‘Visage‘ est une oeuvre d’art, un plaisir des yeux. Mais par-dessus tout, on retiendra la beauté de Laetitia Casta dans le rôle d’une actrice névrosée par son image, magnifique Salomé interprétant une danse puissamment érotique dans les dernières minutes d’un film sans doute trop long. 

Visage 03

Dimanche 24 Mai :

Journée des derniers rattrapages, les films qu’on n’a pu/voulu voir, question de choix, de temps ou d’opportunité. Journée pas très excitante au final, où se sont succédés le chinois ‘Nuits d’Ivresse Printanière’ de Lou Ye, le philippin ‘Kinatay‘ de Brillante Mendoza, ‘Map of the Sounds of Tokyo’ d’Isabel Coixet et surtout le fameux ‘Antichrist‘ de Lars Von Trier. Alors ce scandale ? Vu la réputation sulfureuse que se trimballait le film depuis une semaine, la salle Bazin (moyenne capacité) était pleine. Le film s’ouvre avec de superbes images en noir et blanc d’un couple (Charlotte Gainsbourg-Willem Dafoe) faisant l’amour sous la douche, avec gros plan explicite à l’appui. Puis la couleur revient. Drame sur un deuil douloureux (la mort d’un enfant), le réalisateur propose dans un premier temps la thérapie qu’entame ce couple (en fait surtout la femme…). Beau travail sur l’image. Mais bien vite arrive le film à thèse (la nature est mauvaise, donc la femme est mauvaise), noyé dans des propos et des symboles de plus en plus assommants. LVT veut-il dénoncer la condition des femmes au fil de l’Histoire ? Pas vraiment, on parlera plutôt de misogynie, et surtout de provocation gratuite. Alors que le spectateur est sur le point de faire un somme, il est « réveillé » par des scènes d’hystérie, de tortures et d’automutiliation, au début écoeurantes, insupportables, mais l’aspect grotesque n’échappe à personne. L’image est en effet trop léchée, esthétique publicitaire. Du grand-guignol donc qui provoque les rires de la salle devant tant de bêtise. Pas de choc traumatisant donc, plutôt un mal de crâne en sortant de la salle. Et si petit scandale il doit y avoir, c’est dans le cynisme d’un cinéaste autrefois admiré (‘L’Hôpital et ses fantômes’…) qui n’a rien à dire ni plus d’autre ressource pour attirer l’attention que la provocation visuelle : sexe+gore. Derrière, que du creux, soudain le vide…

Antichrist 02

Fin de festival et palmarès officiel que l’on sait, plus ou moins imposé par une présidente du jury autoritaire. Restent tout ces films, ces regards, ces voyages qui nous ont touché durant ces dix jours. Beacoup de films vus, mais surtout c’est du cinéma et pas juste des films qui nous est proposé durant ce festival. Un merveilleux aperçu du cinéma mondial, en langue originale et sur grand écran. C’est ça Cannes pour nous, et ça n’a donc rien à voir avec la couverture people qu’en font certains médias (au hasard, Canal+).

Palmarès perso

Meilleurs films (toutes sélections confondues) : ‘Les Chats Persans’ (Un Certain Regard), ‘Réveil dans la Terreur’ (Cannes Classic), ‘Un Prophète’ (sélection officielle), ‘Mother‘ (Un Certain Regard), ‘Vengeance‘ (sélection officielle), ‘La Terre de la Folie’ (Quinzaine des Réalisateurs), ‘Il était une fois la Révolution’ (Cannes Classic).

Interprétation Féminine : Kim Hye-Ja (‘Mother’)

Interprétations Masculines : Christoph waltz (‘Inglourious Basterds’), Tahar Rahim et Niels Arestrup (‘Un Prophète’).

Visage 02

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