Publié par : nico nsb | mai 28, 2010

Cannes 2010 – Poésie et Rock’n Roll

Mercredi 19 Mai :

Aphex Twin ‘Windowlicker’ dans les oreilles. Matinée fraîche et ciel couvert, on sent qu’il a plu dans la nuit.

Premier film de la journée, le coréen ‘Poetry‘ à 8h30. Grand film. On avait déjà apprécié les précédents ‘Peppermint Candy‘ et ‘Secret Sunshine‘ du réalisateur-scénariste-écrivain et ancien ministre de la culture Lee Chang-Dong. Si bien que dès le début, on sait avoir affaire à un cinéma de qualité, quoi qu’un peu classique, mais qui touche le spectateur. L’an dernier la Corée du sud proposait avec ‘Mother‘ l’histoire d’une mère confrontée à un crime. Dans ‘Poetry‘, une charmante dame élégante, qui élève seule son petit-fils, est émue par le suicide d’une adolescente. Histoire d’autant plus tragique qu’on essaie de minimiser ce drame afin de préserver les apparences et éviter le scandale. Dans ce contexte, cette grand-mère qui s’inscrit à un atelier d’écriture s’interroge sur l’intérêt de la poésie dans un monde aussi sombre. ‘Poetry’ est porté par la présence formidable de son actrice, Yoon Jung-Hee. Mais alors qu’on s’approche du dénouement, on sent qu’il manque au film un petit quelque chose pour véritablement décoller. Et cette émotion arrive enfin avec les dernières images : un regard face caméra qui emporte toute l’émotion jusque  là contenue. Drame bouleversant et enfin un film digne de figurer au palmarès.

Poetry‘ parle de la difficulté à communiquer. Pour cette grand-mère désemparée, entre l’absence de dialogue avec les adolescents et les mensonges des adultes, la poésie est envisagée comme un moyen pour entretenir la mémoire. Mémoire menacée par la maladie, mais aussi donc par les mensonges qui voudraient enterrer une seconde fois cette adolescente qui mit fin à ses jours. L’art ne sert pas juste à parler de la pluie et du beau temps, mais constitue un langage pour transmettre une émotion, une vérité qui transperce l’horreur. Un acte de résistance face à l’oubli qui peut engloutir les vivants et les morts. Très beau film.

Fin de séance, il pleut sur la Croisette.

A peine sorti du film coréen qu’il faut se  préparer pour le gros morceau de la journée, le téléfilm ‘Carlos‘ et ses 5h30 !!! Le Festival de Cannes est aussi l’occasion de vivre des expériences hors du commun en salle. Il y avait eu ces dernières années la séance spéciale réunissant les 2 volets de ‘Kill Bill‘, une projection du ‘Mécano de la Générale‘ de Buster Keaton accompagné par un orchestre dirigé par Joe Hisaishi (inoubliable !)… Cette année c’est la sélection hors compétition d’un téléfilm français en 3 parties. Si le film d’Olivier Assayas se laisse voir avec intérêt, on a quand même tous apprécié l’entracte au bout des 3h30 des 2 premières parties.

Carlos‘ est un projet ambitieux. Raconter dans le détail le parcours de ce terroriste international, c’est aussi évoquer la fin de la Guerre Froide, avec ses bouleversements politiques et idéologiques. Reste qu’on peut avoir quelques réserves quand à la vision du terroriste selon Assayas : des armes, des filles et vivre sa vie à fond sur des accords de guitares. Carlos devient une icône rock’n roll un peu douteuse. On parle bien d’un type actuellement incarcéré pour des meurtres et des attentats, pas d’un personnage de fiction. (Et quant aux dérapages violents de l’extrême-gauche armée, on préfère le ‘United Red Army‘ de Koji Wakamatsu.) L’interprétation est de qualité, mais l’histoire tend à perdre un peu de son intérêt sur la durée. Et puis il y a toujours cette froideur typique des travaux du réalisateur qui nous laisse un peu en dehors de toute émotion.

Retour du soleil sur la Croisette.

Pour du rock’n roll, du vrai, il fallait se rendre en fin d’après-midi à la Quinzaine des Réalisateurs où Mick Jagger venait présenter le formidable documentaire ‘Stones in Exile‘. Soit l’enregistrement de l’album ‘Exile on Main Street‘ par les Rolling Stones, en 1971, dans le sud de la France. Il suffit d’une toute petite heure à ce documentaire en noir et blanc pour aller droit à l’essentiel. Pour cela, le réalisateur a eu recours à un montage de photos et de petits films tournés à l’époque dans leur villa-studio de Saint-Jean-Cap-Ferrat, avec des commentaires de Jagger, Richard, Watts, Wyman  et Taylor. Bien entendu la salle était pleine à craquer et le son énorme.

Stones in Exile‘ – trailer

Bon, qu'est-ce qu'il fiche là Mick Jagger ? Il arrive ou bien ?

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