Publié par : nico nsb | décembre 6, 2010

Hijo de puta, Machete !

Ca y est, il est enfin sur les écrans le fameux ‘Machete‘ qui donne ses couleurs à ce blog depuis son ouverture. La fausse bande-annonce de Robert Rodriguez est à présent un long métrage, qu’il co-réalise avec un certain Ethan Maniquis. Un très bon divertissement du samedi soir, qui réactive l’esprit des cinémas de quartier. Et le public ne s’y trompe pas, venant nombreux et réagissant lors de scènes cultes ou applaudissant aux répliques mémorables. A voir obligatoirement en version originale.

« Machete n’envoie pas de texto. »

« Mais Machete improvise. »

Machete‘ – trailer

Si Robert Rodriguez n’a pas le talent d’un Tarantino, il lui laisse bien volontiers son arrogance insupportable, préférant enchaîner des séries B confectionnés avec amour et sincérité. D’honnêtes productions destinées à un public populaire plutôt qu’à celui du Festival de Cannes. Et c’est un véritable régal que de le voir donner enfin un grand rôle au fidèle Danny Trejo, pas vraiment un grand acteur expressif, mais vrai gueule de cinéma d’action.

Machete‘ traite à sa manière de la frontière, thème classique du cinéma américain. Sauf qu’ici le film adopte le point de vue des émigrés du sud, les latinos, ceux qui ont tout quitté pour se reconstruire une vie plus digne. Et le film n’hésite pas à envoyer quelques vérités qui dérangent les discours actuels de certains politiciens (l’Arizona et ses lois racistes sont visés). Hasard de l’actualité, on trouve cette semaine le contre-exemple en salle avec ‘Monsters‘, où un couple d’américains (bien fades les gringos) essaie lui aussi de traverser la frontière, mais pour retrouver leur petite vie confortable et bien réglée.

Chez Rodriguez, les personnages sont stéréotypés à l’excès et le réalisateur revendique ses choix : la complicité avec les spectateurs est immédiate (quel casting ! même Steven Seagal est bon !), nous sommes dans le cinéma d’exploitation (clin d’oeil à Shaft), un cinéma généreux. L’image est sale, le grain épais, les couleurs légèrement passées et la bande saute parfois avec ses mauvais collages. ‘Machete‘ est esthétiquement à l’opposé des images lisses et pures d’un ‘Avatar’. Il est amusant de constater que Michelle Rodriguez passe de l’univers tout-numérique de James Cameron à celui plus artisanal (en apparence du moins) de Robert Rodriguez, pour des emplois féminins tout aussi virils. Et les acteurs, justement, prennent un malin plaisir à charger la dose, tel Robert DeNiro dans le rôle d’une crapule de sénateur populiste et raciste. Mais le propos est moins un règlement de compte entre les deux côtés du Rio Grande (« souviens-toi d’Alamo ! »), que la revendication d’un espace vital. Celui de Machete, rebelle au visage dur, buriné par la vie et un soleil impitoyable, aux longs cheveux noirs revendiquant peut-être des origines indiennes. Danny Trejo incarne ici pour nous le paria sans terre -trahi par ses frères mexicains, pourchassé par les américains-, un héros déchu (tel un ronin dans les films de samourais) qui lutte (à l’arme blanche) pour son droit à exister dans un monde binaire qui n’a rien prévu pour lui. La frontière est bien une zone sauvage, aux limites de la civilisation et des lois. C’est la lutte des places. La sienne, Danny-Machete la trace à coup de machette s’il le faut. Dans une main donc, une lame, dans l’autre Jessica Alba : elle est pas belle la vie ?

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