Publié par : nico nsb | mai 23, 2011

Cannes 2011 – le septième ciel

Lundi 16 mai – Matinée consacrée à la compétition officielle. Le tant attendu ‘The Tree of Life‘ de Terrence Malick débute à 8h30 dans le Grand Théâtre Lumière. Dès les premières images du film, le spectateur est plongé dans du grand cinéma. En choisissant de confronter l’histoire d’une famille avec la vie du cosmos, Malick vient tutoyer le ‘2001, l’Odyssée de l’Espace‘. Du cinéma ambitieux et un artiste en pleine possession de son art. La preuve qu’il est encore possible de concevoir et produire des films qui ne collent pas aux standards commerciaux, tout en proposant un spectacle à vivre sur grand écran.

Tout en questionnant le sens de la vie, la beauté et la tragédie de l’univers, Terrence Malick donne de la chair à ses personnages. Et que ce soit Brad Pitt, Jessica Chastain, Sean Penn ou les enfants, tous les interprètes font naître une émotion bouleversante, ce qui évite au film de n’être qu’un bel objet intelligent mais abstrait et donc un peu froid. Le réalisateur se joue de l’espace et du temps, avec une grande fluidité si bien que le film s’écoule avec une grâce folle. Par moment, Malick abandonne la narration classique pour plonger dans une poésie visuelle magistrale. Un film qui se ressent d’abord. La réflexion peut venir ensuite, avec le générique de fin.

A la fin du film justement, il y a bien eu une ou deux huées. Et des applaudissements, mais pas de ferveur ou d’ovation comme on aurait pu s’y attendre. Peut-être est-ce dû à certaines longueurs, ou à un final très biblique. On peut à la limite reprocher au film un côté « leçon de catéchisme« . Si Malick explique la vie selon des critères judéo-chrétiens, Kubrick préférait lui le mystère, ce qui conférait à son chef-d’oeuvre un caractère bien plus universel.

A la séance suivante, nous redescendons brutalement sur terre. Car ‘L’Apollonide-souvenirs de la maison close‘ en plus de se dérouler dans un lieu clos, est surtout un téléfilm produit par Arte. Si on est loin en terme de qualité de la désastreuse série ‘Xanadu‘, Bertrand Bonello ne propose que des images plates et des effets de mise en scène regrettables. Standard de soul américaine, split-screen et image numérique pour parler d’aujourd’hui, on sent l’Auteur à l’oeuvre, la volonté consciente de faire passer un message tout en évitant l’académisme du film en costumes. Le problème, c’est que ça ne fonctionne pas. Ces choix sont même contre-productifs pour le film, alors que Bonello est un très bon directeur d’acteur et toutes les filles de sa maison de tolérance sont exceptionnelles. ‘Xanadu‘ surchargeait le drame comme pour condamner moralement ses personnages, tandis que Bonello prend parti pour les filles de joie. C’est très bien, reste qu’un téléfilm français, même sélectionné à Cannes, ne peut pas faire illusion très longtemps.

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Responses

  1. quelle clairvoyance sur L Apollonide. 3 pages dans Libe, une presse quasi unanime qui l encense et parle de chef d oeuvre, terme repris par Canal d ailleurs, le Grand journal estimant que c est le plus beau film de l annee…Images plates??? portiez vous des lunettes d acier pendant la projection? Je comprends que ca ne vous plaise pas, car c est un huis clos, plutot contemplatif, mais trouvez des arguments valables pour critiquer!

  2. Ah la force de l’unanimité… bel argument valable. Après ça il n’y a plus qu’à se taire et se soumettre.
    🙂


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