Publié par : nico nsb | octobre 7, 2011

EF 2011 – Sushi Typhoon banzai !

Retour suite-et-fin sur la 17e édition de l’Etrange Festival de Paris. Le Japon était donc à l’honneur avec une sélection de plusieurs films inédits. Bien sûr, impossible de tout voir. Alors on se concentre principalement sur la soirée du samedi, une nuit blanche à dévorer du film… « différent ».

Pour se mettre en condition, on prend des vitamines et on s’échauffe doucement avec un ‘Deadball‘ en forme de comédie scatologique sur le baseball où les running gags de Tak Sakaguchi (‘Versus‘) font sourire dans les premières minutes… Sauf que le programme se répète sur 1h40 (c’était déjà le cas avec ‘Battlefield Baseball‘ -2003). Avec ‘Tomie Unlimited‘ on monte d’un cran. Il s’agit de la dernière adaptation en date d’un manga d’horreur où une jeune fille aux longs cheveux noirs revient de la mort pour tourmenter sa famille et ses anciens camarades de lycée. Un mélange d’horreur grand-guignol et d’humour pas désagréable. Mais tout comme avec son précédent ‘Machine Girl‘ le réalisateur n’exploite pas assez le potentiel de son histoire. Et enfin on termine cet apéritif exotique avec l’excellent ‘Cold Fish‘ de Sono Sion, déjà évoqué ici.

Cette fois on peut enfin passer aux choses sérieuses : une nuit entière consacrée à Sushi Typhoon, branche de la Nikkatsu dédiée aux petits budgets délirants. A minuit, la salle 500 se remplit pour accueillir sur scène l’actrice Yumiko Hara pour ‘Helldriver‘ (ne pas confondre avec le ‘Hell Driver/Drive Angry’ avec Nicolas Cage). Cette charmante demoiselle, grande et fine, commence par présenter ce film lorsqu’une clameur retentit du fond de la salle. Tout le public se retourne pour assister à une vision surréaliste : le réalisateur Yoshihiro Nishimura déboule en sous-vêtement (en compagnie de Rurik Sallé de Mad Movies qui joue le jeu), un foetus en plastique à la main, traversant la salle et arrivant sur scène sous les rires et les applaudissements. Le ton de la soirée est lancé !

On est là pour s’éclater, se faire plaisir et plus d’une fois la traductrice en perdra son sérieux devant les pitreries de Nishimura, véritable showman qui initia une partie de shi fu mi (pierre-papier-ciseaux) avec les spectateurs. Il y avait des lots à gagner (t-shirts Sushi Typhoon…), mais pas assez pour tous les vainqueurs, si bien qu’une spectatrice est repartie avec… le fundoshi du réalisateur, qui devait quitter la scène nu comme un bébé. Hourras de la salle !

Un public ravit et qui ne se fit pas prier pour manifester son enthousiasme (des gars, des filles, pas mal de metalleux) en découvrant ‘Helldriver‘ et son épidémie de zombies qui coupe l’archipel nippon en deux. L’occasion pour Nishimura de glisser, entre deux gerbes de sang, quelques piques à peine voilées contre son gouvernement dans sa gestion de la catastrophe de Fukushima, puisqu’ici les zombies sont d’anciens parents ou amis que les autorités préfèrent anéantir plutôt que de chercher un traitement pour les guérir. A l’entracte, le public retrouve avec plaisir nos amis japonais, dont un Nishimura habillé d’un simple T-shirt. On confirme, il n’y avait rien dessous !

Alien vs Ninja‘ propose lui des Ninjas… contre des Aliens. A notre avis le titre le plus faible de la soirée, bien que pas totalement désagréable. Pas grave, on peut en profiter pour faire un somme avant de se restaurer au café du Forum des Images (exceptionnellement ouvert toute la nuit) vers les 3-4h du matin. Ce qui permet d’enchaîner avec le très réjouissant ‘Karate Robo Zaborgar‘, sentai (ou film de super-héros robotisés) dont Nishimura et Hara nous avaient très justement dit le plus grand bien. Bel exemple où budget réduit, imagination visuelle et sens de la comédie peuvent faire bon ménage (beaucoup de blockbusters ne peuvent pas en dire autant). Encore un mot sur le ‘Yakuza Weapon‘ où l’on retrouve Tak Sakaguchi transformé en arsenal ambulant au beau milieu d’une guerre de clans.

Cette excellente édition de l’Etrange Festival se terminait ainsi pour nous, vers 8h du matin, les paupières lourdes, alors que la bataille des yakuzas customisés n’était pas tout à fait achevée. Tous ces films proposés (vost-anglais) ont en commun des moyens limités, un humour qui ne connait pas de limite (parfois allant au-delà du mauvais goût, jusqu’à atteindre une certaine forme de poésie ?), des effets spéciaux souvent signés par le fameux Nishimura… D’où il ressort un esprit de famille (comédiens et techniciens se retrouvent d’un film à l’autre) très attachant et un sens du spectacle énorme qui en met plein les yeux. C’est pourquoi on forme le voeu que les bébés difformes, sanguinolents et hilarants de la Sushi Typhoon trouvent leur place auprès du public français. On trouve déjà en vidéo les ‘Meatball Machine‘, ‘Machine Girl‘, ‘Tokyo Gore Police‘ et ‘Vampire Girl vs Frankenstein Girl‘. Maintenant que les fans déviants y ont pris goût, il n’y a pas de raison pour s’arrêter en si bon chemin.

http://www.sushi-typhoon.com

Sushi Typhoon banzai !!!

http://www.etrangefestival.com

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