Publié par : nico nsb | avril 12, 2012

Bon anniversaire monsieur Coppola

En débarquant dans un petit bled paumé proche de Twin Peaks, Hall Baltimore tente comme il peut de faire la promotion de son dernier bouquin. Pas de librairie dans le coin. Juste une quincaillerie et un bout de table pour essayer d’attirer la ménagère avec des histoires de sorcières. Un vieux shérif aux prétentions littéraires qui ne vous lâche plus. Et pour compléter le tableau, une bonne femme qui vous harcèle au téléphone pour payer les factures de la maison. Bref, les temps sont durs pour un sous-Stephen King. Quoi de plus naturel alors que de déboucher une bouteille de vin à la fin de la journée, voire une seconde. C’est alors que les fantômes surgissent en même temps que la lune. Fantômes d’enfants morts et d’un certain Edgar Allan Poe…

Twixt‘ est une jolie farce signée d’un jeune homme de 73 ans, un certain Francis Ford Coppola, en très grande forme. Maître de l’image, il joue avec le numérique, la couleur, le noir et blanc, les sons, les formes. Sa mise en scène est d’une fraîcheur réjouissante et d’une inventivité de tous les instants qui nous rappelle son ‘Rusty James/Rumble Fish‘ de 1984, mais aussi la mythique série télé de David Lynch et Mark Frost. Et pour incarner cet écrivain en manque d’inspiration (forcément) et qui taquine la bouteille (évidemment), Coppola a eu l’excellente idée de faire appel à ce bon vieux Val Kilmer. L’acteur a connu des hauts et des bas, il a pris du poids et sa silhouette d’aujourd’hui lui va à merveille. Après Werner Herzog (‘Bad Lieutenant’ en 2010), c’est donc Coppola qui lui fait confiance pour rencontrer les fantômes du passé, faire face aux douleurs inconsolables comme la perte d’un enfant.

A la fois drame intimiste et personnel, hommage au cinéma d’épouvante des années Roger Corman/Edgar A. Poe, et comédie irrésistible, ‘Twixt‘ se change par moment en poésie visuelle sublime. Le voile du romantisme gothique vient se poser sur la caméra pour entraîner le spectateur dans des visions irréelles et envoûtantes. Pour brusquement sauter à pied joint dans une flaque d’eau ! Car il faut le dire bien haut : Coppola est un garnement, un sale gosse qui ne respecte rien. Pas de complaisance morbide ici. ‘Twixt‘, c’est l’anti ‘Twilight’.

Bon, maintenant il serait temps que David Lynch revienne sur les grands écrans.

 


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