Publié par : nico nsb | mai 20, 2012

Cannes 2012 – Jour 4 : Clonage en famille

Il semble que David Cronenberg n’ait pas engendré un fils mais un clone. Cela remonte sans doute à l’époque des télépodes de ‘La Mouche‘. C’est en tout cas le sentiment que l’on ressent en découvrant ‘Antiviral‘ (Un Certain Regard). Cette production canadienne est un véritable menu Best Of de Cronenberg-père !

Avec ‘Antiviral‘, Brandon Cronenberg signe un film de science-fiction rappelant fortement l’esthétique des débuts de son père (‘Stereo‘ et ‘Crimes of the Futur‘) : comédiens au visage blême et décors blancs, pratiquement vides. Une sobriété de moyens contrebalancée par une même tendance auteurisante irritante (le titre griffonné fait penser à Lars Von Trier). Mais ce qu’on pouvait accepter dans les premiers film du père, passe beaucoup moins bien chez le fils qui semble être quelqu’un de brillant et de cultivé, trop peut-être. Dans ‘Antiviral‘ il est question d’admiration sans borne morale à l’égard des célébrités. Une vénération qui pousse des cliniques privées à faire commerce des maladies de gens célèbres, qu’on vous injecte afin de s’en approcher dans ce qu’ils ont de plus intime. Allez hop, l’herpès d’une star au coin de la bouche, injectée ! La science commerciale va même jusqu’à proposer des greffes de peau cultivée. Et l’étape ultime consiste à cultiver des cellules souches de ces même célébrités pour former des steaks cellulaires, véritables morceaux de viande, nouvelles hosties que l’on déguste dans une assiette afin de communier avec les people ! Mais comme tout marché, le vivant est en proie aux luttes de concurrents près à tout…

On le voit, toute la « nouvelle chair » de David Cronenberg est là. On retrouve ses thèmes favoris, son univers, ses personnages, ses débordements graphiques et même ses références littéraires (on pense à Burroughs et Ballard). A l’image de ses personnages, Brandon Cronenberg se nourrit de la chair thématique et visuelle de son père pour lui rendre hommage. Mais de ce dialogue inter-générationnel et familial, il est bien en peine d’aboutir à un résultat convaincant. Si le film contient de bonnes idées, l’ensemble se suit péniblement à cause notamment de personnages froids et distants, plus des abstractions que des êtres portés par une histoire et des enjeux. Cinéma trop conscient de lui-même. Trop théorique et pas assez incarné malgré le sujet, ce qui est un comble.

Vu que le vent et une forte pluie se sont abattus sur la Croisette, les salles étaient pleines ce dimanche. Et chose rare à Cannes, il n’y eu aucun applaudissement à la fin de ‘Antiviral‘.

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