Publié par : nico nsb | mai 27, 2012

Cannes 2012 – Jour 11 : suite et… faim

Cannes Palais des Festivals

Dernier jour de la 65e édition de Cannes et journée marathon car, comme chaque année, le dernier dimanche propose la reprise de tous les films en compétition dans la sélection officielle. Levé de bonne heure et on s’apprête à enchaîner les films sans pause repas !

On démarre le programme par l’Egypte où ‘Après la bataille‘ de Yousry Nasrallah nous entraîne à la suite d’une journaliste enquêtant sur les « cavaliers de la place Tahrir » qui ont chargé les manifestants, l’an dernier, pendant la révolution. Des hommes qui travaillaient comme guides pour les touristes aux pieds des pyramides. Cette jeune femme va se lier avec l’un d’entre eux et sa famille, tentant peu à peu de comprendre et de combler le fossé séparant ces travailleurs pauvres du mouvement révolutionnaire. ‘Après la bataille‘ est donc un film en prise direct avec l’actualité brûlante de ce grand pays arabe, à l’avenir toujours incertain. Mais le réalisateur se veut optimiste pour le futur, tout en étant conscient du chemin difficile qu’il faudra parcourir. Un film politique, très humain et touchant grâce à ses comédiens.

Changement de film, mais pas de salle, pour découvrir l’américain ‘Killing them soflty‘ de Andrew Dominik (traduit en français par un vilain ‘Cogan, la mort en douce‘ ; il y a des distributeurs suicidaires), bon petit polar avec Brad Pitt, Ray Liotta et James Gandolfini, qui dresse un parallèle entre le monde de la pègre et la crise financière.

Le troisième film de la journée vient encore de l’autre côté de l’Atlantique. Après ‘Take Shelter‘, Jeff Nichols revient avec ‘Mud‘, drame toujours situé quelque part dans l’Amérique profonde (Arkansas ?), dans une région où des familles vivent des ressources naturelles des rivières et des lacs (delta du Mississippi ?). Un garçon de 14 ans, Ellis, et son meilleurs ami croisent la route d’un homme en cavale (très bon Matthew Mc Conaughey). A la manière de Tom Sawyer, Ellis va faire l’apprentissage de la vie, faisant face au danger, à l’aventure et à l’amour. Mais aussi en se confrontant aux contradictions et à la complexité des adultes. Et en vivant sa première blessure sentimentale. Les jeunes comédiens sont formidables. Jeff Nichols les entoure de Mc Conaughey, Reese Whiterspoon, Sam Shepard et Michael Shannon dans un petit rôle. Le film est peut-être un peu trop long et n’arrive pas à trouver sa fin. Mais il confirme un grand réalisateur qui monte.

La fatigue et la faim se font sentir et nous décidons de terminer la journée sur… un autre film américain, mais pas vraiment du même calibre que les deux oeuvres précédentes. On n’a jamais vraiment accroché au Jean-Pierre Jeunet américain, Wes Anderson et sa bande des enfants Coppola (Roman en co-scénariste). Et ‘Moonrise Kingdom‘ ne risque pas de changer cet avis sur son univers clôturé, où les personnages ne sont que des figurines que l’on déplace sur un damier (motif du quadrillage que l’on retrouve partout, dans le papier peint, les tapis, les cadres de fenêtres…). Où les enfants portent l’uniforme et marche au pas comme de bons petits soldats téléguidés par le chef Scout/le réalisateur. Et où tout est scrupuleusement réglé comme du papier à musique, de la réplique au travelling, en passant par la musique et le montage. Pas de vie, pas de respiration ou très peu (une scène dans une auto entre Bruce Willis et Bill Murray). Du cinéma branché (on y écoute du Françoise Hardy en français, so chic !), sans émotion et qui sent le renfermé, malgré son casting prestigieux et son budget. Un mauvais film pour terminer un bon festival, c’est un peu une tradition.

FIN. Une édition cannoise s’achève sous la pluie. Beaucoup de bons films vus dans toutes les sélections, mais aucun ne se détache. Peut-être parce que le David Cronenberg était très attendu. Par contre de belles découvertes venues d’Inde, ou des retrouvailles avec la Chine populaire, le Japon… et la bonne santé du cinéma américain. Grand choix, il y en a pour tous les goûts. Impossible de tout voir, certains films viennent de sortir dans les salles et d’autres sont annoncés pour un peu plus tard. FAIM.

Fin du Festival : on souffle les bougies

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