Publié par : nico nsb | août 2, 2012

Le petit kiosque de l’été – par Estelle G.

Nous voici en plein milieu de l’été et si ce blog ralenti son activité, prenons quelques instants pour faire un petit tour du côté des magazines et revues de saison.

Que l’on parte en vacances ou non, il est toujours bon d’avoir un peu de lecture sous la main. Un coin tranquille à l’ombre (ou à l’abris du mauvais temps, selon la région) et à l’écart de la foule olympique venue se griller sur la plage, ou des drames de l’actualité. Il n’en faut pas beaucoup pour se construire un petit coin de paradis estival.

Les magazines de cet été proposent pour la plupart des numéros épais. Et le plus imposant est sans conteste Medusa Fanzine dont le numéro 23 est de nouveau disponible. Sur 222 pages, le FanZine de Didier Lefevre et son équipe traite du cinéma bis dans toute sa richesse et sa diversité, et plus spécialement ici des productions italiennes. Publication en noir et blanc, mise en page aérée pour une lecture confortable et papier agréable au touché, le Médusa 23 propose un dossier Teensploitation, plus de 100 titres de films chroniqués, un entretien avec l’équipe de Artus Films, du fantastique espagnol… et une iconographie riche et rare. L’actualité du fanzine est foisonnante actuellement alors que la presse professionnelle est en crise (voir les Inrocks), et Médusa fait parti des titres à découvrir pour tous les curieux qui souhaitent lire différemment : des publications faites par des amateurs (au sens noble du terme), des passionnés, bien loin des polémiques médiatico-politiques de certains grands titres culturels.

Dark Knight Rises‘ est donc, sans surprise ni concurrence, le gros film de l’été 2012. Il est donc logique que le film de Christopher Nolan se retrouve en couverture de nombreux magazines de cinéma, tels l’Ecran Fantastique (un entretien avec Wally Pfister, chef opérateur de Nolan) et Mad Movies. 160 pages pour le premier contre 144 pour le second. L’Ecran Fantastique semble changer de formule en augmentant son volume rédactionnel. Le cinéma fantastique d’hier est ainsi mieux mis en valeur, avec notamment un hommage à Nathan Juran (‘Le 7e Voyage de Sinbad’), un hommage à l’acteur William Finley (‘Phantom of the Paradise’ et autres titres de De Palma) et un entretien fleuve avec l’un des maîtres des effets spéciaux, Douglas Trumbull. Ce collaborateur de Kubrick, Spielberg et Malick y parle sans langue de bois de Hollywood, de techniques de trucage simples ou complexes tout en restant abordable et passionnant. L’homme a beaucoup de chose à partager, si bien que la suite de cette imposante conversation est à suivre dans le prochain numéro. A côté, le Hors Série anniversaire de Mad Movies est un peu décevant et ressemble à un best of d’interviews. 40 réalisateurs pour 40 ans de passions, mais cela donne des entretiens très/trop courts. Le lecteur aurait préféré moins d’invités à cet anniversaire, pour des échanges développés en profondeur. Mad Movies toujours, le numéro de juillet-août est donc un numéro double, gagnant quelques pages pour évoquer le marché du film de Cannes 2012. On retient également un portrait-carrière de Caroline Munro, l’une des icônes attachante du cinéma fantastique à défaut d’être une grande actrice. Et puis il y a les rubriques incontournables que sont Quartier Lemaire ou la Caverne du Bier.

 

Quand l’actualité du cinéma n’est pas très excitante, son histoire vient dépanner de nombreux magazines. D’autres optent pour un numéro consacré à une thématique précise, à l’image de Positif.

La revue éditée par l’Institut Lumière propose un numéro spécial « 60 ans de Comédiens » avec en couverture l’immense Meryl Streep. L’actrice américaine ouvre cette série d’entretiens passionnants (Nicole Kidman, Max Von Sydow, Charlotte Gainsbourg, Stefania Sandrelli, Anouk Aimée, Olivier Gourmet) où elle revient sur ses débuts (non, elle n’a jamais fait l’Actors Studio !), révèle l’importance de Robert de Niro dans le casting de ‘Voyage au bout de l’Enfer’, parle de son travail pour construire un personnage. On ne sait pas si Meryl Streep est la plus grande actrice américaine (mais on le pense très fort). Toujours est-il qu’il est triste que le cinéma actuel ne lui propose pas plus de grands rôles (même chose pour de Niro et Pacino !!!). On se consolera avec le portrait signé Christian Viviani qui analyse la mise en place du jeu de Meryl Streep : son souffle, sa voix, sa gestuelle, son regard. Une carrière aussi exemplaire ne doit rien au hasard, mais au travail. Un mot encore au sujet des photos magnifiques illustrant ces entretiens (plus Ken Loach quelques pages plus loin) : Positif aura mis le temps, mais s’est grandement bonifiée en passant enfin à la couleur, sans pour autant rejeter le noir et blanc. Autre dossier imposant de ce numéro, un compte-rendu de Cannes 2012.

Autre revue, Bifrost est celle des mondes imaginaires et vient de sortir un numéro 67 mettant en avant l’oeuvre de George RR Martin et ses récits de fantasy adultes, notamment le succès phénoménal du ‘Trône de Fer‘. Mais Martin n’est pas l’homme d’un seul cycle et Bifrost se propose de faire découvrir son travail aux lecteurs français, avec un dossier (portrait, analyse, bio…) et deux nouvelles.

Et pour conclure alors que la température du thermomètre grimpe, on trouvera bien entendu Hot Vidéo qui « offre » deux voyages européens à ses lecteurs. Il y a tout d’abord un aller pour la Grèce avec le dvd de « Mission Ass Possible » (avec Tarra White et Sophia Santi), et un aller pour le Portugal avec le film « Sex in Lisbonne » mettant en vedette Erica Fontes (la Pin Up du mois de ce blog) et où l’on retrouve également Tarra White ainsi que Abbie Cat et Angell Summers. Les Inrocks aussi proposent un numéro « spécial sexe« . Mais le contenu n’est pas spécialement « excitant ». Ce titre qui fut un très bon hebdo culturel (on se souvient d’entretiens et reportages exemplaires, comme cette plongée dans l’enfer de la confection de l’album ‘Mezzanine’ de Massive Attack) s’est perdu en route en voulant devenir un hebdo de société, touchant un peu à tout, donnant toujours plus de place à la politique, jusqu’à fréquenter d’un peu trop près un certain parti présidentiel. Le grand écart n’est pas un exercice sans risque. Et le mélange médias/politique est un mal qui fait des dégats (comment parler d’indépendance ?). Bref, la goutte d’eau de trop pour nous. Dommage pour certains journalistes toujours dignes d’intérêt (il y a le site internet), mais ça nous fera quelques économies et il y a déjà suffisamment de quoi lire à l’heure de la sieste.

E.G.

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