Publié par : nico nsb | janvier 14, 2013

Une soirée avec Dario Argento

Argento - Profondo Rosso 01

Argento - Profondo Rosso 02

Retour en arrière, le vendredi 14 décembre 2012 (déjà un mois !), pour évoquer une soirée cinéma consacrée au Maître du cinéma d’horreur italien. Dario Argento en personne s’était déplacé à Nice (la veille il était à Cannes pour un autre hommage), à l’occasion d’une rencontre avec le public et de la projection de ‘Profondo Rosso/Les Frissons de l’Angoisse‘ et de ‘Ténèbres‘. De nombreux spectateurs se pressaient au cinéma Mercury pour voir ou revoir ces deux films dans une salle et surtout assister à la Master Class qui marquait l’entracte du programme. Pour cela, les organisateurs de l’association les Méduses avaient bien fait les choses, même si on peut leur reprocher un léger excès de zèle (« Pas de photos ! », étrange d’entendre cela dans le milieu associatif, en 2012 à l’heure des réseaux sociaux, comme si les smartphones pouvaient rivaliser avec un appareil photo professionnel…).

Argento - Profondo Rosso 04

Pour preuve, à la fin du premier film et en attendant la master class, les spectateurs hésitaient à s’avancer vers Dario Argento pour discuter avec lui ou demander une dédicace. Alors que le réalisateur n’attendait que cela ! On se lance donc, un peu impressionné, et le cinéaste romain s’empresse d’apposer son nom d’une belle signature généreuse sur le livre d’Alan Jones, ‘Dario Argento : the man, the myths & the magic‘ (indispensable aux fans, chez Fab Press), qu’il feuillète avec intérêt : « Où tou l’as trouvé ? ». Dario Argento c’est à la fois un visage étrange et une voix tranquille, amicale, rassurante qui vous accompagne dans les histoires les plus terrifiantes.

fabpress.com

Dario Argento 2012-020

(L’iPhone 3GS n’aime pas les basses lumières.)

Au cours de la Master Class, trois intervenants s’entretiennent durant une grosse demi-heure avec cet invité prestigieux, qui évoque avec plaisir différentes étapes de sa longue carrière.

Argento - Profondo Rosso 03

Dario Argento 2012-023

Il est tout d’abord question de musique, à propos de ‘Suspiria‘ : le groupe anglais Deep Purple devait s’en charger initialement avant qu’une tournée mondiale ne les écarte du projet. Les Pink Floyd, qui enregistraient ‘The Wall’, auraient pu collaborer avec Argento, mais après cet album ils devaient participer à son adaptation au cinéma avec Alan Parker. C’est alors que, toujours à Londres, Argento rencontre un groupe de jeunes musiciens italiens qui assuraient la première partie de Yes : les Goblin… La musique a toujours tenu un rôle important dans l’oeuvre du réalisateur. Il fit la connaissance d’Ennio Morricone lors de sa participation au scénario de ‘Il était une fois dans l’Ouest‘ de Leone. Ce qui allait déboucher sur une « vraie rencontre » avec ce maître de la musique de films à la forte personnalité qui, découvrant les disques vinyles du jeune réalisateur, affirma ne pas vouloir imiter la musique des autres. Il l’entraîne alors chez lui, dans une pièce secrète contenant d’innombrables enregistrements inédits. S’en suivirent des improvisations au piano, parfois au chant (Morricone chante très mal, se rappelle avec amusement Argento), qui débouchèrent sur une grande amitié et une belle collaboration sur la trilogie animale.

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La couleur. Le cinéma d’Argento s’inspire de la peinture lorsqu’il s’agit de visualiser une scène de nuit, de jour, des intérieurs ou des extérieurs. L’art en général a un fort impact sur lui, comme l’illustre ‘Le Syndrome de Stendhal‘. Dario Argento raconte alors un souvenir de jeunesse : lors de la visite du Parthénon à Athènes, il fut pris de vertiges. Après quoi il se perdit en ville et ne pu retrouver l’hôtel où séjournait sa famille qu’avec l’aide de la police. L’art peut ainsi « être quelque chose de terrible, pas juste du beau ». Autre souvenir : lors du tournage dans un musée pendant la préparation d’une scène, Dario se promène seul dans des salles plongées dans le noir avec juste une lampe torche. Une expérience inoubliable pour lui. ‘Le Syndrome…’ représente une parabole de son travail. Autre aventure, à Paris cette fois, lorsqu’il accompagnait sa fille Asia sur le tournage de ‘La Reine Margot’. Pour passer le temps, il se rend au Louvre pour observer les réactions des visiteurs, des touristes et ce durant plusieurs jours. Si bien qu’un jour… il est interpellé par la police, persuadée qu’il s’agissait d’un dangereux voleur s’apprêtant à dérober La Joconde !!! « Un vandale ! » se souvient Argento en riant, suscitant l’enthousiasme des spectateurs.

Dario Argento 2012-027

L’Architecture tient évidemment un rôle majeur dans des films comme ‘Profondo Rosso‘. Argento évoque au passage son admiration pour Michelangelo Antonioni, grand maître du cinéma avec ‘L’Eclipse’, ‘L’Avventura’… Durant une année d’étude à Paris, il allait tous les jours à la Cinémathèque. Période de la Nouvelle Vague qui révolutionna le cinéma mondial, ridiculisant le cinéma américain.

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Dario Argento, artiste ouvert à tous les arts, accorde une grande importance aux mouvements de la caméra. Même chose pour la 3D qu’il utilise pour faire entrer le spectateur dans une scène, contrairement aux films américains qui cherchent à « faire sortir de l’écran, comme au cirque« . Il est alors évidemment question de son ‘Dracula‘. Bien employée, cette technique doit se faire oublier. Lors de la préparation de ce film, il a tenu a revoir des films en relief des années 1950, dont ‘Le crime était presque parfait’ de Hitchcock. Les copies sont conservées précieusement mais sont peu utilisées car elles nécessitent le port de lunettes en carton.

Dario Argento 2012-018

Pour conclure cette soirée rencontre-projection, et avant ‘Ténèbres‘, les organisateurs lancent alors une invitation à Dario Argento : revenir en 2013, ici à Nice, pour la présentation de ‘Dracula‘, accompagné d’Asia. Le film a mauvaise presse depuis sa présentation en séance spéciale à Cannes. Peu importe. Les fans espèrent que le rendez-vous aura bien lieu. Très belle soirée donc et ovation du public en l’honneur de l’un des derniers Maîtres du cinéma italien, un peu fatigué mais très touché par l’accueil qui lui fut réservé.

www.facebook.com/cinenasty

Fab Press - DARIO ARGENTO The Man, The Myth and The Magic

Argento - Ténèbres 02

Argento - Ténèbres 04

Argento - Ténèbres 03


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