Publié par : nico nsb | février 23, 2013

Voix de femmes dans les salles obscures

Actuellement dans les salles de cinéma, deux films sortent du lot et retiennent notre attention. Deux portraits de femmes du monde arabe.

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Il y a tout d’abord ‘Wadjda‘ : une fillette d’une dizaine d’années désir s’acheter un vélo afin de pouvoir se mesurer à la course avec son petit voisin. Jeu innocent d’enfants. Sauf que dans son pays, l’Arabie Saoudite, ça ne se fait pas, les filles apprennent très tôt leur « nature impure », elle doivent se cacher du regard des hommes. Ce sont d’ailleurs ici des femmes qui transmettent cette discrimination : la mère, la directrice d’école, des collégiennes… Mais Wadjda, du haut de ses 12 ans, son vélo elle le veut. Et pour gagner l’argent de poche nécessaire, elle va faire preuve d’une détermination remarquable. Plus qu’un achat, c’est de l’expression d’un désir, d’un choix dont il s’agit. Cette affirmation d’une petite personne qui se construit passe par l’apprentissage de la parole. Un chemin initiatique où l’expression de soi passe par l’exercice de la lecture, du chant, puis du discours. Connaitre sa voix pour trouver sa voie. Comme le montre la réalisatrice Haifaa Al-Mansour, ce jouet d’enfant symbolise le début d’autonomie d’une pré-adolescente qui pétille de vie. Un film très émouvant, optimiste et révélant une jeune actrice formidable.

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Le second film est bien sûr ‘Singué Sabour-pierre de patience‘, l’évènement de la semaine cinéma. Le réalisateur Atiq Rahimi nous emmène en Afghanistan, dans une ville livrée au chaos où s’affrontent des gangs armés. Les premières victimes du conflit sont les civils. Parmi eux, une mère de deux enfants tentent de survivre dans une grande misère, tout en veillant son mari plongé dans le coma. Le désespoir libère la parole de cette femme qui s’adresse à son homme inanimé comme elle n’avait jamais pu le faire auparavant. Il devient sa pierre de patience, le réceptacle de tout ce qu’elle gardait jusqu’ici enfoui en elle. Le film devient un long monologue sur la condition des femmes, sur leurs rapports avec des hommes « qui ne savent pas faire l’amour, alors font la guerre« . Bien qu’adapté d’un roman du réalisateur, ce pourrait être une pièce de théâtre. Le rythme s’en ressent un peu parfois. Mais cette parole qui libère et transcende est dite par la sublime actrice iranienne Golshifteh Farahani dont le talent, l’émotion et la beauté captivent le spectateur. Une interprétation puissante au service d’un scénario à la portée subversive co-signé par Jean-Claude Carrière.

Une très bonne semaine cinéma donc avec ces deux regards au féminin sur le monde.

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Wadjda - Haifaa Al-Mansour

Singué Sabour - Atiq Rahimi

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