Publié par : nico nsb | avril 18, 2013

Les noirs et les ors de Wong Kar-Wai

The Grandmaster - 12

The Grandmaster‘ raconte l’histoire du héros chinois Ip Man, dont la vie et l’art du kung-fu ont inspiré de nombreux films (dont deux avec Donnie Yen, disponibles chez HK Vidéo). C’est aussi et surtout le nouveau film de Wong Kar-Wai, grand esthète du cinéma de Hong Kong. Un style que l’on reconnait dès les premières images avec une scène de combat de rue sous la pluie, où les mouvements rapides s’enchaînent tout en restant d’une grande lisibilité, avec en insert des gros plans de gouttes d’eau tombant au ralenti.

The Grandmaster - 05

Puis, l’histoire se met en place, se déroulant essentiellement dans des intérieurs où le travail d’éclairage, du cadrage et celui du son prennent là encore une dimension d’oeuvre d’art. Jeu avec la mise au point, variation de la vitesse de prise de vue, costumes et meubles en bois de couleurs sombres rehaussés de dorures et de bijoux en or. Wong Kar-Wai compose des images d’une beauté à couper le souffle dont il a le secret et que seul le cinéma est en mesure de proposer. Le film, dans son esthétique d’un raffinement inouï, atteint des sommets faits pour le grand écran.

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Puis, étrangement, le film semble prendre un nouveau tournant. Pas seulement narratif. Il semble que le tournage ait connu des problèmes et sans connaitre les détails, cela se sent à l’image. En effet, vers le milieu du film, alors que la Chine est envahie par les armées impériales japonaises, l’esthétique du film change radicalement. On perd le soin maniaque de la première partie (qui revient lors de flashbacks). Il semble donc que l’équipe technique ait connu un changement de personnel en court de route et les images perdent de leur puissance. De même que la narration tend quelque peu à s’éparpiller. On perd un peu de vue le personnage de Ip Man interprété par l’excellent (et toujours élégant) Tony Leung Chiu Wai, pour aller vers celui de Zhang Ziyi, puis arrive le mystérieux « la Lame » (Chang Chen) dont la présence n’apporte pas grand chose au film. Problème d’équilibre du scénario. Des personnages apparaissent et disparaissent dans des ellipses surprenantes qui laissent penser que le montage à fait des dégâts en route. Et finalement c’est le charme du film qui s’épuise, tout comme l’émotion.

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Il faut attendre la fin du film pour voir surgir une étincelle à l’écran : dans une des dernières scènes (sur une musique rendant hommage au ‘Il était une fois en Amérique’ de Leone), on voit un jeune garçon rejoindre les disciples de Ip Man. On ne connait pas son nom, mais l’expression de sa petite bouille ne trompe pas les spectateurs. Son prénom est Bruce ! Même imparfait, le très attendu ‘The Grandmaster‘ mérite de briller dans les salles obscures et tout en haut de l’affiche.

The Grandmaster - 01

En 2002, Wong Kar-Wai rendait déjà hommage à Bruce Lee dans un superbe video clip, ‘Six Days‘ de DJ Shadow :


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