Publié par : nico nsb | juin 3, 2013

Cannes 2013 – Suite et fin

Cannes 2013-Troma occupy Cannes 01

Il y a plusieurs années de cela, lorsque les dollars coulaient à flot sur la Croisette, que des panneaux géants annonçant des films en compétition ou au Marché du Film ornaient le bord de mer, alors que le Variety proposait un numéro spécial Cannes très volumineux et que la Cannon étalait ses ambitions, lorsqu’il y avait encore des starlettes pour émouvoir photographes et festivaliers, la Troma avait établi ses quartiers dans une suite de l’hôtel Carlton. Chambre modeste mais prestigieuse dans ce palace qui accueillait de nombreuses compagnies venues vendre leur production. Troma diffusait des bandes annonces et proposait gracieusement badges du Toxic Avenger, échantillons de parfum (Aroma du Troma !!!) et de nombreux flyers. Belle époque pleine d’optimisme et véritable fête du cinéma dans toute sa diversité (les Hot d’Or à Mandelieu-la Napoule !!!). Puis le dollar s’est affaibli, l’euro est arrivé, le « culturellement correct » s’est imposé et le Marché du Film s’est définitivement installé dans le Palais des Festival. En 2006, Lloyd Kaufman et sa joyeuse équipe y avaient encore un stand. Une charmante hôtesse nous avait même offert un dvd promotionnel (précieusement glissé dans le coffret triple dvd de ‘Poultrygeist‘) et on découvrait dans une petite salle de projection, vite remplie, ‘Tales from the Crapper‘ avec la sculpturale Julie Strain. Depuis, Lloyd Kaufman ne bénéficie plus des même moyens financiers. Aujourd’hui la Troma est encore présente à Cannes sous la forme d’un petit défilé réunissant une dizaine de passionnés déguisés avec les moyens du bord et scandant dans la rue un « Troma ! Troma ! Troma ! » énergique, mais un peu triste il faut bien le dire. Malgré tout Lloyd tient toujours le flambeau, il garde la foi et revient avec un tout nouveau ‘Return to Nuke ‘Em High : volume 1‘ (pas vu), tandis qu’une bonne partie du catalogue Troma est mis gratuitement en ligne sur une chaîne Youtube ! De l’autre côté, dans les couloirs du Marché du Film on ne rencontre plus que des hommes d’affaires ; les passionnés excentriques ont disparus.

www.youtube.com/user/Tromamovies/videos

Troma - Cannes_2013

Cannes 2013 - Carlton 01

Cannes 2013 - Marché du Film

 

Cannes 2013 - pluie, parapluies

 

Cannes 2013 - Carlton 02

Cannes 2013 - Carlton 03

Pour finir ce petit compte rendu cannois, quelques mots encore sur quelques films vus. Si ‘Gatsby le magnifique‘ ouvrait ces dix jours en fanfare, ses feux d’artifices et ses excès numériques cachent mal le fait qu’il passe complètement à côté de son sujet (revoir plutôt l’adaptation de Jack Clayton en 1974 avec Robert Redford et Mia Farrow). Le hollandais ‘Borgman‘ est lui bien plus efficace dans son attaque en règle contre la bourgeoisie pavillonnaire. Les acteurs sont très bons pour alterner le rire et l’effroi, à commencer par Jan Bijvoet dans le rôle d’un SDF qui débarque dans une petite famille bien comme il faut. Le film flirte avec le fantastique, mais laisse au final le spectateur dans l’incertitude quant au sens de ce qu’il vient de voir. Dans ‘Le Passé‘ Bérénice Bejo confirme toute la riche palette de nuances de jeu qu’on devinait chez elle (le véritable The Artist, c’est elle), mais le réalisateur Asghar Farhadi perd ici la force dramatique qu’on trouvait dans son précédent ‘Une Séparation’. En quittant l’Iran pour s’installer en région parisienne il perd et la touche exotique et un scénario bien écrit, ‘Le Passé’ s’égarant en effet à mi-parcourt dans des intrigues et personnages secondaires, délaissant malheureusement le couple principal. Retour à la Quinzaine où le cinéma d’horreur s’invitait avec ‘We are what we are‘ de Jim Mickle, qui confirme tout le bien qu’on pensait de lui après ‘Stakeland’. Drame rural sur une famille vivant à l’écart de la ville, repliée sur elle même avec ses traditions ancestrales mêlées de religion, le film offre de beaux rôles difficiles à deux jeunes comédiennes. Plus qu’un bain de sang, c’est bien l’interprétation et des personnages forts qui motivent Mickle. Enfin, ‘Behind the Candelabra‘ apporta un salutaire sourire sur la Croisette et dans la compétition. Pour ce qui devrait être son dernier film de réalisateur, Steven Soderbergh met en vedettes Michael Douglas et Matt Damon, tout en paillettes, dans un Las Vegas kitsch et gay à souhait.

We are what we are - 01

Borgman - 01

Le Passé - 01

Behind the Candelabra - 01

We are what we are - 02

We are what we are - 03


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