Publié par : nico nsb | décembre 30, 2013

Scorsese filme un Loup dans son habitat naturel

Loup de Wall Street - 02

L’année 2013 aura été très riche pour le cinéma américain. Commencée avec Kathryn Bigelow, elle s’achève avec Martin Scorsese et son ‘Loup de Wall Street‘. Bien que la forme évoque ‘les Affranchis‘ et soit un peu moins flamboyante que ‘Casino‘, on retrouve tout le talent et le savoir-faire de ce grand cinéaste-cinéphile. Le monde de la finance a remplacé celui de la mafia italo-américaine, mais on retrouve un peu les même codes, les même rituels. Wall Street ou le rêve américain coté en bourse ; cauchemar pour les uns et jack-pot pour une minorité d’initiés.

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Martin Scorsese aime les portraits de perdants ou salauds magnifiques. Ainsi, même s’il est une crapule abjecte, un sale gosse arrogant, grossier et sans scrupule, Jordan Belfort (génial DiCaprio) reste fascinant avec son pouvoir de séduction. C’est un véritable showman. Il ne vient pas de la haute finance, de Goldman Sachs et autres ordures en limousines, mais de la classe moyenne, d’une famille de petits comptables. Il est l’incarnation (la caricature ?) de l’homme parti de rien et « qui a réussi ». Il possède tous les signes extérieurs de réussite : il a la montre en or, la grande maison, les costumes taillés sur mesure, la Ferrari rouge blanche (« comme Don Johnson dans ‘Miami Vice' »), le yacht… et la blonde. Et quelle blonde ! Scorsese a découvert une sublime actrice australienne du nom de Margot Robbie qui révèle ici et son corps et son talent. Elle succède ainsi parfaitement à la Sharon Stone de ‘Casino’ dans le rôle d’une jeune femme tout aussi vénale, en version bombe sexuelle issue d’un catalogue de Victoria Secret.

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Mais au fond, ce qui intéresse le réalisateur au-delà de cet univers grotesque qu’il filme d’ailleurs comme une joyeuse jungle où les corps se vautrent sans retenue dans la drogue et le sexe, c’est bien un personnage plus grand que nature car sachant comme personne vendre du rêve, un avenir meilleur aux classes moyennes qui galèrent pour payer leurs crédits et l’éducation de leurs enfants. Un type qui crée sa propre légende, un monde/une bulle où l’argent coule à flot et où tous les coups sont permis puisque de toute façon, même s’il chute, il a les moyens de se racheter une seconde chance. Finalement, ce que filme Martin Scorsese avec un faux manque de recul, c’est bien un monde qui permet à ce Loup parmi tant d’autres d’évoluer en toute liberté. Là, la farce est déjà moins drôle. Grand film.

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Responses

  1. Un grand plaisir de cinéma, du caviard en louche pour cinéphiles, tu as raison. Mon article dessus http://bitly.com/1cjSYJ6 rejoins le tien : un scorsese en grande forme et un DiCaprio éblouissant. Culte !

  2. Salut… Nicolas (encore un !🙂 ). Merci pour ton commentaire, je file lire ton article.


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