Publié par : nico nsb | mai 20, 2014

Cannes 2014 – Episode II : du sang et du plomb

NSB-02

C’est une sorte de tradition, à Cannes, durant le festival, on s’attend à une ou deux journées de pluie. C’était le cas ce lundi. Pluie et vent. Les festivaliers doivent s’habiller un peu plus que la veille. Du coup ça se bouscule un peu pour se mettre à l’abris dans les salles de projection. Au programme du jour : des flingues, de la poussière et du sang.

Cold in July - affiche

     La Quinzaineaime suivre ses découvertes sur la durée. Ainsi cette année l’Américain Jim Mickle revient avec un polar après s’être essayé à l’horreur (‘Stakeland’ et ‘We are what we are’). ‘Cold in july/Juillet de sang‘ est tiré d’un roman de Joe R. Lansdale et se déroule dans l’est du Texas, en 1989. Une nuit, Richard Dane (Michael C. Hall) surprend un cambrioleur dans sa maison et tire. Lorsque la police débarque, ils apprennent à Richard et sa femme (Vinessa Shaw) que le voleur était connu de leurs services. Pas une grande perte. Mais Richard a mauvaise conscience, il n’est pas un dingue de la légitime défense et a fait feu plus par peur que pour protéger sa famille et ses biens. Et voila qu’un certain Ben Russel (Sam Shepard) se manifeste. En liberté conditionnelle, il se présente comme étant le père du jeune homme abattu et commence à harceler les Dane et leur petit garçon. La police tend un piège à Russel, mais il parvient à filer dans la forêt. Une chose intrigue Richard : le portrait sur l’avis de recherche de sa victime ne ressemble pas à l’inconnu sur lequel il a tiré. Et peu après, il surprend le shérif (Nick Damici, acteur fidèle du réalisateur) et ses hommes passer à tabac Ben Russel et le laisser pour mort sur la voie ferrée. Richard hésite. Un train arrive. Il se précipite sur l’homme inconscient et le tire des rails… Après le coréen ‘A Hard Day‘, on retrouve une autre intrigue autour d’un cadavre qui n’est pas celui que tout le monde prétend. Et Jim Mickle réserve bien des surprises dans cette histoire qui plonge un brave commerçant sans histoire dans le monde du crime organisé. Il glisse quelques touches d’humour avec l’arrivée d’un détective privé (Don Johnson) qui va aider ces deux pères de famille que tout sépare, excepté le soucis de leur enfant. Mais malgré un bon scénario, de solides seconds rôles et une musique rendant clairement hommage aux années ’80 (les B.O.F. de John Carpenter sont une évidence), le film manque d’un petit quelque chose qui le ferait décoller.

Cold in July - 01

The Rover - affiche

     Du côté de la Sélection Officielle, mais hors compétition, ‘The Rover‘ nous transporte en Australie, dans un futur proche, « 10 ans après l’effondrement » dont on ne saura pas grand chose. Chute de la civilisation ou de l’économie mondiale, plus le pays des kangourous, il n’en faut pas davantage pour penser immédiatement à ‘Mad Max’. ‘The Rover’ est une sorte de western où les chevaux ont été remplacés par des voitures. Un homme sans nom (clin d’oeil) interprété par Guy Pearce se fait voler sa voiture. Il va s’acharner à retrouver les voleurs à le leur faire payer cher. Le sang va couler et les cadavres s’accumuler sur la route. En chemin, il croise un jeune homme blessé et un peu simple d’esprit, le frère de l’un des voleurs… Voila pour l’histoire. Il n’y a rien de plus et ça pourrait parfaitement faire l’affaire. On connait tous les codes de ce genre, voyons voir ce que le réalisateur en fait. Il faut reconnaître que David Michôd se fait plaisir à filmer sa star Robert Pattinson dans un contre-emploi. L’acteur est convaincant avec ses dents gâtées et son air d’idiot. Mais la tendance à vouloir étirer certaines scènes plus que nécessaire est un peu irritante. Effet de style (Sergio Leone) qui masque mal le vide de sens que l’on craint. Film d’action, d’anticipation ou drame sur des êtres qui ont perdu tous repères ? Le réalisateur semble ne pas choisir et échoue à maintenir l’intérêt du spectateur sur la durée. Car jusqu’aux dernières secondes du film on reste indécis. Les morts violentes se sont succédées, mais pour quelle raison ? La raison nous est donnée enfin lorsque l’Homme sans nom retrouve sa voiture et ouvre le coffre. Et là, la révélation finale fait l’effet d’un pétard mouillé que l’on devinait venir depuis un moment. Chose surprenante, cette fin n’a même pas provoqué un rire nerveux dans la salle, juste de l’indifférence. Guy Pearce est comme toujours impeccable, mais il était bien plus intéressant chez un autre Australien, John Hillcoat avec lequel il a tourné ‘The Proposition’, ‘La Route’ et ‘Des Hommes sans Loi’. Espérons qu’en 2015 George Miller et son ‘Mad Max : Fury Road’ seront plus consistants.

The Rover - 01

The Rover - 02

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