Publié par : nico nsb | mai 19, 2015

Cannes 2015 : épisode 3

Cannes 2015-Sicario-025

‘Sicario’ : conférence de presse avec Emily Blunt, Denis Villeneuve, Josh Brolin

Sélection Officielle, en compétition : après un impressionnant ‘Mad Max : Fury Road’ (revu une seconde fois et en 3D cette fois : waouh !), voici un autre choc de Cannes 2015 : ‘Sicario‘.

Cannes 2015 - Sicario-affiche

Le réalisateur Canadien Denis Villeneuve se hisse au niveau des grands. Son nouveau film, qui traite d’un aspect de la guerre contre la drogue le long de la frontière entre les USA et le Mexique, se situe idéalement entre le ‘Zero Dark Thirty’ de Kathryn Bigelow et le ‘Traffic’ de Steven Soderbergh. On suit un agent du FBI (Emily Blunt) rejoignant une équipe d’intervention dans la traque d’un baron de la drogue qui fait régner la terreur dans la région de Juarez. Mais cette jeune femme idéaliste, pourtant déjà expérimentée à cette sanglante réalité, va voir ses repères moraux et éthiques violemment remis en question. Deux heures de tension sans baisse de régime, casting quatre étoiles (Blunt, Benicio Del Toro et Josh Brolin) et la frontière filmée par le chef opérateur Roger Deakins. Voici un film musclé et qui à coup sûr fera polémique (tout comme le Kathryn Bigelow) à propos des moyens utilisés par les USA dans la lutte contre la drogue. ‘Sicario‘ veut dire assassin, tueur à gage en espagnol. Une créature à sang froid qui s’approche lentement mais surement de sa proie. Et enfin un grand film dans la compétition !

SICARIODay 16

Emily Blunt salue les fans

Emily Blunt salue les fans

Benicio del Toro

Benicio del Toro

Cannes 2015 - Combat sans code d'honneur-AFFICHE

Du côté de Cannes Classics, on ne pouvait pas passer à côté du plaisir de revoir le furieux ‘Combat sans code d’honneur‘ de Kinji Fukasaku, restauré par la Toei en copie neuve numérique 4K qui respecte le grain d’image d’origine (prochainement distribué en France par Wild Side, qui avait édité le dvd il y a un moment). Affrontements sanglants et trahisons en série chez les yakuzas dans le Japon miséreux de l’après-guerre. Toujours aussi efficace sur un bel écran !

Cannes 2015 - Green Room-01

Quinzaine des Réalisateurs : décidément, pas moyen d’accrocher à l’Américain Jeremy Saulnier (‘Blue Ruin’), pourtant célébré un peu partout. Son nouveau film ‘Green Room‘ (avec Anton Yelchin, Imogen Poots, Patrick Stewart) est à Cannes. L’histoire d’un groupe de punk-rock US en galère de concerts et qui se retrouve à jouer dans une salle fréquenter par des punks nazis. Evidemment, cette rencontre va virer à l’affrontement, sous la forme d’un film de siège. Le groupe est témoin de ce qu’il n’aurait pas du voir dans la loge et les skins veulent leur faire la peau… Il semble que le réalisateur ait voulu jouer avec les codes de ce genre de film. Alors qu’on pouvait s’attendre (et redouter) à un énième huis clos virant au torture-porn, on se retrouve face à de nombreux dialogues, à des hésitations aussi bien de la part des assaillants que des résistants (on y va/on y va pas ?), un peu de sang par-ci par-là. Mais que tout cela reste mou ! Quelques plans en début de film annonçaient la couleur : un disque vinyle que l’on commence à jouer mais que le montage coupe aussitôt pour raccorder sur la tête de lecture en fin de face (belle idée d’ellipse temporelle, mais l’énergie de cette musique est évacuée), ou encore le concert punk filmé au ralenti (là encore l’énergie de cette musique et du groupe passent à la trappe). Alors que reste-t-il ? Des personnages sans intérêt, pour lesquels on n’éprouve aucune empathie. Et les quelques pointes d’ironie ne rattrape pas le tout.

Cannes 2015 - le Tout nouveau testament-02

Cannes 2015 - le Tout nouveau testament-affiche

Quinzaine toujours, l’éclat de rire salutaire vient de Belgique et du ‘Tout Nouveau Testament‘ de Jaco Van Dormel. Dieu existe, il habite Bruxelles dans un appartement avec sa femme et leur fille, leur fils chéri J-C ayant connu quelques ennuis… Mais Dieu (Benoît Poelvoorde, dans un rôle taillé pour son talent comique et loin des drames français déprimants) est un salaud qui joue avec un plaisir sadique avec les hommes. Sa fille EA, 10 ans, ne le supporte plus et décide de fuguer sur Terre, au grand désespoir de sa mère la Déesse (Yolande Moreau, excellente), non sans avoir trafiqué l’ordinateur de Dieu-le Père… Elle part à la recherche de 6 Apôtres pour réparer les erreurs du paternel. Voila typiquement la farce parfaite pour souffler durant un festival comme Cannes. Van Dormel apporte un peu d’air frais sous le soleil qui tape fort, osant s’emparer d’un sujet délicat actuellement : la religion. Mais ici aucune méchanceté bien évidemment, il s’agit de rire de la cruauté et des injustices de la vie. La force du film tient essentiellement dans ses moments féroces, grâce au génial Benoît Poelvoorde qui semble se régaler. Car à côté, nous avons droit à de la poésie humaniste à grand renfort d’effets numériques pas très bons. Il s’agit des scènes racontant la vie passée des 6 nouveaux Apôtres (Catherine Deneuve, François Damiens…), filmées avec une vilaine esthétique de publicité pour des assurances/banques/voitures. Poésie et sensibilité en toc, bien loin de la sobriété plus touchante de Kiyoshi Kurosawa ou Naomi Kawase. Le nouveau Testament sera-t-il rock ou bien aux couleurs d’un papier-peint fleuri ? On prie Dieu-Poelvoorde pour veiller au grain.

(photos iPhone : Nicolas NSB)

Cannes 2015 - le Tout nouveau testament-03

Cannes 2015 - le Tout nouveau testament-01


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