Publié par : nico nsb | septembre 17, 2015

Cinéma marocain : ‘Much Loved’

Much Loved - affiche

Tous les pays producteurs de cinéma connaissent des périodes florissantes et d’autres de régression. Prenons le cas de l’Italie. Si d’un côté on peut se réjouir que des éditeurs vidéo sortent de belles éditions de classiques (‘Le Venin de la peur’ de Fulci, ‘Mariage à l’italienne’ avec Marcello et la plus belle actrice du monde : Sophia Loren), il est particulièrement douloureux de voir l’actualité de ce cinéma sur les grands écrans. Après ‘Tale of Tales’, c’est au tour du boursouflé ‘Youth’ du surestimé Paolo Sorrentino de désespérer les amateurs.

Much Loved - 03

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Il en va tout autrement du cinéma marocain d’aujourd’hui. Nabil Ayouch fait parti de cette jeune génération de cinéastes qui souhaite faire bouger la représentation du pays et, pourquoi pas, faire évoluer les mentalités. Après ‘Les Chevaux de Dieu‘ (2013) et le terrorisme religieux, le réalisateur braque sa caméra sur une autre réalité du Maroc, celle des prostituées des soirées branchées de Marrakech dans ‘Much Loved‘. Des jeunes femmes qui tentent de survivre à la misère en aguichant de riches Saoudiens ou des Européens en mal d’affection. Sujet tabou et vérité qui dérange vu les problèmes que rencontrent le film et l’équipe avec la justice du royaume. Alors qu’il n’y a absolument rien de scandaleux dans ‘Much Loved‘. Ce qui choque, ce sont le machisme et les conditions de vie de ces Marocaines et de ces Marocains (ce que n’importe quel touriste peut voir ou deviner). La morale, la décence et autres hypocrisies ne valent pas grand chose quand il s’agit de nourrir sa famille et de payer un loyer (à propos de la prostitution, en France comme ailleurs on ne manque pas de tartuffes).

Much Loved - 06

Nabil Ayouch suit donc les nuits et les lendemains de Noha, Soukaina et Randa. La caméra parcourt les rues des quartiers populaires, puis s’invite dans les villas de luxe et le petit appartement en colocation que se partagent les filles. La violence est partout, chez les clients à la virilité contrariée, chez les flics, dans le regard de la famille marquée par la honte ou chez ce petit garçon qui vend des bonbons mais aussi d’autres « services » à des messieurs. Mais le réalisateur ne sombre jamais dans le misérabilisme. Ses héroïnes rient, dansent, rêvent même (devant un film de Shahrukh Khan). Ce sont des combattantes obligées de s’inventer une famille de substitution pour se soutenir.

Much Loved - 01

Le Maroc doit être fier de la qualité de son jeune cinéma, tandis que d’autres pays on jeté les armes face aux blockbusters américains ou pataugent dans une vulgarité bourgeoise (Paolo S…). ‘Much Loved‘ fait débat au-delà des salles obscures. Et le film révèle des comédiens talentueux, que ce soit Said le chauffeur de taxi (Abdellah Didane), les clients, les flics, les travestis et surtout les trois actrices principales : Loubna Abidar, Asmaa Lazrak et Halima Karaouane.

E.G.+NSB+O.L.A.

Much Loved - Nabil Ayouch-Cannes2015

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