Publié par : nico nsb | août 2, 2017

Quelques films d’été (suite)

Fortes chaleurs ? Vite, un bon film dans une salle climatisée !

Dunkirk - 03

Sortir un film de guerre en plein été, quelle drôle d’idée. C’est pourtant le choix de Christopher Nolan pour son formidable ‘Dunkerque‘. Revenant sur cet épisode tragique du début de la Seconde Guerre Mondiale, Nolan met en scène un film de survivants, une course contre la montre dont le tic-tac sert de motif principal à la musique de Hans Zimmer. Trois actions sont racontées en parallèle : sur terre, sur mer et dans les airs. Pour chaque homme, Britanniques et Français, il s’agit de sauver sa peau à tout prix, de fuir face à l’avancée des armées allemandes. La tension est permanente, avec des moments de stress intenses comme lors des bombardements des plages lorsque les Stukas descendent en piqué au son de leur sirène qui installe la terreur avant même d’apparaître dans le ciel. Grosse production, ‘Dunkerque‘ est aussi un film expérimental car sa narration joue avec le temps. Chaque théâtre de combat, chaque épisode se déroule dans un temps qui n’est pas celui des autres. Actions parallèles, mais pas au même moment de la journée. Ce qui donne par exemple des flashbacks et des flashforwards. Au début, le procédé peut dérouter le spectateur, puis on se prête au jeu qui sert le suspense entourant le destin des différents personnages : le jeune soldat qui cherche à quitter la plage, le pilote du Spitfire et le capitaine du bateau de plaisance lancé à la recherche de survivants. Christopher Nolan est un auteur qui, à l’intérieur d’Hollywood, parvient à développer des thèmes qui lui sont chers (ici le temps, comme dans son précédent ‘Interstellar’). Et au fil des tournages il s’est créé une petite famille qu’on prend plaisir à retrouver devant (Tom Hardy, Cillian Murphy, Michael Caine) comme derrière la caméra (photo, montage, musique…). Sans doute le meilleur film de l’été toutes catégories confondues.

Dunkirk - LP

Dunkirk - 02

Dunkirk - 04

Bodega Bay

La Région Sauvage - affiche-01

Du côté du Mexique vient l’étrange et inclassable ‘La Région Sauvage‘. Entre le drame et le fantastique, avec des scènes de sexe, voici un film qui s’attaque sans détour au machisme. Derrière les excès de virilité, il y a quelque chose de cachée. L’histoire : dans une forêt à l’écart des villes se trouve une petite maison occupée par un couple de paysans. Dans l’une des pièces de la maison, des jeunes femmes viennent s’offrir à une présence qui n’a rien d’humaine. Pendant ce temps, nous suivons le quotidien d’une famille tout ce qu’il y a de plus classique (mari-femmes-enfants et le petit Jésus dans le salon), mais construite sur des secrets et des refoulements… ‘La Région Sauvage‘ de Amat Escalante peut se voir comme une variation du ‘Possession’ de Zulawski, tandis que d’autres le rapprocheront du récent ‘Under the Skin’ pour son mélange de scènes réalistes et d’autres où l’atmosphère devient flottante, le tout avec une petite inspiration issue de l’imaginaire érotique du Japon. Cependant ce film possède une personnalité qui lui est propre. Cette région où les pulsions se libèrent se situe quelque part dans une forêt, mais aussi entre les jambes. Ici, ironiquement, pour les femmes le remède au patriarcat et son alliée la religion vient bien du ciel… et même d’un peu plus loin.

La Région Sauvage - 04

La Région Sauvage - 02

La Région Sauvage - 03

La Région Sauvage - affiche-02

Baby Driver - 04

Annoncé comme le film de l’été le plus cool, ‘Baby Driver‘ suscite en effet l’enthousiasme des spectateurs grâce au charme de ses comédiens, la bande son faite de rock et de soul, et la mise en scène. Edgar Wright fait en effet preuve d’une maîtrise impressionnante lors des scènes de courses poursuites en voiture. Mais il se trouve également dans son élément avec les scènes de comédie et son casting est très classe entre les jeunes (Ansel Elgort et Lily James) et les valeurs sûres (Kevin Spacey, Jamie Foxx, Jon Hamm…). L’histoire : « Baby » est un jeune as du volant. Pour éponger une dette, il sert de chauffeur lors de braquages. Un vrai prodige de la conduite qui ne roule qu’avec une playlist soigneusement sélectionnée dans les oreilles. Tout « roule » pour lui, l’argent et même une petite amie rencontrée au café du coin. Mais lorsque le disque se raie ou que le lecteur mp3 connait des bugs, c’est le début des problèmes. Avec le milieu du crime, il n’y a pas d’issue heureuse… Dans les meilleurs films d’action de l’année, ‘Baby Driver’ vient juste derrière ‘John Wick 2’.

Baby Driver - affiche

Baby Driver - 01

Baby Driver - 03

Colossal - 02

Autre sortie estivale, ‘Colossal‘ se voit malheureusement privé d’une diffusion dans les salles de cinéma pour débarquer directement en e-cinéma sur toutes les box internet. Anne Hathaway joue Gloria, une jeune femme qui enchaîne les soirées un peu trop arrosées jusqu’au jour où elle perd tout : son boulot, son fiancé et leur appartement. La voila obligée de rentrer à la maison, une petite ville déprimante loin des lumières de New York. La loose totale, du coup elle renoue avec des amis d’enfance au bar du coin tenu par Oscar (Jason Sudeikis). Au même moment, à Séoul, apparait un monstre géant qui détruit tout sur son passage. Gloria suit l’actualité et découvre qu’elle est directement connectée aux évènements extraordinaires de Corée… Quand on est jeune, on aime les sorties, faire la fête. Puis la trentaine arrive. Ensuite c’est la quarantaine qui n’est plus très loin. Et le passage du temps peut être source d’angoisse, alors on tente à tout prix de s’accrocher à quelque chose. L’idée d’une jeunesse éternelle dans des fêtes qui n’en finissent jamais. Nacho Vigalondo signe une chouette comédie dramatique très originale où les angoisses s’incarnent dans la réalité sous la forme de manifestations fantastiques. Bon petit film où les émotions des adultes mal dans leur vie sont en prise direct avec les blessures de l’enfance. ‘Colossal‘, c’est un peu la rencontre entre Judd Apatow et les Kaiju Eiga.

Colossal - affiche

Colossal - 03

Colossal - 01

Valérian - 08

Un dernier mot pour la route. Après une seconde séance, ‘Valerian et la Cité des Mille Planètes‘ est bien le divertissement tout public de l’été. Tout comme avec ‘Le Cinquième Element’, Luc Besson signe non pas un chef d’oeuvre mais un spectacle coloré et réjouissant. Ne boudons pas notre plaisir !

NSB+E.G.+O.L.A.

Valérian - Mézières-Besson-Christin

Valérian - 09

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